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La Chine a connu son premier scandale sexuel

En Chine, le pouvoir, la corruption et les maîtresses sont comme les trois angles d'un triangle – ils sont quasi indissociables.
14.12.12

En Chine, le pouvoir, la corruption et les maîtresses sont comme les trois angles d'un triangle – ils sont quasi indissociables. Là-bas, il n'est pas rare de voir des membres du gouvernement entretenir des relations secrètes avec des maîtresses. D'ailleurs, le nombre d'amantes que possède un homme est généralement proportionnel à son degré de corruption et à son pouvoir.

Récemment, on a découvert que le ministre limogé des Chemins de fer de la République populaire de Chine, Liu Zhijun, avait détourné 152 millions de dollars et qu'il avait jonglé avec 18 nanas en même temps. Mais il semblerait que cette affaire ne soit pas liée à celle de Bo Xilai, le chef du parti communiste de la ville-province de Chongqing, déchu au début de l'année. Pour sa part, Xilai a été soupçonné d'avoir détourné plus d'un milliard de dollars par l'entremise de sa femme, en plus d'avoir entretenu des relations avec plus de 100 maîtresses.

Mais contrairement aux États-Unis (où des scandales sexuels peuvent tuer une carrière politique), en Chine, les imprudences sexuelles des hommes politiques suivent systématiquement les accusations de corruption. On met d'abord à jour les magouilles, ensuite on s'intéresse à la vie intime du bonhomme.

Seulement, il y a deux, trois semaines, tout cela a changé quand une sextape vieille de cinq ans montrant Lei Zhengfu – un énième haut fonctionnaire corrompu de Chongqing, précisément secrétaire du Parti dans le district de Beibei – a été mise en ligne par Zhu Ruifeng, un journaliste d'investigation indépendant qui tient un site Internet visant à dénoncer la corruption.

Dans la vidéo, on retrouve Lei, un homme à la tête de fils à maman, dont l'expression aussi vide qu'effrayante a sans doute vu passer un bon paquet de maîtresses, qui s'excite sur une jeune fille de 18 ans avant de se nettoyer et de se rhabiller. La presse a identifié cette femme : elle s'appellerait Zhao Hongxia. La sextape a été filmée en caméra cachée à partir du sac à main de Zhao qui a enregistré les déhanchés bulbeux de Lei. Elle ne cherchait pas à exciter qui que ce soit. C'est rassurant.

En fait, la vidéo a été commandée par un promoteur immobilier, qui a payé Zaho 300 yuans (30 euros) pour filmer sa partie de jambes en l'air avec Lei. Le promoteur a ensuite utilisé l'enregistrement comme moyen de pression pour faire chanter le fonctionnaire libidineux.

À l'époque, Lei était protégé par Wang Lijun, le préfet de police vénal de Bo Xilai. Ce dernier a procédé à une fouille du domicile du promoteur et a trouvé des vidéos de cul similaires, impliquant d'autres hauts fonctionnaires. Le promoteur s'est fait jeter un an en prison, et les espionnes/putes ont pris un mois chacune.

Mais avec Wang Lijun condamné à purger une peine de 15 ans après sa visite au consulat américain, en février, pour dénoncer Bo Xilai, Lei n'avait plus personne pour le protéger. Début novembre, une source interne à la police de Chongqing a transmis la vidéo à Zhu.

De son côté, Zhu assure que les vidéos mettent en scène au moins quatre autres hauts fonctionnaires de Chongqing, faisant aussi bien que Ray J avec Kim Kardashian. Il prétend également être surveillé et menacé par les autorités de Chongqing, ce qui semble normal quand vous menacez cinq hommes puissants de tout perdre.

Bizarrement, le Bureau de sécurité publique de Pékin a proposé une protection policière à Zhu. Les médias officiels l'ont également soutenu de manière tacite.

Le China Daily a même publié un édito qui vante « les bienfaits d'Internet lorsque les gens l'utilisent à l'encontre des hommes politiques corrompus ». Cet édito fait écho à l'appel du nouveau président Chinois Xi Jinping, qui, dans un discours au Congrès national du Parti, a expliqué que « l'importance de la corruption pourrait inéluctablement nuire au Parti et à l'État ».

Certains ont considéré ces paroles comme une preuve de la détermination du gouvernement pour lutter contre la corruption. Personnellement, je les trouve très optimistes.

Si le gouvernement voit en Internet un moyen de lutte contre la corruption, pourquoi continuent-ils à censurer les moteurs de recherche quand on s'intéresse au phénomène ? Si le gouvernement semble si décidé à durcir le ton, pourquoi c'est un journaliste indépendant et non les médias officiels qui a révélé cette histoire ?

N'oubliez pas que la vidéo, considérée comme la première pièce à conviction à l'encontre de Lei, était en soi un acte de corruption et d’exploitation sexuelle. Est-ce que le Bureau de sécurité publique de Pékin se montrerait aussi enthousiaste pour protéger Zhu s'il postait des vidéos des membres du Gouvernement central de Pékin ou de leurs maîtresses ?

On peut retenir de cette histoire qu'en Chine, les affaires de corruption sont rendues publiques uniquement lorsqu'il est inévitable ou politiquement intéressant de le faire. Quand Wang Lijun a couru au consulat américain, il n'a pas hésité à forcer la main au Gouvernement central.

Les hommes politiques chinois couchent tous les jours avec leurs maîtresses, mais la plupart sont assez vigilants pour éviter de se faire choper. Et même s'ils se font avoir, s'ils connaissent les bonnes personnes, personne ne le saura jamais. En Chine, c'est la com' qui fait le pouvoir.

Le gouvernement chinois voudra peut-être un jour s'occuper sérieusement de la lutte contre la corruption et des mœurs délurées de ses hauts fonctionnaires, mais ça ne semble pas être pour tout de suite. On les comprend : s'il fallait virer tous les dirigeants corrompus qui baisent avec des putes, qui dirigerait le pays ?

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