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LE NUMÉRO DE LA SAINTE TRINITÉ

Livres et DVD

FRACTION Shintaro Kago : Hey IMHO, c’est quand vous voulez pour la page de pub hein ! En même temps je vous soupçonne de sortir du Kago exprès pour qu’on puisse vous mettre des chroniques dans Vice.

par VICE Staff
24 Avril 2012, 6:00am
 

FRACTION
Shintaro Kago
IMHO

Hey IMHO, c’est quand vous voulez pour la page de pub hein ! En même temps je vous soupçonne de sortir du Kago exprès pour qu’on puisse vous mettre des chroniques dans Vice. Je ne sais pas si ce mec intéresse vraiment nos lecteurs mais si c’est pas le cas, ils feraient mieux de se pointer dans une bonne librairie et de choper Fraction. Contrairement à Carnets de Massacre que j’évoquais il y a quelques mois, Fraction est franchement conceptuel, parfois un peu trop démonstratif et néanmoins passionnant. En plus le trait de Kago s’affine de plus en plus et certaines des planches du bouquin sont simplement sublimes voire carrément triquantes. Pas autant néanmoins que l’extraordinaire Effondrement, une courte histoire que l’éditeur a eu la bonne idée de coller à la fin du bouquin avec quelques autres et un entretien de Kago avec un auteur de polar. Ce qui m’a fait le plus plaisir pourtant dans cet album, c’est que le titre du premier bouquin de Kago est traduit dans une des répliques de Fraction, ce qui me laisse espérer que ce chef-d’œuvre grotesque sera peut- être un jour disponible dans nos contrées.

TOMMY VULVEC

 

 

MONDWEST
Michael Crichton
Aventi

Alors là c’est l’éclate. J’avais complètement oublié l’existence de ce film. J’ai vraiment du mal à le croire parce que gamin, il m’avait vachement marqué. J’adorais Yul Brynner, comme n’importe quel gamin qui découvre l’acteur chauve particulièrement badass dans Mondwest. Michael Crichton a vachement mal tourné après ce film en écrivant des bouquins super antijaponais à l’époque où Sony avait racheté Paramount et que pour beaucoup de mecs de l’industrie, c’était la fin de l’Amérique. Horrible connard. Il a malgré tout réussi à marquer une nouvelle génération avec Jurassic Park et ses suites poussives. À l’époque de Mondwest, on considérait qu’il s’agissait de « science-fiction adulte » mais faut pas se leurrer, Michael Crichton est un grand enfant puceau qui a peur de sa propre ombre. Ce n’est pas pour rien que Spielberg a réalisé Jurassic Park et que Mondwest transpire d’une douce candeur qui fait que le film a vieilli, certes, mais reste super bien. Sérieux, le visage-robot de Yul Brynner, putain ! L’éclate !

TONY SCHIOTT

 

 

SYLVESTER STALLONE, UN VRAI HUMANISTE
David Da Silva
The Book Edition

J’aurais du mal à défendre le style assez scolaire de David Da Silva dont je me demande s’il a conscience que le titre de son livre peut prêter à rire, quand bien même on serait parfaitement d’accord avec lui. Mais il se trouve que ce titre illustre très littéralement le propos défendu par son auteur le long de ces 220 pages et que de fait, je me sens un peu libéré de me battre perpétuellement à propos de l’acteur/réalisateur en m’appuyant notamment sur l’un des plus grands chefs-d’œuvre sortis au cinéma ces dernières années : John Rambo. Ce film fait le même effet que Sardou quand on le sort dans un dîner de gauche pour défendre les vertus de l’art de droite qui POURRAIT être de gauche. C’est le paradoxe des anarchistes de droite que partagent les deux artistes susdits. Mais autant j’ai du mal à ne pas rire de la jouissance provoquée par le regard estomaqué d’une meuf au cerveau rincé prête à m’étriper parce que je défends Sardou, autant je serais prêt à claquer la gueule de n’importe qui refuserait d’entendre ce que j’ai à dire de John Rambo. Car comme Stallone le prouve magistralement dans ce film, on peut être humaniste et dire « fuck the world » en méprisant la bonne conscience de gauche catho, qui elle n’a rien d’humain. Pour un argumentaire plus étiolé, lisez le bon bouquin ultra référencé de Da Silva.

BASTARD SCHWARZENEGGER

 

 

ANGOISSE
Bigas Luna
Opening

J’ai découvert Bigas Luna adolescent avec Jambon Jambon à une époque où je commençais à déterminer consciemment que l’intérêt fondamental du cinéma était d’y voir des femmes jouer en se foutant à poil. Jambon Jambon m’avait d’autant plus marqué que Penelope Cruz et Javier Bardem y formaient un couple bien plus perturbant que n’importe qui chez Pedro Almodovar à qui la cinéphilie de la bonne conscience de gauche vouait déjà un culte exacerbé par l’origine « movidesque » du réalisateur. Peut-être que je le découvrirai plus tard, mais aujourd’hui je ne supporte pas le cinéma de Pedro Almodovar. En revanche, celui de Bigas Luna me parle un peu plus intimement alors même que je ne connaissais pas Angoisse, ce giallo à la convergence de l’Europe et des États-Unis qui recèle d’images extraordinaires et de jeux avec le spectateur un peu datés mais qui ont plu à pas mal de gens quand Quentin Dupieux les a ressortis dans Rubber l’année dernière.

RIDLEY SCHIOTT