Au pays du vent qui rend fou
Toutes les photos sont de Naomi Haussmann
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Au pays du vent qui rend fou

On le surnomme le « vent cannibale ». En Nouvelle-Zélande, le Nor'wester pousse au crime et entraîne les habitants dans la folie.

Cet article a été initialement publié sur VICE Nouvelle-Zélande.

Le Nor'wester est un phénomène météorologique propre à l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande – un vent sec et chaud qui provient de la mer de Tasman et déferle sur la côte ouest avant d'atteindre Canterbury. Quand le Nor'wester frappe, il atteint parfois des vitesses de 130 km/h et n’est pas sans rappeler la chaleur qui s'échappe lorsqu’on ouvre un four.

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Pour les habitants de l’île du Sud, le Nor’wester est un signe avant-coureur du chaos. Au sein de la population maorie locale, Ngāi Tahu, on le connaît aussi sous le nom de Te Hau Kai Tangata : le « vent cannibale », ou « vent qui dévore l’humanité ». Les premiers Pakeha (les Néo-Zélandais d'origine anglo-saxonne ou européenne, ndrl) installés à Canterbury évoquaient souvent dans leurs écrits des vents étranges qui frappaient la colonie : « Depuis une semaine, une violente tempête souffle sur les gorges… et balaie les grandes plaines avec une force irrésistible. »

« Et au coucher du soleil, alors que notre peau ressemblait à du parchemin et que nos oreilles et nos yeux étaient remplis de terre, le vent est enfin tombé, aussi subitement qu'il s'était levé cinq jours auparavant. »

On l’a accusé de contribuer à des hausses des violences conjugales, des crimes, des suicides et des problèmes de santé. Une étude a révélé que les jours où le Nor'wester souffle, les taux de crimes avec violence augmentent de 10 pour cent, même lorsque la température est élevée, bien qu'il n'y ait pas assez de données pour affirmer que cet écart est statistiquement significatif. Les recherches du ministère de la Santé ont révélé que le vent était lié à une augmentation de six pour cent du nombre de personnes admises à l'hôpital pour des problèmes de diabète et une augmentation de 10 pour cent des admissions pour insuffisance rénale. Il n'a pas fait l'objet d'études approfondies en Nouvelle-Zélande, mais un vent similaire en Autriche, connu sous le nom de Foehn, a été associé à des taux élevés de détresse mentale, de suicide et de criminalité.

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La photographe Naomi Haussmann a tenté de capturer le Nor'wester de Canterbury. Voici quelques-unes de ses photos.

Rendez-vous sur le site de Naomi Haussmann pour voir plus de photos et suivez-la sur Instagram.