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Note pour plus tard : prendre des drogues affecte la qualité de votre sperme

Heureusement, la vie trouve toujours un chemin.
9.10.14

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La vie est pleine de vérités difficiles à accepter. Quelqu'un vous a sans doute déjà expliqué qu'il faudra arrêter de faire la fête quand votre corps vous sommera de ralentir, ou que boire une bière frelatée en prenant simultanément trois pilules d'ecstasy n'est pas toujours une bonne idée. Et si jamais vous décidez d'endosser la responsabilité ultime – à savoir faire un enfant –, vous n'aurez plus qu'à espérer que votre système reproducteur n'ait pas été trop abîmé par vos écarts de jeunesse.

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Que se passerait-il si vous saviez à quel point vous foutez votre corps en l’air avant qu’il ne soit trop tard ? J'ai demandé à deux professionnels de la reproduction – Dr. Ricardo Yazigi du « Shady Grove Fertility Center » dans le Maryland et Dr. David Nudell, un urologue spécialisé dans la reproduction masculine qui travaille à San Frencisco –  et à Fernando Caudevilla (également connu sous le nom de Dr. X, spécialisé en drogues) de m’expliquer comment la drogue peut avoir des effets néfastes sur le sperme. Pour eux, l’usage de pratiquement toutes les drogues illicites endommage les testicules et empêche la création de testostérone – substance essentielle pour le bon fonctionnement de tout le système reproductif masculin.

Dans le cadre de cet article, nous nous sommes appuyés sur une étude datant de 2012, intitulée « Les conséquences néfastes de l’usage de drogues illicites sur la fertilité masculine » du Journal de la Société Américaine de l’Andrologie – disponible à cette adresse.

La marijuana

Selon l’Étude Nationale sur l’Usage des Drogues et la Santé datant de 2009, la marijuana est la drogue illicite la plus consommée aux États-Unis. Les cannabinoïdes contenus dans le cannabis sont en fait synthétisées par le corps humain, ce qui veut dire que nos cellules possèdent des récepteurs naturels pour les recevoir. Si les cannabinoïdes s'incrustent sur les cellules situées sur les testicules ou dans le sperme, cela peut entraîner des effets secondaires indésirables. Le Dr. Yazigi explique :

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« Environ 33% des utilisateurs réguliers auront une basse concentration de spermatozoïdes. Le fait que des composants actifs et des métabolites de la marijuana se collent sur les récepteurs du sperme entraîne des taux de mobilité réduits. Cependant, on ne connaît pas encore les conséquences qu’entraînent une consommation occasionnelle – aucune étude digne de ce nom n’a été réalisée. Mais on pense que même si ces hommes retrouveront rapidement toutes les fonctionnalités de leur sperme après avoir arrêté le cannabis pendant un temps, ils devraient également éviter d’en consommer lorsqu’ils essayent d’avoir un enfant. »

La cocaïne

Bien évidemment, la coke est connue pour stopper net les érections, car elle entraîne une vasoconstriction (une diminution du calibre des vaisseaux sanguins), qui entraîne lui-même des dysfonctionnements érectiles. J’ai demandé au Dr. Yazigi pourquoi nous ne possédions pas plus d’informations sur les effets de la cocaïne. Il m’a répondu que les tests humains n'étaient pas toujours fiables, car « la plupart du temps, l’alcool, les cigarettes et d’autres drogues cohabitent avec l’usage de cocaïne, et les personnes qui ne consomment que de la cocaïne se font plus rares. » Il m’a également rappelé  qu’on ne pouvait pas forcer un groupe de gens à prendre de la coke et à se reproduire – sans doute pour des raisons d'éthique.

Cependant, des études sur des animaux ont révélé qu’il existe des récepteurs pour la cocaïne dans les testicules et le sperme. « Les tissus des testicules ont une anatomie anormale. Il y a une dégénérescence du nombre de cellules », explique le Dr. Yazigi. Le Dr. Nudell est même allé plus loin en m'expliquant que ces tests animaliers avaient révélé que la cocaïne pouvait être transmise par le sperme vers l’œuf femelle. « Les conséquences de ce phénomène sont inconnues, mais il peut certainement provoquer des fausses couches. »

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Les opiacés

Quand je parle d'opiacés, je me réfère à l'héroïne, à l'OxyContin, au Vicodin – etc. Sur le long terme, un usage d’opiacés peut causer des troubles du système reproductif en supprimant l’hormone GnRH, qui, selon le Dr. Nudelll, « est normalement sécrétée par l’hypothalamus. » Cela implique une baisse de sécrétion de LH (hormone lutéinisante) et de FSH (hormone folliculo-stimulante) de la part de la glande pituitaire – en gros, le corps n'est plus en mesure de produire le sperme nécessaire pour concevoir un bébé. Il a aussi été démontré que l’addiction aux opiacés peut entraîner une fragmentation de l’ADN à l’intérieur du sperme, de mauvais taux de fertilité ou encore des fausses couches.

La méthamphétamine

Il va sans dire que si vous consommez régulièrement de la meth, le fait de vous reproduire doit se placer en bas de votre liste de priorités. Pensez d'abord à prendre soin de vos dents, à rembourser l'argent que vous devez à vos parents et à cesser de porter un bonnet. Si jamais vous voulez faire un gosse, vous pouvez vous attendre à un « ravage direct de vos tubes séminifères », qui se trouvent être le système de soutien des testicules. Une fois encore, cela signifie une production de testostérone réduite. De plus, les spermatozoïdes eux-mêmes peuvent être endommagés par une restriction vasculaire et des problèmes de flux sanguins. Le Dr. X m'a expliqué que le « principal problème des amphétamines et de leurs dérivés est le risque d’altérations cardiovasculaires chez les enfants. »

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Le LSD

Qu’en est-il de concevoir un enfant sous acides ? Ce n'est probablement pas un super plan, mais personne n’a pu l'affirmer avec certitude. Le Dr. Nudell m’a expliqué que « la plupart des études sur le LSD ne démontrent pas d’effets sur le sperme. Beaucoup d’études ont été réalisées pour trouver des modifications d’ADN dans les cellules, dont celles du sperme, mais elles n’ont encore rien donné. »  Le Dr. X inclut les champignons et la kétamine dans son rapport qui montre l’inexistence de corrélation entre la reproduction et le LSD. En d’autres termes : faites ce que vous voulez, mais restez quand même un peu sur vos gardes.

La MDMA/l'ecstasy

Si vous êtes assez chanceux pour avoir obtenu de la véritable MDMA et non des sels de bain, vous aurez quand  même des problèmes avec votre sperme. Il n’y a pas beaucoup de recherches concluantes sur la MDMA, mais le Dr. Yazigi m’a expliqué que la MDMA pouvait ralentir la production de testostérone – comme pratiquement toutes les drogues citées dans cet article.  « Cette drogue peut endommager l’ADN des spermatozoïdes et entraîner une dégénérescence des tissus qui se trouvent à l’intérieur des testicules. » La motricité du sperme est préservée, mais le nombre de spermatozoïdes peut diminuer.  Vos spermatozoïdes circuleront donc normalement, mais ils ne seront pas aussi nombreux – ce qui ruine vos chances de féconder quelqu’un. Comme avec la meth, la MDMA peut causer des déformations du cœur chez les enfants.

Si vous avez lu correctement toutes ces informations et que vous ne pouvez toujours pas vous débarrasser de votre addiction, mais que vous voulez donner à votre partenaire sexuelle un sperme de qualité, le Dr. Yazigi explique qu’il faut environ trois semaines pour se débarrasser d’un sperme infecté :

  « En théorie, si un homme s’est exposé à la testostérone et qu’il a perdu des spermatozoïdes à cause de ça, il peut s'attendre à retrouver une spermatogénèse normale au bout de 3 à 6 mois. Mais chez certains hommes, le retour à un nombre normal de spermatozoïdes peut prendre quelques années. »

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