


EL SHADDAI
Éditeur : Konami
Plates-formes : 360, PS3
L’homosexualité : innée ou acquise ? J’ai été témoin de ce débat à de nombreuses reprises sans qu’il ne mène jamais nulle part. C’est le genre de discussion où le postulat posé par chacune des parties reste le même, personne n’écoute personne et une fois atteint le point Godwin on finit par boire un verre en faisant la gueule. Connaissant l’issue fatale, j’évite de participer à ce type de conversations qui démontrent qu’on peut être éclairé et complètement con à la fois, jusqu’à ce que mon esprit divague. Pour peu qu’une meuf à peu près bonne se trouve autour de la table, je bloque sur ses sourcils et ses aisselles, ces jours d’été où elle a le bon goût de porter ces tee-shirts sans forme aux manches évasés qui révèlent les dessous de bras quand on passe ses mains dans ses cheveux, ou sa nuque, ou qu’on s’étire. J’ai à ce propos quelques théories sémiologiques que j’exposerai peut-être une prochaine fois mais je crains qu’à l’instar de certains propos dans ces chroniques, elles n’intéressent personne.
Je continue néanmoins sur cette histoire d’homosexualité infantile. Depuis que j’ai un fils de 7 ans, je peux fonder mes thèses concernant « l’homosexualité : innée ou acquise ? » sur des données empiriques puisque cet enfant se pose de sérieuses questions depuis qu’il a été confronté à la dualité à laquelle on fait tous face un jour : amour VS amitié. Certains ont vite fait de balayer le tiraillement et considèrent que dès qu’il y a amitié, on peut baiser. Mais pour un garçon de 5 ans, la question se posait différemment : « Est-ce que je pourrai me marier avec Bastien ? » – son meilleur pote. Et : « Est-ce que je peux être amoureux de mes copains ? » À part dire oui mais fais gaffe à qui tu le dis parce que tu pourrais te faire casser la gueule, je n’avais pas grand-chose à répondre à ça. Après mûre réflexion, l’enfant aura décidé de « vivre tout seul, peinard, comme ça personne m’embête, je peux jouer avec mon zizi et pisser sur les affaires que les gens oublient chez moi ».
Une réflexion qui accordera tous les débatteurs d’inné ou d’acquis et les mettra face à leur pathétique condition de « putain, discuter de trucs où on finit par faire la gueule en buvant, ça sert vraiment à rien » surtout quand l’individu est capable de sortir des trucs aussi insensés – et sans doute acquis.
Finalement, c’est deux ans plus tard que l’enfant aura décidé de mépriser l’homosexualité parce que « c’est dégueulasse ». Alors là le bon sens de gauche de son père de se dresser, prêt à dégainer les arguments fallacieux des potes et de l’oncle gay : « Et eux ils sont dégueulasses peut-être ? » Le père de cette graine d’homophobe est prêt à prendre son rejeton entre quatre yeux et lui raconter la vie mais sa meuf lui dit que ça ne sert à rien de se battre vu que l’enfant ne fait que répéter ce qu’il entend à l’école, et que c’est la raison pour laquelle il t’a traité de « pédé » le mois dernier. L’homophobie, innée ou acquise ? Visiblement acquise. Et l’éducation, publique ou privée ? Franchement, j’en ai rien à foutre.
Un jeu comme El Shaddai remettra sur le chemin de la réflexion à peu près saine n’importe quel enfant incapable de juger de l’énorme aura homo entourant le nouveau jeu du designer d’Okami en se laissant facilement charmer par son design qui semble sorti de la réunion des cerveaux qui ont composé le légendaire album Relics sorti sur Transmat. Des dégradés rouges et noirs sur lesquels viennent se calquer des designs filaires lumineux. Des tons sur tons pastel qui ressemblent à un voyage dans un orgasme masculin et plus tard des niveaux de plates-formes où le phallisme s’ébat avec le kawaii. Enoch, succédané de Brad Pitt sculpté dans de la guimauve cell shadée est le héros en jean bleu clair et armure blanche de ce beat’em all aussi merveilleux pour certains que crispant pour d’autres à qui on rappellera, en forme de réponse au point Godwin évoqué plus haut, le fameux adage : « Le problème c’est pas l’homosexualité, c’est l’homophobie. » Ou, en d’autres termes : « Arrête de m’emmerder, le problème ne vient pas de moi, mais de tes aisselles. »
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DRIVER SAN FRANCISCO
Éditeur : Ubisoft
Plates-formes : 360, PS3, Wii
Alors que j’aime bien ça, je suis une bite en jeux de caisse. Dès qu’il s’agit de passer derrière un volant dans un jeu, je suis une catastrophe, incapable de gérer mes virages. Je me prends les piétons, les chicanes, les arbres, les poteaux, les bagnoles, tout ce qui passe. De fait, Destruction Derby et les derniers Burnout qui favorisent les conduites à risque et récompensent les carambolages remportent ma totale adhésion. J’ai été agréablement surpris avec Driver, d’abord parce qu’il utilise un scénario centré sur le pilote qui serait normalement réservé à un jeu d’action, à savoir : le driver en question se refait le Livre des morts tibétain en passant d’un pilote à un autre pour pouvoir coincer Jéricho, une espèce de malade qui fout la merde dans les rues de San Francisco. En plus, la bagnole principale du jeu est une Dodge Challenger. Ce n’est pas une Camaro de 1969, certes, mais cette bagnole défonce. Puis, en cours de jeu, tu peux débloquer une DeLorean. Cerise sur le gâteau : je n’ai pas encore fait exploser ma caisse depuis que j’ai lancé le jeu mais je me suis aussi rendu compte qu’un jeu de bagnole c’était vachement moins drôle sans cette fatalité.
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