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Lutter contre le réchauffement climatique en enfermant les pets de vache dans des sacs

Des fermiers argentins ont décidé d'équiper leurs vaches avec un dispositif capable de limiter leur émission de méthane, un gaz à effet de serre.

par Alex Swerdloff
29 Août 2016, 6:00am

Si vous avez deux trois notions sur le réchauffement climatique, vous savez sans doute que notre amour pour la viande rouge n'est pas le meilleur moyen de réduire nos émissions de gaz à effet de serre – tout ça à cause des vaches roteuses et péteuses. Le méthane qu'elles rejettent est une plaie. Il absorbe la chaleur et dévaste notre environnement. Aux États-Unis, le méthane produit par le bétail représente 22 % des émissions nationales.

Le Groupe de Consultation de la Recherche Internationale de l'Agriculture a récemment publié un rapport sur le sujet. Pour répondre à l'objectif fixé par la COP-21 de Paris – c'est-à-dire limiter le réchauffement climatique pour que les températures n'augmentent pas de plus de deux degrés d'ici 2030 – les paysans doivent à tout prix aider à réduire les émissions de dioxyde non carbonique d'une gigatonne par an.

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Et pour réduire autant les émissions de méthane, chaque pet compte. Les agriculteurs ont donc commencé à faire gaffe aux gaz émis par les deux milliards de vaches actuellement en vie sur terre.

Une solution pour le moins créative a été trouvée en des éleveurs argentins. Ils ont habillé leur bétail d'un sac à dos réceptacle de leurs propres pets. Chaque vache peut ainsi collecter jusqu'à près de 300 litres de méthane. Ça fait beaucoup de pets – suffisamment pour alimenter un réfrigérateur pendant toute une journée, si l'on en croit l'INTA Informa.

Image via INTA Informa

Image via INTA Informa

D'autres entreprises agricoles bossaient déjà sur le dossier pour trouver comment collecter les pets de vache avant qu'ils ne trouent notre atmosphère – ou tout simplement pour les empêcher de péter. Danone a commencé à nourrir ses vaches avec un régime enrichi en oméga-3, un acide gras qui permet de réduire (selon la multinationale) de 30 % la quantité de pets émise par une vache. Problème : les oméga-3 réduisent aussi la production de lait. Le conflit d'intérêts entre intérêt monétaire et écologique risque donc de faire pencher la balance du côté pro-prouts.

De la même manière, Cargille tente de mettre au point une méthode pour protéger l'atmosphère de tous ces reflux gastriques. Si l'on en croit Bloomberg, l'entreprise collecte le méthane contenu dans le fumier des vaches en le conservant dans des bassins sous cloche.

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On ne sait pas encore quelle sera LA méthode de demain à appliquer à toutes les vaches du monde entier pour sauver notre couche d'ozone, mais préparez-vous à une nouvelle image du paysage bucolique : dans les champs, les vaches seront peut-être bientôt munies de sacs à dos anti-pets, plus ou moins gonflés selon leur activité intestinale.