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LE NUMÉRO INTERVIEWS

« La mort, c’est tout » La vie selon Nifelheim

Nifelheim est l’accord parfait entre le black metal et le heavy metal : vulgaire et violent, avec comme un arrière-goût du pire des années quatre-vingt.

par Daniel Söderberg
25 Novembre 2008, 11:00pm
 

INTERVIEW: DANIEL SÖDERBERG, PHOTOS: KRISTIAN BENGTSSON

Nifelheim est l’accord parfait entre le black metal et le heavy metal : vulgaire et violent, avec comme un arrière-goût du pire des années quatre-vingt. Nifelheim est aussi un des plus grands secrets suédois car les jumeaux Hellbutcher et Tyrant ont plutôt tendance à être connus pour leurs vêtements cloutés, leur obsession pour Iron Maiden et leur château. Mais tout ça est en train de changer depuis la sortie de leur dernier album…

Il y a dix mois, ils n’avaient même pas de site Internet. Aujourd’hui, ils sont en tournée dans le monde entier, ils vendent des tee-shirts édition limitée avant qu’ils soient proposés en boutique et ils ressortent tous leurs vieux albums. Dix-huit ans après la naissance du groupe, ils commencent enfin à marcher. C’est plutôt cool de s’apercevoir que tous les mecs qui ont formé un groupe de black metal dans les années 1990 avaient 13 ans à l’époque.


Vice: Comment a débuté Nifelheim ?

Tyrant: 
À la fin des années quatre-vingt, quand le vrai heavy metal est mort, Hellbutcher et moi on trouvait qu’il n’y avait que des lopettes autour de nous. Y’avait des vestes en daim à franges à chaque coin de rue et tout partait en couille, donc on a décidé de former un vrai putain de groupe brutal qui pourrait rétablir l’ordre. On était à fond dans le black metal, on écoutait Bathory et Mayhem, donc c’était naturel qu’on joue ce qu’il y avait de plus violent. On n’a jamais fait partie du mouvement death metal qui a touché la Suède. On détestait tout ce qui sortait en Suède, à part Bathory et Treblinka.

Comment tu décrirais la scène black metal au début des années quatre-vingt-dix ?

C’était pas de la rigolade comme aujourd’hui. C’était avant que tu puisses acheter des albums de Dimmu Borgir à Toys ‘R’ Us. Quand Euronymous de Mayhem est mort, tout a explosé. Des millions de groupes sont sortis de l’underground comme des putains de mauvaises herbes. C’est entre 1994 et 1995 que le black metal est mort, en grande partie.

À ce moment-là, vous vouliez tuer votre public…

Un jour on le fera ! On a juste besoin de donner un peu plus de concerts pour faire monter la pression de la fin ultime. On utilisera sans doute des bombes et du napalm. C’est pas parce que tu aimes Nifelheim que tu échapperas au Jugement dernier!

Il paraît que vous êtes hyper malchanceux. C’est vrai ?

Un sort a été jeté sur Nifelheim, mec. Tout part en couille, quoi qu’on fasse. Quand on a enregistré Nifelheim, la foudre est tombée sur le studio et ça a complètement détruit l’équipement qui était branché. Et quand on a fini de mixer l’album, les cassettes ont grillé. Pour enregistrer Servants of Darkness, on a eu deux semaines gratuites en plus en studio parce que le propriétaire n’avait jamais rencontré de groupe aussi malchanceux. Tout est parti en vrille… Je veux même pas te parler de ce qui s’est passé quand on a enregistré notre dernier album, ça me fatigue rien que d’y penser. Je suis sûr que les pouvoirs du Bien luttent contre nous. Ils essayent de nous retenir, mais on tiendra jusqu’à notre dernier souffle.

Quel est le but ultime de Nifelheim ?

L’Armageddon ! L’extermination finale. Tout va mourir. Tout doit mourir. La mort, c’est tout, et la vie n’est rien.