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Hé les féministes, on a une guerre de propagande à mener

Après que Katy Perry a été nommé Femme de l’Année 2012 par Billboard, parce que le RP des Illuminati avait besoin de l’espace presse, elle a fait bien attention à ne pas rendre dingues les franges hyper-machistes de son public en leur assurant...
23.1.13

Après que Katy Perry a été nommée Femme de l’Année 2012 par Billboard, parce que le RP des Illuminati avait besoin de l’espace presse, elle a fait bien attention à ne pas rendre dingues les franges hyper-machistes de son public en leur assurant qu’elle n’était « pas féministe », mais qu’elle croyait « en la force des femmes ». Sa décision de tweeter une information à ce point étrangement inutile était sans doute partiellement inspirée par sa dispute avec l’auteure féministe Naomi Wolf, un peu plus tôt l’an passé.

— Billboard(@billboard) 30 novembre 2012

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Wolf a critiqué Perry pour son clip « Part of Me », dans lequel on voit Katie se couper les cheveux comme une tarée, compresser sa poitrine avec un bandage dans les toilettes d’une station-service et rejoindre les Marines, tout ça à la suite d’une rupture avec un petit ami infidèle. Je dois dire que t’as quasiment forcé Wolf à réagir sur ce truc, KP : faire une vidéo dans laquelle tu t’effondres complètement, réprimes chaque élément de ta sexualité de femme puis danses autour d’un gigantesque drapeau américain une mitraillette à la main, c’est pas ça qui allait te faire gagner beaucoup de fans parmi les féministes libérales, pas vrai ?

Ce clip malencontreux mis à part, le tweet de Katy semble avoir été motivé par une aversion envers la réputation agressive associée au mot « féminisme », qui a été largement évoquée dans les médias depuis les années quatre-vingt-dix (à la louche). Pourquoi les gens devraient-ils se mettre tous au diapason et se regrouper sous un terme dont ils sentent qu’il ne représente pas exactement ce qu’ils sont ? Quelque part, je comprends. Je comprends un peu, j’entends.

Le mot lui-même s’est presque galvaudé, c’est vraiment honteux, et ça a probablement à voir avec les campagnes sournoises menées par des groupes de gens qui préféreraient que les femmes restent des créatures serviles et craintives (en gros). Quand les concepts se galvaudent, faut faire quoi ? Parce que même quand on n’est pas féministe et qu’on croit en la force des femmes, il me semble que les choses sont loin d’être acquises et qu’il faut continuer à se battre contre la phallocratie ambiante, pas vrai les filles ? ;)

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Voilà quelques exemples de la façon de procéder :

1.Les gens sont effrayés par le mot « féministe », mais se prononcer « en faveur de l’égalité des droits » est un truc imparable, à part peut-être dans la nouvelle Constitution égyptienne. Rechercher, remplacer tout.

2.Obligeons Katy Perry à passer une semaine sans contraceptifs, droits patrimoniaux, liberté sexuelle ni liberté d’expression. Un peu comme dans Je suis une célébrité, sortez-moi de là, mais version Je suis une femme, ceci est un putain de cauchemar.

3.Ouais, l’usage désinvolte du mot « salope » doit définitivement disparaître. Quelqu’un devrait convaincre Justin Bieber de faire une vidéo le condamnant pour toujours ; ça devrait marcher pour environ quoi ? 98 % des jeunes femmes Américaines, c’est bien ça ?

4.Diffusons un épisode spécial de Gossip Girl (RIP) dans lequel Serena et Blair sont en désaccord sur le sens du mot « féminisme » et Dan Humphrey leur enseigne à toutes les deux combien l’égalité des genres est importante, par le biais d’un roman axé sur le Lower East Side bien accueilli mais à la moralité douteuse.

5.Nationalisons la journée du « Soyez payées moins qu’un homme ». Ce truc-là devrait piquer un peu.

Évidemment, d’un côté, changer la manière dont nous parlons du féminisme est une soumission au pouvoir de ces connards dont le but ultime est de foutre la merde dans la vie de tout le monde. Mais n’est-ce pas là l’enjeu de l’égalité que de célébrer tout un chacun pour ses différences et de ne pas englober tout le monde en un seul terme ? Donc, Katy Perry n’est pas une « féministe » et elle a fait ce qui est possiblement le pire clip vidéo de toute l’histoire de la pop, mais elle a aussi exercé publiquement son droit à travailler, à se marier, à divorcer, à merder et à mitrailler de la crème avec ses nichons. Ça, c’est puissant.