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À quand la prochaine génération de capotes ?

Parmi les produits médicaux et paramédicaux que nous utilisons couramment, certains sont hautement perfectibles : les préservatifs. C'est quand, le progrès ?

par Meredith Rutland Bauer
28 Novembre 2016, 8:00am

Image: Domnitsky/Shutterstock

Si la sexualité est une composante essentielle de la santé, elle ne reçoit pas toujours l'attention qu'elle mérite en termes de recherche appliquée. Parmi les produits médicaux et paramédicaux que nous utilisons couramment, certains sont hautement perfectibles : les préservatifs.

La Fondation Gates s'est donnée pour mission de résoudre ce problème et a organisé un concours « du préservatif du futur » en 2013. Elle a ainsi financé 11 projets de recherche différents, à hauteur de 100 000 $ par projet. Il en est sorti des prototypes divers et variés, de la capote taille unique en passant par le préservatif qui s'enfile en un seul geste afin de ne pas interrompre le rapport sexuel.

« Les préservatifs peuvent sauver des vies, mais il faut repenser leur concept afin de s'assurer que les hommes et les femmes à travers le monde l'utilisent de manière systématique et correcte, afin de prévenir des grossesses non désirées ainsi que des infections sexuelles transmissibles, » explique la Fondation Gates dans un communiqué de presse.

Mais tout ceci, c'était il y a trois ans. Quoi de neuf depuis ?

Eh bien, ces produits sont toujours en développement. Il faut des années, si ce n'est une décennie, pour que la FDA ou toute autre agence de régulation des produits médicamenteux puisse approuver leur mise sur le marché. Mais cela ne signifie pas pour autant que les chercheurs en santé sexuelle se reposent sur leurs lauriers durant ce laps de temps.

Patrick Kiser, de la Northwestern University, travaille actuellement au développement d'un préservatif qui imite le tissu muqueux (ou muqueuse), cette membrane présente au niveau de nombreux organes, dont le vagin et une partie du pénis, afin d'améliorer les sensations des partenaires.

Dans le même temps, il s'est associé à une équipe qui met actuellement au point un anneau intra-vaginal qui agit comme un contraceptif, et diffuse un médicament qui traite le hiv/Sida. L'anneau, qui contient un médicament antirétroviral, le ténofovir, et permet de lutter contre le HIV sans nul besoin de l'arsenal de pilules actuellement sur le marché. L'anneau attend, lui aussi, l'approbation de la FDA.

Un autre projet, financé par la Fondation Gates, incarne une idée originale de Lakshminarayanan Ragupathy de HLL Lifecare Ltd., sous la forme d'un préservatif constitué d'une couche de graphène ; il s'adapte à la température du corps et sert de système de diffusion de médicaments dans le cadre d'une stratégie anti-IST.

Ce préservatif est toujours en développement, mais Ragupathy a récemment reçu une bourse de 1 million d'euros de la part de la Fondation Gates afin de poursuivre ses recherches, dont les premiers résultats sont extrêmement encourageants.

Il a ensuite participé à un projet de capote biodégradable inodore, compatible avec les substances antivirale et contraceptive. Sachant que les préservatifs en latex mettent plusieurs années à se dégrader dans l'environnement, certains consommateurs leur préfèrent une alternative « écolo », comme les préservatifs naturels en peau d'agneau, dont le prix est bien plus élevé.

Willem van Rensburg de Kimbranox Ltd. a été récompensé par la Fondation Gates pour son idée pour le moins originale : un dispositif permettant d'enfiler le préservatif sur le membre en érection de l'homme en un seul geste, sans interrompre le rapport sexuel. Le système, qui porte le nom délicieux de Rapidom, permet de réduire le temps de latence, et surtout, d'errance, qui sépare la quête du préservatif emballé du moment où il est placé correctement. Une opération pénible, qui décourage certains hommes d'utiliser le délicat étui de latex.

« L'application manuelle des préservatifs prend du temps, échoue parfois, et interrompt le rapport sexuel. Elle exige un certain savoir-faire, » explique van Rensburg. Son but est de lutter, par tous les moyens possibles contre l'épidémie de HIV/SIDA qui ravage entre autres son pays d'origine, l'Afrique du sud.

Une première version de l'applicateur en question est déjà disponible en Afrique du sud sous le nom de Pronto Condoms, mais la campagne Indiegogo visant à financer sa production n'a atteint que les 800$. Hélas, il n'est pas près d'être distribué dans nos contrées.