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Mes vacances chez les Talibans

Six mois avant mon arrivée au Pakistan, le Pearl Continental Hotel de Peshawar a été la cible d'un attentat. Début décembre, alors que notre voiture s'approchait de l'hôtel, l'endroit m'a rappelé le Bagdad de l'après deuxième guerre du Golfe : vigiles...
4.2.11

Les membres du groupe taliban dissident Tehreek-e-Taliban prient à Mamoon Zai, un village de l’agence d’Orakzai

Six mois avant mon arrivée au Pakistan, le Pearl Continental Hotel de Peshawar a été la cible d’un attentat. Début décembre, alors que notre voiture s’approchait de l’hôtel, l’endroit m’a rappelé le Bagdad de l’après deuxième guerre du Golfe : vigiles armés, murs anti-déflagrations tout autour, chiens renifleurs de bombes, encore des vigiles. Et ça, c’était juste pour rentrer dans l’allée de l’hôtel. Nous avons eu droit à deux contrôles de sécurité de plus pour avoir accès au hall. En 2006, lors de notre premier séjour là-bas, l’ambiance était entièrement différente – le Pearl Continental était l’un des seuls endroits de Peshawar où l’on pouvait s’amuser, où l’on servait de l’alcool aux étrangers et où l’on célébrait des mariages, des fêtes. Le Pearl, selon les standards pakistanais, « swinguait ».

Mais l’hôtel est dorénavant une ville fantôme. On ne devait pas être plus de dix clients dans l’hôtel, et les employés semblaient super contents de me voir, en tout cas de voir un nouveau client. À part moi, se trouvaient là une grande famille de riches Pakistanais et deux mystérieux types grassouillets aux cheveux longs et à la peau claire qui parlaient une langue d’Asie centrale. La chambre des deux gros était juste à côté de la mienne, je pouvais les entendre se saouler et discuter toute la nuit. J’ai abouti à la conclusion qu’ils étaient soit des vendeurs d’armes, soit des trafiquants d’héroïne – soit les deux.

Les régions tribales fédéralement administrées

Depuis mon dernier voyage, la région est devenue de plus en plus violente, et le pays a assisté à une intensification des attentats-suicides, un phénomène déconcertant pour un État qui ne connaissait que très peu d’attentats de ce genre auparavant. La détérioration de la situation générale du pays a fait que ce voyage a mis plus de six mois à se concrétiser. Naeem Afridi, mon ami et hôte, est le chef du protocole du gouvernement provincial. Il m’a purement et simplement déconseillé de venir : « Les talibans sont dangereux. Ne viens pas – attends au moins quelques mois. » Donc j’ai attendu. Et ensuite, j’ai encore attendu.

Quand je lui ai reparlé, son ton s’était sensiblement assombri. Je ne me suis pas laissé démonter, je lui ai dit que je voulais rencontrer un membre des talibans et je lui ai demandé de m’arranger un rendez-vous. Il m’a expliqué que la situation au Pakistan, et particulièrement à Peshawar, était partie en vrille à cause du militantisme et du fondamentalisme : augmentation des enlèvements stratégiques, des attentats-suicides et des décapitations de la part des talibans. « Non, je ne t’arrangerai pas de rencontre avec les talibans. Ce sont des chiens. Je ne le ferai pas », a-t-il déclaré, anormalement buté.

En juillet 2010 survinrent les inondations. En quelques mois, plus de vingt millions de personnes se sont pris un déluge de proportions bibliques dans la gueule. C’était taré. L’eau a envahi tout le Pakistan. Les dégâts causés aux infrastructures ont fait remonter le pays vingt ans en arrière. Selon les estimations, il faudrait un milliard de dollars pour que les effets de l’aide financière commencent à se faire sentir, mais pour l’heure, on estime que le pays a reçu quelque 100 millions de dollars. Le Premier ministre Asif Ali Zardari – un ancien escroc notoire, également connu sous le nom de « Monsieur dix pour cent » qui serait responsable, selon certains, de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Benazir Bhutto (feue sa femme) – n’hésite pas, et c’est également notoire, à se servir dans la caisse, et on peut affirmer sans ambages qu’une large partie de cet argent est restée bloquée à Islamabad, la capitale du pays. Quand l’eau a commencé à refluer, j’ai rappelé Naeem. Je lui ai viré un peu d’argent pour qu’il rénove sa maison endommagée par la flotte et il a accepté que je vienne. Je suis monté dans l’avion.

L’auteur retourne aux abords de feu le marché d’armes de Darra Adam Khel, aujourd’hui sous contrôle taliban

Naeem est originaire de la région, il nous a déjà servi de guide, en 2006,

pour le reportage de VBS.TV sur les marchés d’armes illégaux de Darra Adam Khel

, dans les régions tribales prises en sandwich entre l’Afghanistan et le Pakistan. On a tourné un documentaire assez marrant sur un endroit pas du tout marrant, et Naeem s’était montré optimiste et joyeux pendant toute la durée du tournage. C’est un conteur né ; il jonglait constamment avec les mots tandis qu’il jouait au tour-operator dans Darra Adam Khel, un centre commercial primitif où l’on vend des imitations faites main de grosses pièces d’artillerie. Mais aujourd’hui il ne plaisante plus, il est sérieux – il est même maussade.

C’est important de le noter. Quand je suis arrivé pour la première fois au Pakistan avec Eddy Moretti, le directeur de la création de

Vice

, les camps d’entraînement des talibans et d’Al-Qaida avaient été temporairement repoussés hors d’Afghanistan grâce à la campagne post 11-Septembre, celle qui a consisté à latter la gueule des Afghans à coups de bombes. La majorité des combattants talibans et des mecs d’Al-Qaida ont décampé comme des cafards et passé les frontières poreuses du Pakistan, au sud des régions tribales montueuses. De là, les talibans ont comploté leur come-back tout en aministrant des raclées régulières à l’armée pakistanaise qui essayait désespérément de contenir et d’anéantir cette nouvelle présence sombre au Pakistan. Contrairement à ce qu’en disaient d’alarmants bulletins d’information, les combats se déroulaient au sud de l’endroit où nous étions : ça paraissait dangereux, mais pas à se chier dessus.

En plus, Naeem s’était chargé de nous réunir une ­escorte, une milice tribale, ça aide toujours. On a tiré à la mitrailleuse et mangé de l’agneau avec les habitants du coin, sur un territoire où aucun journaliste occidental n’avait mis les pieds depuis très, très longtemps. Franchement, c’était marrant.

Voilà à quoi ressemblait la vie à Camp Kuroona après les inondations de 2010

Aujourd’hui, les talibans se sont frayé un chemin jusqu’à l’extrême nord des régions tribales qui débordent sur le périmètre de la ville de Peshawar et d’autres centres urbains. Et les marchés d’armes de Darra Adam Khel sont l’une de leurs places fortes. L’atmosphère y est désormais glaçante, extrêmement différente de 2006. Les ennemis se sont fondus aux locaux, impossible de savoir qui fait quoi et qui est qui. L’ambiance générale, c’est plutôt : « Ne fais confiance à personne. »

Après m’être installé dans mon hôtel vide, j’ai pris rendez-vous avec le correspondant principal du

Daily Times

à Peshawar, Iqbal Khattak, pour faire le point sur la situation générale de la région. Il m’a expliqué que les victimes des inondations ne voyaient pas la couleur de l’aide gouvernementale, et que l’incapacité des législateurs à régler les conflits créait un vide de pouvoir. Il a ajouté que ça revenait à offrir aux talibans une nouvelle opportunité d’interagir avec les gens et de les rallier à leur cause, puisqu’ils se chargent de les aider à reconstruire leurs maisons et de résoudre les nombreux conflits de terrains – les inondations ont lessivé les murs en terre qui démarquaient la propriété de chacun.

C’est une tactique classique, l’une de celles que le crime organisé utilise depuis toujours, partout dans le monde. Un jour les talibans, avec leurs quelque trente groupes dissidents, sèment le chaos et la confusion de Karachi à Lahore et Peshawar, et le lendemain ils tendent la main aux opprimés et mécontents en tout genre. Peur, meurtres, câlins, argent, peur, meurtres, câlins, ­argent, et ainsi de suite.

Quand j’ai demandé à Khattak si les talibans du Pakistan étaient aussi impitoyables que leurs prédécesseurs afghans, il m’a narré un épisode sanglant de la vallée de Swat : « Ils décapitaient les gens. Tout le monde, les danseurs, les chanteurs, les femmes. Ils déterraient les tombes, excavaient les cadavres et les déshonoraient. L’humiliation venait conclure tout ça. »

Des talibans manifestent à grands renforts de slogans anti-américains après une attaque de drones US sur un village

En 2008, Khattak a rencontré un chef taliban, Baitullah Mehsud, qui lui a décrit l’un des effets pervers des campagnes de bombardement américaines. « Je peux faire campagne pendant trois mois pour ravir les cœurs et les esprits de la population locale – je convaincrai peut-être 50 ou 60 personnes, a dit Mehsud à Khattak. Mais une seule attaque aérienne, et c’est un village entier qui se range de mon côté. »

Quand les États-Unis ont commencé à utiliser leurs drones Predator pour bombarder les militants au Pakistan, ça n’a pas seulement énervé les talibans et Al-Qaida mais tout le monde, des civils au gouvernement. C’était une violation caractérisée de la souveraineté territoriale de la nation. Sans compter le nombre de fois où les drones se sont trompés de cible et ont anéanti des innocents qui participaient à un mariage, par exemple, en lieu et place de dangereux extrémistes.

Ironiquement, Baitullah Mehsud a fini par être tué dans une attaque aérienne, donc il arrive qu’ils atteignent leur cible. Mais l’analyse de Khattak, c’est que l’Amérique radicalise le territoire. « Vous êtes attaqué, pris pour cible, alors autant les rejoindre, m’a-t-il expliqué. Les attaques aériennes au Pakistan sont peut-être bénéfiques aux États-Unis à court terme, mais les pertes à long terme sont bien plus importantes. Ces technologies de drones de combat sont totalement contre-­productives, et plus tôt on sortira de ces stratégies, mieux on sera aptes à sécuriser le futur. Sinon, on va enfoncer toute la population dans la crise. »

Un homme sous les ordres du leader local du groupe taliban dissident Lashker-e-Islam exécute deux « criminels » à Spinqamer, Pakistan

Rahimullah Yusufzai, la dernière personne à avoir interviewé Oussama Ben Laden et l’un des journalistes les plus respectés au Pakistan, a analysé le mouvement taliban à mon attention. Il m’a appris qu’il était quasiment indistinct d’Al-Qaida au Pakistan, et que ses membres suivaient les ordres des talibans afghans. Mais je voulais en apprendre plus sur les « suicideurs », comme mon caméraman Inam aime à les nommer.

Des talibans nettoient le site d’une exécution

« Les talibans ont la vingtaine ou la trentaine, même les chefs, m’a appris Yusufzai. Ils ont une réserve illimitée de kamikazes. Ils peuvent se permettre d’envoyer des bombes humaines sur des cibles insignifiantes – et ils peuvent ­envoyer une nuée de kamikazes sur une même cible… Dix, vingt personnes pour prendre d’assaut un seul endroit. Ils sont tous prêts à mourir. » Quand je lui ai posé des questions sur leurs méthodes de persuasion, il a ajouté : « Ils ont une méthode de lavage de cerveau très efficace. J’ai reçu un coup de fil de l’expert taliban ès bombes humaines. Il m’a dit, “je peux persuader un jeune homme de se transformer en bombe en une demi-heure, voire 20 minutes. C’est très facile. Il y a tellement de colère parmi la population musulmane, dirigée contre l’Amérique.” »

La guerre des États-Unis contre le terrorisme est un gigantesque foutoir. La campagne militaire en Afghanistan arrose le Pakistan d’un flux constant d’armes, de réfugiés, de militants et d’héroïne. Dans des villes comme Lahore, l’héroïne est aujourd’hui moins chère que le haschich, et la culture des Kalachnikov, dont les fondations ont été jetées trente ans plus tôt, quand la CIA finançait les moudjahidin, fait des ravages. En plus d’avoir causé de nombreuses victimes au Pakistan, cette ingérence étrangère a ouvert la voie à la génération suivante de militants. Bien vu les mecs.

« Il y a tellement de haine contre les alliés des pays occidentaux, comme l’État pakistanais, l’armée pakistanaise, a repris Yusufzai. Les gens ont beaucoup souffert et ils veulent leur revanche. Tous les villages ont été attaqués, les femmes, les enfants ont été tués. Les talibans peuvent très facilement convaincre les familles de leur fournir des candidats au suicide. » Yusufzai m’a fait part d’une autre leçon qu’il avait tirée de son entrevue avec le recruteur de kamikazes : « Il m’a dit, “Vous êtes un homme mûr, mais si vous restez discuter avec moi une demi-heure, je ferai de vous une bombe humaine.” Il est très sûr de lui. »

Les membres de Tehreek-e-Taliban se détendent en jouant au volley à Mamoon Zai

Ça se résume en trois mots : réaction, représailles, vengeance. Plus je discutais avec les gens de la région, plus j’entendais la même chose. « Dans la société pachtoune, se venger est très important, a poursuivi Yusufzai. Il y a un dicton pachtoune qui dit que “même au bout de cent ans, il n’est jamais trop tard pour se venger”. Et la plupart des attentats commis sont des attaques de représailles. Les attentats-suicides et l’usage des EEC (engins explosifs de circonstance) sont deux armes très efficaces à disposition des militants dans cette partie du monde. »

Au sein des forteresses talibanes à la lisière des régions tribales, j’ai vu des commissariats de police réduits à un tas de poussière par les suicideurs. Les soldats qui reconstruisent ces postes de police sont des chasseurs de talibans – ils étaient sympa et avaient des genres de bazookas soviétiques datant du milieu des années quatre-vingt. Ils détestent les talibans. Ils travaillent pour des cacahuètes avec des armes primitives dans des endroits dangereux au-delà de l’imaginable parce qu’ils veulent que la paix règne à nouveau. « Je crois qu’ils nous considèrent à la fois comme des ennemis et des infidèles, m’a dit un soldat. On a perdu beaucoup d’hommes en les combattant. » Je lui ai demandé ce qui pourrait améliorer la situation. « On est là, à attendre de mourir, en gagnant le salaire minimum – le gouvernement pourrait faire un effort », a-t-il répondu.

Un autre m’a expliqué : « On doit tirer sur les talibans parce que ce sont nos ennemis. Al-Qaida et les talibans travaillent ensemble à ruiner notre pays. Ce sont des étrangers, des Afghans, des Ouzbèks, des Kazakhs et des Arabes. »

Plus j’interviewais de personnes, plus c’était clair : les talibans et Al-Qaida ont mis de côté leur sainte ­mission, à savoir imposer strictement la loi islamique dans la région. À ce point, ça devient de la rhétorique à deux balles, des slogans vides de sens. À ce point, c’est-à-dire jusqu’à ce que les hostilités cessent, ce qui va prendre un peu de temps. Là, maintenant, ils sont jeunes, énervés et incroyablement revanchards.

Ils réagissent à des décennies d’interventionnisme pas si discret, fruit de politiques étrangères qui vont de volte-face en volte-face depuis les gouvernements de Jimmy Carter et de Ronald Reagan. C’est toujours drôle de ­rappeler que les missiles américains Stinger confiés aux moudjahidin pour tenir en échec les Soviétiques dans les années quatre-vingt sont encore utilisés par les talibans aujourd’hui. Il n’y a pas si longtemps, Reagan affirmait que ces armes défendaient un idéal tout autre : « Ces gentilshommes sont l’équivalent moral de nos pères fondateurs »,

disait-il. Dieu que j’aime cette petite citation.

Hakeem Ullah Mehsud, le leader présumé mort de Tehreek-e-Taliban, sourit lors d’une conférence de presse, juste avant de se faire peut-être tuer par une attaque de drones américaine

Peshawar, c’est le lieu de naissance d’Al-Qaida, c’est là qu’Oussama ben Laden a fondé sa structure avant de la développer jusqu’à devenir l’homme le plus recherché de la planète. Le Jamaat-i-Islami est un mouvement islamique de plusieurs millions de membres, largement considéré, au Pakistan, comme plus que bienveillant envers Al-Qaida. Avant de partir, j’ai localisé le boss ­régional de Jamaat-i-Islami, Shabir Ahmed Khan.

Dès qu’on a été assis, j’ai pu voir à quel point il était ­véner. « J’ai un message à délivrer, a-t-il déclaré. Les problèmes qui nous entourent ne sont ni le fait des talibans, ni celui d’Al-Qaida. Ils sont dus aux politiques de l’Occident. Si les Occidentaux nous tuent, nous assassinent, on doit répliquer. Tant qu’ils ne nous traiteront pas avec respect et qu’ils ne se mettront pas à respecter notre religion et nos coutumes, les problèmes demeureront. »

Il a continué sans s’interrompre : « Ce dicton : “L’ennemi de mon ennemi est mon ami” – eh bien l’Amérique joue le rôle de l’ennemi, et Al-Qaida c’est la réaction face à ça. Les gens devraient en prendre conscience. Personne n’a le droit d’imposer ses lois à un pays libre. Ils veulent nous plaquer leurs politiques et leur société, ils n’en ont aucun droit. » C’était difficile de ne pas être d’accord.

« Ils ont le droit d’être amis avec nous, s’est-il exclamé. On s’est battus pour nos droits. L’Amérique verse le sang afghan depuis neuf ans et n’a rien accompli. On se battra. On se battra pendant dix, vingt, cinquante ans s’il le faut. On veut dévoiler le côté cruel de l’Amérique. Ils commettent un crime immense. Ils nous tuent. Ils ont fait de nos enfants des orphelins ou les ont tués. Nous ne sommes pas des criminels. Eux, si. »

De retour au Pearl Continental, j’ai fait mes valises, pris de la bouffe, et je me suis préparé à fendre la ville. L’une de mes dernières missions était de trouver des vidéos des camps d’entraînement d’Al-Qaida ou des talibans pour les inclure dans le documentaire que j’ai tourné pour VBS.TV mais quand on s’est rendus au marché clandestin, tout ce que j’ai trouvé, c’est des films porno ou des navets bollywoodiens. Inam a tâté le terrain. Il a reçu un coup de fil. Il m’a dit : « Je reviens dans quinze minutes. »

Quand il est revenu, il m’a tendu une clé USB. Je l’ai insérée dans mon ordinateur et ai été abasourdi d’y trouver des vidéos super hardcore d’exécutions et d’attentats-­suicides. Le genre de celles qui vous font tourner de l’œil ou gerber. Quand je lui ai demandé qui les lui avait ­filées, il a eu un geste qui suggérait un homme avec une grosse barbe, et m’a dit que c’était un cadeau d’un des groupes dissidents dont j’avais beaucoup entendu parler. « Ils veulent que ça soit diffusé », a-t-il expliqué.

Je me suis rendu compte à ce moment-là que les militants savaient où j’étais. Dans ma tête ont défilé des images de cerveaux endommagés, j’ai bondi dans ma voiture, roulé jusqu’à Islamabad et me suis réfugié dans l’enceinte somptueuse et sécurisée du ­Marriott pour tuer le temps avant mon vol. Un groupe de filles fêtaient un anniversaire et des diplomates mangeaient des sushis. Ouais, des sushis. Au Pakistan. J’ai annulé mon vol de retour, pris une chambre et dormi ­quatorze heures.

Regardez Suroosh visiter les forteresses talibanes et manipuler des pièces ­d’artillerie russes sur VBS.TV.