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Les ultras sont en première ligne dans la guerre en Ukraine

On a longuement discuté avec Olga Ruzhelnyk qui réalise une thèse sur la question à l'université de Nanterre, alors que la guerre du Donbass entre l'armée ukrainienne et les séparatistes pro-russes perdure.

par Antoine Gautier - Julien Duez / Footballski
12 Mai 2017, 8:22am

Cet article est publié dans le cadre du partenariat avec Footballski.

Olga Ruzhelnyk est doctorante à l'Université de Nanterre depuis un an et s'intéresse à la façon dont les ultras et plus largement les supporters ukrainiens participent à la création d'une identité nationale ukrainienne, particulièrement après la révolution de Maïdan et la situation en Crimée et dans le Donbass. C'est donc avec plaisir que nous avons échangé longuement avec elle sur son sujet à proprement parler, mais aussi sur la façon dont on mène ses recherches sur un thème si particulier. Entre sociologie et sciences politiques, son travail s'attache ainsi à démontrer le rôle qu'ont eu les ultras ukrainiens dans ces conflits, et comment ce rôle change également la façon dont ils sont perçus en Ukraine.

Footballski : Tu prépares actuellement une thèse sur le supporterisme en Ukraine et le rôle des supporters dans la vie politique ? Ce qui s'est passé à Maïdan est le départ de ce questionnement ?
Olga Ruzhelnyk : Oui, je me concentre sur la façon dont une nation se construit, comment l'identification à cette nation se fait et quel est le rôle des fans de football dans tout ça. Bien entendu, en 2014 à Maïdan, ils ont joué un rôle très très important. Mais ce n'était pas juste un engagement de deux mois, ça a commencé bien avant et il faut comprendre que maintenant, les supporters sont super-politisés.

En 1957 par exemple, le Dynamo Kiev et le Spartak Moscou s'affrontaient pour la finale de la coupe d'URSS. Le Dynamo a gagné et les supporters ukrainiens avaient des exemplaires du journal Soviet Sport, un symbole de l'Union soviétique, qu'ils ont commencé à brûler. C'est quelque chose de symbolique qui s'est amplifié par la suite. Ça a ensuite vraiment décollé avec la Perestroïka, à partir de 1986, quand beaucoup de libertés ont commencé à être données au peuple. Les fans ont été très actifs pour s'en emparer. Un an avant l'indépendance en 1989-1990, on a commencé à voir des drapeaux bleu et jaune dans les tribunes, et le public chanter l'hymne qui deviendra celui de l'Ukraine en 1992.

Ensuite, pendant Maïdan, ça a évidemment été un pic d'engagement pour les fans mais ça continue encore aujourd'hui. Donc j'étudie la période complète, pas seulement Maïdan. Pour cela, je vais étudier les exemples des ultras du Metalist Kharkiv, de Dnipropetrovsk, d'Odessa, de Lviv, du Dynamo Kiev. Et au Shakthar, je vais essayer de les interroger mais le problème c'est que pour beaucoup, ils sont actuellement à la guerre.

Qu'est-ce qui fait la particularité des ultras ukrainiens pour toi?
Eh bien ils sont homogènes et en même temps hétérogènes. Il y a l'ouest, il y a l'est et ils sont différents dans leurs pratiques. L'est est influencé par la Russie, mais ça vient d'il y a des dizaines d'années. Vous savez, le supporterisme et le fanatisme actuels, ça a commencé en Angleterre puis ça s'est répandu en Europe. En Union soviétique, un des seuls moyens d'être en contact avec le reste de l'Europe, c'était les matches internationaux. Or, à cette période, les meilleures équipes d'URSS venaient de Moscou. Donc le CSKA, le Spartak sont allés en Europe jouer des matches, et leurs supporters aussi. Ils ont donc vu ce qui se passait avec les supporters adverses et ont commencé à reproduire ces pratiques chez eux. Puis, ils ont reproduit cela dans le championnat soviétique, par exemple lors des matches entre le Spartak Moscou et le Dynamo Kiev. C'était toujours un grand match attendu. Les supporters de Kiev ont commencé à reproduire ce que faisaient les Moscovites qui avaient eux-mêmes "copié" les Anglais.

La partie occidentale est plus influencée par la Pologne en fait, mais davantage depuis l'indépendance. Puis Maïdan est arrivé et tous ces groupes ont alors signé un accord de non-violence, ils ont marché, combattu ensemble. Selon moi, si les supporters ont pu se réunir à ce moment-là c'est que d'une certaine manière, ils ont davantage de points communs que de différences. Les différences se font plutôt au sujet des pratiques mais la mentalité est la même. Certains sont plus à droite, d'autres à l'extrême droite. En revanche, il n'y a plus de groupe de gauche maintenant. Il y avait ceux de l'Arsenal Kiev, mais il ont fini par être engloutis par l'influence du Dynamo.

Tu penses que tu aurais fait cette thèse sans Maïdan ?
Je pense que j'aurais continué à travailler dessus mais avec des sujets différents. J'aurais continué avec un angle plus sociologique. Savoir comment fonctionnent les sous-cultures du supportérisme, mais sans la dimension politique. Je pense qu'avec Maidan, tout est devenu si facile à étudier, si évident que je ne pouvais pas passer à côté. Donc il me reste deux ans, j'aimerais poursuivre en faisant une comparaison avec les fans turcs d'Istanbul, lorsqu'ils se sont unifiés sur la place Taksim. L'Egypte a été un des premiers cas où les ultras se sont unis pour une révolution. Et bien sûr, la première fois où les ultras ont été impliqués dans une guerre, c'était en Yougoslavie. Au final, c'est intéressant d'étudier l'Ukraine parce que c'est une synthèse des trois situations : des ultras qui s'unissent pour un but commun, finissent par mener une révolution, et maintenant sont actifs sur un front de guerre.

Pour beaucoup de Français qui ne connaissent pas trop le football ukrainien, l'une des choses qui reste en tête c'est quand Guingamp est venu jouer à Kiev contre le Dynamo et que ses fans ont été attaqués dans leur parcage. Est-ce que tu connais la situation ?
Oui je vois très bien, et c'est assez honteux. Il faut se dire que fin 2014, donc juste après Maïdan, il y a eu un scandale quand Saint-Etienne est venu jouer en Ukraine (à Dnipropetrovsk, en Europa League). Les fans de Saint-Etienne ont voulu faire de la provocation et ont voulu brûler un drapeau ukrainien dans les rues, ce qui a été vu comme un outrage énorme pour les fans locaux. ( Cette version a été démentie par les groupes stéphanois dans un communiqué , ndlr) Et quand Guingamp est venu, les supporters étaient à l'affût du moindre geste de provocation de la part des Français. Là, les supporters de Guingamp ont voulu sortir des drapeaux français cette fois-ci. Sauf que la couleur du drapeau français, bleu blanc rouge… c'est la même que le drapeau russe… donc ils ont pensé que les fans français les provoquaient encore une fois avec des drapeaux russes et ils leur ont sauté dessus. Je pense que c'est vraiment un manque de culture de la part des supporters ukrainiens, surtout qu'on parle de Guingamp, il n'y avait même pas d'ultras.

Si l'on prend les tentatives d'action collective partout en Europe, certaines se sont affaiblies rapidement par les divisions internes. C'était un risque pour Maidan. Comment les ultras ukrainiens ont-ils réussi à perdurer là où tant d'autres ont échoué ?
Cette question était centrale dès le départ. Quand j'ai commencé mon mémoire de master j'ai vu des fights entre les ultras de Kharkiv, Donetsk et Dnipro. Après Maidan, ils ont fait une marche commune, avec une banderole, pour une Ukraine unifiée. Pour moi c'était assez incroyable de voir ça. Disons que la sous-culture des ultras est quelque chose d'unique. Ils développent une identité qui est presque tribale, mais qui peut être mise de côté si une autre identité vient prendre le dessus, comme l'identité nationale. La question pour eux était « Qui suis-je ? Un supporter ou un Ukrainien ? » Et la réponse est vite arrivée, « Quand il y a un problème en Ukraine, l'essentiel devient de protéger mon pays, ce n'est plus mon club ou mon équipe qui est en jeu. »

Donc pour moi, le fait que ça se poursuive aujourd'hui montre que la guerre est toujours là en Ukraine, les violences n'ont pas cessé. Il y a toujours cette menace et cette nécessité de protéger le pays. Encore plus pour des gars qui étaient là dès le début de Maïdan, même ceux de Donetsk et de Crimée. Tous les ultras de Crimée par exemple sont maintenant persona non grata, ceux de Sebastopol par exemple qui sont très pro-ukrainiens. Quand vous êtes supporters vous avez toujours besoin d'une opposition. Donc quand le pays est en danger, l'ennemi est très bien défini. Avant Maïdan, la rhétorique utilisée dans les stades était assez raciste, antisémite par exemple, et là on est passé à quelque chose de clairement anti-russe. Parce qu'aujourd'hui, c'est l'ennemi, l'ennemi extérieur et plus l'ennemi intérieur.

Si l'on comprend bien, les populations du Donbass ou de Crimée sont pourtant clairement pro-russes en majorité. Pourquoi les ultras de ces villes-là n'ont eux pas suivi le mouvement ?
Peut-être que je ne suis pas la meilleure personne pour parler de ça, en raison de mon lien affectif avec la situation, mais je pense que c'est une situation qui a été rendue artificielle. Dans le sens où il y avait des pro-russes bien sûr dans ce territoires, mais ils n'ont jamais été séparatistes. Vous pouvez aimer un pays, sans pour autant dire que vous vous sentez de cette nationalité. Je peux dire que j'aime la Pologne sans me sentir polonaise. Et vous pouvez aimer la Russie, mais toujours vous sentir Ukrainien. C'était le cas des fans en Crimée, ils étaient Ukrainiens, ils ont d'ailleurs participé à Maïdan, comme je l'ai dit. Mais il faut comprendre que Maïdan ce n'était pas anti-russe au départ, c'était pro-européen, tourné vers les valeurs européennes. C'était plutôt un mouvement contre l'ancien régime post-soviétique corrompu de Ianoukovich. Donc tout le monde était pour le changement à ce moment-là, et Maïdan a été un déclencheur pour eux (les ultras, ndlr).

Olga Ruzhelnyk. Photo Footballski

Avant Maidan, de plus en plus de restrictions sur les rassemblements publics étaient en place. Beaucoup de pouvoir était donné au gouvernement, à la police, pour contrôler les gens. Bien sûr, c'était un outrage pour les ultras parce qu'ils détestent se sentir contrôlés, particulièrement par la police, quand ils se rassemblent. Donc c'était vraiment l'élément déclencheur pour qu'ils se rassemblent tous. C'était la même chose pour les ultras de Crimée, ils ne se battaient pas au départ pour défendre l'identité ukrainienne mais pour leurs libertés. Puis, la situation a dégénéré, les troupes étrangères sont arrivées, et là bien sûr ils se sont positionnés contre ces troupes qui venaient et qui voulaient elles aussi les contrôler. Particulièrement venant de la Russie qui est un Etat plus totalitaire comparé à l'Ukraine. Il y a plus de possibilités de contrôle, sur la liberté d'expression, de rassemblement… Les ultras détestent ça. La même chose s'est produite avec les ultras du Shakthar et du Zarya, ils étaient au début de Maidan alors qu'il n'y avait pas encore la guerre, parce que le régime de Ianoukovitch représentait la répression, la restriction des libertés, l'abus de pouvoir de la police. Un des fans du Shakthar m'a dit clairement par exemple « Maintenant je ne suis plus de Donetsk, plus du Shakthar, pas de Louhansk, je suis ukrainien ».

Le support à l'équipe nationale ukrainienne a-t-il évolué également, avec Maidan, la guerre dans le Donbass, le problème de la Crimée ?
Bien sûr. Ce qui s'est passé à Maidan, et encore aujourd'hui sur le front, cela participe à ce qu'on appelle en sociologie la "mémoire collective". Dans les stades, vous utilisez des chants, des banderoles, bien sûr. Aujourd'hui, Maïdan et le sujet de la guerre sont particulièrement utilisés, tout comme la figure de Poutine. Maintenant, ce n'est plus uniquement "Go Ukraine go" mais plutôt "Fuck Poutine fuck". Quand j'étais à l'Euro 2016 à Lille, j'ai compté trois des slogans offensants envers Poutine, et quatre l'hymne national. C'était très patriotique, bien plus qu'avant et ça a changé. Mais l'équipe nationale est beaucoup moins supportée par les ultras. C'est un héritage de l'indépendance. De 1991 à 2000, l'équipe nationale était un copier-coller du Dynamo Kiev. Après ,il y a eu des éléments nouveaux, des joueurs du Shakthar par exemple. Aujourd'hui, les choses ont changé, les fans de football représentent la fibre patriotique de la nation.

Comment se manifeste cette fibre patriotique en Ukraine ? Par des symboles historiques ?
Oui, Stepan Bandera par exemple. Il y a aussi l'expression "Heaven 100". Bandera est l'expression du nationalisme ukrainien, c'est un parfait exemple d'utilisation de la mémoire collective d'une nation. Le drapeau rouge et noir représentant l'armée ukrainienne et l'organisation de Bandera est aussi utilisée. Il était aussi utilisé à Maïdan, c'est une démonstration extrême de patriotisme, mais pas de nationalisme. Dans ce genre de période, il y a une volonté de maintenir l'unité avec des symboles extrêmes. Et maintenant avec Maïdan, il y a utilisation d'autres symboles.

Heaven 100 faisant référence aux personnes mortes durant Maïdan, très utilisé aujourd'hui dans les stades. Il faut savoir qu'en Ukraine, nous n'avons pas une identité nationale si forte, si ancienne. Parce qu'avant cela c'était l'identité soviétique qui dominait tout. Puis, depuis 25 ans, peu de choses se sont passées pour créer cette identité collective, expliquer ce que c'est que d'être ukrainien. On sait que ça prend longtemps, en France par exemple ça a pris 200 ans pour construire une vraie identité française. Aujourd'hui, nous sommes plutôt dans un processus de décommunisation, en changeant les noms soviétiques des rues pour des noms ukrainiens par exemple. Mais si les noms sont remplacés, la signification que l'on met derrière n'est pas encore là. Et aujourd'hui, qui est en train de recréer cette identité ? Les ultras.

Quelle est l'image des ultras aujourd'hui en Ukraine ?
Aujourd'hui, ils ont très bonne image dans la population. Parce que tout le monde sait qu'ils étaient là à Maidan. Si vous regardez sur les photos des fans, notamment les marches collectives entre différentes groupes d'ultras, ils marchent dans les rues escortés par des policiers, et les policiers les saluent ! C'est incroyable de voir que tout le monde les félicite pour leur engagement. C'est une utilisation de la mémoire collective, ils sont en train de montrer aux gens ce que ça signifie d'être patriote. Ils utilisent également le patrimoine ukrainien, la langue ukrainienne. Dans une ville comme Kharkiv, où l'influence russe était très forte même avant la guerre, ils chantaient au stade en ukrainien, et aujourd'hui encore plus. Donc ils sont vraiment un des acteurs de la construction de l'identité nationale, au même titre que les écrivains ou d'autres artistes.

Est-ce que le président du Shakthar par exemple, ou d'autres instances, se sont positionnés sur le sujet de la guerre ?
Aujourd'hui, le Shakthar est la propriété de l'oligarque Akhmedov, il a 99,99%, c'est un monopole comme très souvent en Ukraine. Mais non, pas grand monde n'a parlé de ça. La fédération durant Maidan a dit « S'ils veulent y aller qu'ils y aillent, mais sans signe d'attachement à un club en particulier. » Même si bien sûr, ils y sont allés avec des insignes et des écharpes, on parle d'ultras quand même. A ce moment-là, la révolution était contre le pouvoir en place, contre le gouvernement, donc les clubs ne voulaient pas s'y impliquer, ils avaient trop à perdre. Maintenant, c'est surtout la situation économique très fragile qui pousse les clubs à se concentrer uniquement sur leur business, ils ne s'occupent pas des ultras. Ils s'occupent des supporters car eux font tourner le business, contrairement aux ultras. « Ils vont au front ? Eh bien qu'ils aillent au front. » D'autre part, si on regarde le Shakthar par exemple, beaucoup de joueurs sont Brésiliens, je ne pense pas qu'ils s'embarrassent trop des problèmes d'identité ukrainienne.

Est-ce qu'à l'inverse des politiques ont cherché à s'associer aux ultras ?
Avant Maïdan même, des contacts étaient en place avec Dmitri Yaroch, un responsable de Pravyi Sector, le parti d'extrême droite, qui a joué un rôle également dans Maïdan. Ce qui s'est passé durant la révolution, c'est comme ce qui est arrivé en Egypte, vous avez une grande masse de gens qui sont là pour protester, pour être présent tout simplement, et autour vous avez des groupes qui s'organisent pour donner de la nourriture, assurer l'hébergement, et donc aussi la sécurité. Pravyi Sector s'occupait de la sécurité, et ils voulaient s'associer aux ultras pour bénéficier de leur bonne image. Mais les ultras n'ont jamais souhaité faire partie d'un parti politique, donc ils ne souhaitaient pas du tout s'associer avec eux. Quand j'ai demandé aux ultras ce qu'ils pensaient du fait de s'engager en politique, ils étaient très sarcastiques sur la situation. Ils souhaitent être dans l'action, amener des changements dans la situation du pays. Mais ils souhaitent aussi, une fois leur but atteint, pouvoir revenir à leur vie normale. Ils n'ont pas lancé la révolution, ils ont participé à cette révolution, c'est différent.

Pour conclure, ces personnes auront bientôt passé 3, 4 ans au front. Penses-tu qu'ils pourront vraiment rentrer chez eux et reprendre leur vie normale ? Ils sont habitués au combat, est-ce qu'ils ne rechercheraient pas encore plus cela en revenant à leur vie de supporters ?
Ils n'ont jamais non plus été très soft comme supporters. En Ukraine, il n'existe pas cette classification qui existe ailleurs en Europe de l'Est entre ultras et hooligans. Nous avons des « ultras », parfois un peu hardcore, qui aiment se battre entre eux, avec des règles, 100 contre 100 dans un lieu défini. Mais nous n'avons pas non plus le cas de hooligans pur et dur comme en Pologne ou en Russie. Il y a des influences bien sûr, mais pas vraiment toutes ces sous-cultures qui cherchent l'affrontement à tout prix. Pour ma part, je pense qu'ils reprendront simplement leurs habitudes, c'est-à-dire se battre entre eux, parce que l'opposition est la nature du supporterisme. Quand la menace extérieure du pays disparaîtra, on reviendra au niveau de 2009/2011. Ce qui va changer par contre, c'est la façon dont les gens les perçoivent. Ils sont perçus comme des héros aujourd'hui, et ça devrait perdurer longtemps, plusieurs générations, parce qu'ils auront fait partie de quelque chose de très important pour le pays, ils auront contribué à produire cette mémoire collective.

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