[En photos] L'évacuation du plus grand bidonville de Paris

Au petit matin ce mercredi, ils étaient des dizaines, surtout des familles avec personnes âgées ou enfants, à sortir sous la pluie et dans le calme d'une tranchée ferroviaire pour monter dans des bus, direction des hôtels ou centres d'accueil.
3.2.16
VICE News / Etienne Rouillon

Beaucoup étaient déjà partis ailleurs ce mercredi matin, lorsque la police a investi le bidonville. C'est le plus grand de Paris disent les militants d'associations humanitaires. Il était habité jusqu'à la semaine dernière par au moins 300 Roms et Roumains dans le nord de Paris (Porte de Clignancourt, XVIIIe).

Ils n'étaient plus que des dizaines, surtout des familles avec personnes âgées ou enfants, à sortir sous la pluie et dans le calme de la tranchée ferroviaire pour monter dans des bus. Direction des hôtels en région parisienne, pour au moins deux semaines, renouvelables. Les modalités de ce renouvellement ne sont pas encore connues.

À lire, notre reportage : Dans le plus grand bidonville de Paris, en attendant l'évacuation

Ce bidonville de plus de 60 baraques faites avec les moyens du bord, installé sur une voie désaffectée de la "Petite ceinture", nous l'avions visité quelques jours avant cette évacuation que plusieurs associations dénoncent comme une solution impropre au problème des bidonvilles roms en région parisienne. De son côté la préfecture d'Île-de-France avançait des risques d'incendies et des cas de tuberculose pour motiver l'action des forces de l'ordre.

En septembre dernier, ce campement du boulevard Ney a fait l'objet d'une plainte pour occupation illégale déposée par SNCF Réseau, l'entreprise propriétaire de la ligne désaffectée. Un ordre d'évacuation du bidonville a été prononcé le 30 septembre dernier par le Tribunal de grande instance (TGI) de Paris. Une évacuation qui a donc pris effet ce mercredi un peu après 7h15. Deux heures plus tard, l'endroit était vidé de tous ses occupants, les forces de l'ordre restaient seules pour inspecter les baraques avant une future destruction.


Il est 6 heures du matin lorsque les premiers journalistes et militants associatifs entrent dans le bidonville. De nombreux habitants sont partis dans les heures précédentes. Ils redoutent une évacuation par les forces de l'ordre ce mercredi matin. Certains font part de leurs inquiétudes, ils ne savent pas où aller après leur accueil temporaire prévu dans des hôtels. 

Le bidonville occupe une ancienne voie ferrée au niveau de la porte de Clignancourt, il est composé d'une soixantaine de baraques, chauffées avec des cheminées de fortune. Les conditions de sécurité et la situation sanitaire ont motivé l'intervention des forces de l'ordre. 

Un peu après 7h00, des CRS arrivés en nombre avec des membres de la préfecture d'Île-de-France descendent par un escalier en fer et demandent aux habitants de quitter les lieux. 

Les gendarmes inspectent les lieux, alors que les familles qui sont restées avancent le long du chemin de fer pour être enregistrées par les autorités qui prennent en note les identités, les demandes en termes de relogement, de bagages, etc. 

Des dizaines d'enfants habitaient ce bidonville. Certains habitants sont venus du bidonville du Samaritain, évacué l'été dernier au nord de Paris.

Une fois enregistrés, les habitants empruntent un escalier installé en amont de l'évacuation, pour remplacer une passerelle de fortune faite en bois. Des CRS aident les personnes à monter les marches. 

Une partie du boulevard Ney a été fermée à la circulation le temps de l'évacuation. Des bus attendent que les habitants du bidonville montent à bord, pour les rediriger ensuite vers des hôtels et des centres d'accueil de la région parisienne. 

Une enfant qui habitait dans le bidonville, à bord d'un bus qui doit l'emmener vers un hôtel ou un centre d'accueil. 

Une fois les habitants partis, des membres de la sécurité de la SNCF inspectent les baraques installées sur les chemins de fer. 

Un agent de sécurité découvre un chat caché dans l'une des baraques.


Toutes les photos sont d'Étienne Rouillon, suivez-le sur Twitter @rouillonetienne

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