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Vice Blog

LA SAGA VICE DE L'ETE - MIDI FESTIVAL OU LE MYSTERE DES CASINOS PT.1

31 juillet 2009, 7:19pm

Les mecs du Midi Festival nous ont gentiment invités à passer trois jours tous frais payés à Hyères, dans le but de nous faire écouter des guitares sèches au soleil. Alors que l'on pensait profiter du beau temps, trouver des amours de vacances et s'intégrer enfin dans le milieu du journalisme français, nous sommes tombés sur une intrigue qui a bouleversé tous nos plans. Voici le récit de notre périlleuse enquête au pays des papys bronzés, des seins nus sur la plage, de la vulgarité assumée et des édifices publics financés par l'argent des casinos.

VENDREDI 24 JUIN

Après quatre heures de train, nous arrivons à la gare de Hyères où nous attend un mini-van qui doit nous conduire à notre hôtel. Nous n'avons jamais été confrontés à autant de journalistes à la fois, et nous nous sentons un peu intimidés. D'autant plus que l'un d'eux, vraisemblablement plus expérimenté, murmure cette phrase « ils ont envoyé les stagiaires... ». En arrivant à destination, l'hôtesse d'accueil s'étonne que l'on soit deux garçons à partager la même chambre. Alors qu'elle nous y conduit, on découvre avec stupeur que la chambre est munie d'un lit double. On se dit alors qu'on a loupé notre entrée en piste et que nos confrères nous considèrent sans doute comme un couple gay.

On décide cependant de profiter de l'extrême beau temps et de se rendre à la plage la plus proche (environ 5 kilomètres) afin d'y exhiber nos corps blêmes, frêles et mal portants. Dans le bus du retour, on fait la rencontre du gang de cailleras le plus faible de France et on découvre les premiers indices qui nous mèneront vers le grand mystère des casinos. On aperçoit sur le bord de la route de nombreux bâtiments en construction et l'on entend dans le fond du car des mots probants tels que « roulette », « Audi TT », ainsi que « le Conseil Général ».

Quand on arrive au festival, le seul journaliste qui semble nous avoir pris en sympathie (un mec de chez Magic) nous remet un pass backstage. En examinant l'objet, nous distinguons un bout de papier qui dépasse. Nous ne tardons pas à comprendre qu'il s'agit d'un message secret télégraphié de la part de notre rédacteur en chef Mathieu Berenholc. Il est écrit sur celui-ci : « enquête stop - complot stop - casino stop - journalisme d'investigation stop- gonzo FIN. » Il semble vouloir nous dire quelque chose. Nous le découvrirons bientôt.

La combustion spontanée de la missive nous a presque fait oublier le festival. Étonnamment, le public est composé d'une part très importante d'indie meufs bonnes, ce qui nous laisse croire que les mecs de la Blogothèque peuvent pas mal pécho s'ils se débrouillent bien.  On est littéralement cernés par les rates; un élément de plus qui participe de notre stress. Le premier groupe est de la région, ils s'appellent Get Back Guinozzi! et ils font une indie-pop bricolée d'inspiration Blonde Redhead agréable à écouter dans la pinède. Nous remarquons parmi eux un personnage qui nous deviendra vite familier : le hipster le plus vieux du monde. En échangeant des informations avec une collègue des Inrocks, on apprend qu'il s'agit aussi du directeur de la programmation du festival.

On écoute le deuxième groupe, Dent May and His Magnificient Ukulele, en bouffant un hot-dog. Emmenés par un frontman autiste qui chante un peu comme Morrissey, ils ont l'air inspirés par la joie de vivre autant que par le fait d'avoir grandi un brin de paille à la bouche. Les expressions qu'il fait avec son visage et son apparente difficulté à coordonner ses mouvements suscitent immédiatement notre sympathie.

Le seul pimp qui a connu trois siècles, et le doyen des spectateurs.

Sympathie que n'arrivera pas à gagner le chanteur d'avant-garde brésilien Arto Lindsay. Même si de courts passages bruitistes voire metal retiennent notre attention, les moments chantés (qu'ils soient en portugais ou en anglais) ont tendance à nous énerver. Par ouverture d'esprit, le public fait semblant d'aimer et applaudit avec passion.

Entre musique concrète et musique abstraite, Arto Lindsay cherche son chemin.

 Nous, on cherche à taxer une clope. La soirée se termine avec Jeffrey Lewis, qui se livre à un exercice pluridisciplinaire d'esprit indie rock. Il superpose des reprises de Crass et de Nirvana sur un combo calvitie-cheveux longs. On trouve ça cool.

Étant donné qu'on a connecté avec personne, on décide de rentrer à l'hôtel sans trop savoir comment. On se perd à moitié, avant de finalement retrouver notre chemin grâce à un hôtelier bienveillant. Avant de se coucher, nous regardons une émission de télé-réalité 2.0, Love and Bluff, Qui de Nous Trois ? Bien que la stupidité du jeu nous distraie, nous ne pensons qu'à notre mission. Que voulait-donc dire Berenholc ? Qui est donc ce hipster le plus vieux du monde ? Quid des casinos ? Comment fourrer les indie-rates ? Telles étaient les questions qui nous obsédaient...