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Musique

La Femme est le futur du rock (ou pas)

« La Femme, ce n'est pas forcément une femme, c'est un mystère. »
23.11.16
Toutes les photos : Marie Brière de La Hosseraye

Rythmes sensuels, pop-surf charnelle, trois ans après Psycho Tropical Berlin, La Femme garde son Mystère, résolument indéfinissable. Qu'hymen la suive.

L'entité changeante française de La Femme réunit Clémence Quélennec, Marlon Magnée, Noé Delmas, Lucas Nunez Ritter, Sam Lefèvre et Sasha Got.

Dans les loges d'un Théâtre Fairmount affichant complet, VICE s'est entretenu avec Marlon et Clémence lors du passage de La Femme à Montréal. Leurs amis Chloé Soldevila, Zach Irving et Evan Sharma, membres respectifs d'Anémone et de Beechwood Park, ouvrent le show. On les recroisera plus tard dans la nuit, en compagnie de Nunez, seul encore debout, pendant que le reste de La Femme reprend son souffle.

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Avez-vous des souvenirs particuliers de la première tournée aux États-Unis, avant même le premier album?
C'était fou, fondateur pour le groupe. On dormait chez des gens, on a rencontré plein de potes. Sacha s'est fait électrocuter sur scène aussi. Des fois, comme on n'était pas majeurs, c'était compliqué d'aller jouer dans des bars. On ne buvait pas, du coup, on était sage.

Ces performances ont construit le groupe?
Carrément. On a fait des concerts très vite, arpenté tous les territoires, et grossi avec le public qui continue à venir à tous les shows. Ce n'est pas à une grosse échelle, donc ça reste humain, plus intime. On fait encore des petites salles, sans distance avec le public. Il y a plus de connexions.

Dans le processus de création de Mystère, elle est où la femme exactement?La femme est là de A à Z. Mais La Femme, ce n'est pas forcément une femme, c'est un mystère. En fait, elles arrivent après : on fait chanter plusieurs chanteuses et on voit en fonction quelles voix on met sur quel titre.

Elles influencent le résultat final?
Oui et non. Une voix, c'est une identité qui est posée sur un morceau, mais en général on écrit et les dirige. Sacha et moi avions écrit des morceaux chacun de notre côté. On a loué un manoir en Bretagne et Sam (bassiste) a fait l'ingénieur de son. Donc, en studio, on était surtout tous les trois. Les autres venaient de temps en temps.

La Femme laisse généralement une marque lors de ses performances. Sachant que cet album a un rythme différent, ça impacte la scène aussi?
C'est vrai que les morceaux sont plus profonds et lents. On est amenés à dynamiser le set avec le premier album pour ne pas décevoir notre public, qui est aussi là pour sauter partout. On adapte certaines pièces comme Elle ne t'aime pas avec des arrangements plus dynamisant, sur un autre registre.

Vous avez réalisé la plupart de vos clips, vous avez des inspirations visuelles qui reviennent?
Tarantino, Burton, Méliès, le film Métropolis, les clips de Michael Jackson…

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Comment ça s'est passé de collaborer avec des artistes, comme pour la vidéo de Sphynx, ce trip sous acide réalisé avec Aymeric Bergada du Cadet?
C'est un ami et grand directeur artistique. Il avait souvent fait nos costumes pour nos clips, mais jamais de vidéo. Je lui ai fait écouter Sphynx et je voyais un délire perché en Égypte dans le futur. Il avait direct plein d'idées fantasmées. On a travaillé dessus pendant un an et demi. Globalement, on s'est rapprochés du but qu'on espérait, même si on aurait pu aller encore plus loin. En tout cas, on a misé toutes nos économies sur ce clip, super épique et grandiose.

Donc pour les autres clips il restait…?
Rien! C'est pour ça qu'après, on a juste pris une caméra avec un concept en tête et on s'est lancés.

Le clip pour Où va le monde est vraiment cheesy alors que Tatiana est complètement punk. Allez-vous partir dans des directions complètement différentes pour les suivants?
Dans tous les sens : SSD est vraiment disco, alors que Mycose part dans un délire 90s, et pour Vagues on voit des paysages posés… On travaille encore sur les autres.

L'identité visuelle des albums reste constante. On trouvait une adaptation de Courbet, L'Origine du monde, sur le premier EP, une femme aux seins nus sur Psycho Tropical Berlin, et maintenant c'est un vagin qui se dessine au sein d'une chevelure.
Cette pochette, Liberatore l'a faite sans nous prévenir après qu'on l'ait contacté. La femme était censée être de face, mais il nous a envoyé ça. On a tout de suite accroché.

Tu voyais quoi comme image?
Principalement bleu. C'est inconscient, une attirance abstraite. Le premier était rouge. Le troisième sera jaune ou vert, encore plus lent.

Sinon, ça vous met la pression d'être décrit comme le futur du rock?
Chaque année, y a un groupe du futur et finalement ça ne casse pas trois pattes à un canard. On est vraiment contents, mais on sait que c'est subjectif.

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