Etats-Unis

Remise de peine pour Chelsea Manning

Le président Barack Obama a commué sa peine de 35 années de prison. Manning sera libre en mai 2017, après avoir passé sept années dans la prison de Fort Leavenworth.
18.1.17

Chelsea Manning, l'ancien analyste de l'armée condamné pour espionnage en 2010, va sortir de la prison de Fort Leavenworth en mai 2017 — soit 28 ans avant la fin de sa peine.

Le président Barack Obama a commué sa peine de 35 ans de prison ce mardi soir. Manning a déjà passé sept ans en prison pour avoir fait fuiter des milliers de documents à WikiLeaks, notamment une vidéo de frappes aériennes américaines en Irak qui avaient fait une dizaine de morts, dont deux Irakiens qui travaillaient pour l'agence de presse Reuters. La vidéo, renommée « Meurtre collatéral » par WikiLeaks avait relancé le débat sur la conduite de l'armée américaine en Irak. Beaucoup se demandaient si ces frappes aériennes ne représentaient pas un crime de guerre.

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En plus de Manning, 208 autres individus ont vu leur peine commuée ce mardi par Barack Obama.

« Cette décision pourrait tout bonnement sauver la vie de Chelsea. Nous sommes tous soulagés de savoir que Chelsea Manning va sortir de prison, décidée à faire du monde un endroit meilleur et à se battre pour la justice, » a dit Chase Strangio, l'avocat de Manning qui travaille avec le LGBT Project de l'American Civil Liberties Union.

Ces dernières années, Manning a notamment fait parler d'elle quant aux difficultés d'être une femme transgenre en prison. Son docteur, après avoir diagnostiqué chez Manning un trouble de l'identité de genre en 2013, avait recommandé un traitement hormonal et qu'elle se laisse pousser les cheveux. Son docteur a ensuite recommandé une opération de changement de sexe en avril 2016, que l'armée a accepté de payer en septembre.

La semaine dernière, la rumeur d'une possible remise de peine commençait à faire son chemin. NBC citait une source au sein du Département de la justice qui indiquait que Manning était sur la « shortlist » d'Obama.

Dans un communiqué accompagnant sa demande de grâce, Manning disait qu'elle endossait « l'entière responsabilité » de ses actions. « Je n'ai jamais demandé pardon pour ce que j'ai fait, » écrivait Manning. « Ce que je sais c'est que je suis une personne bien différente qu'en 2010. Je ne suis pas Bradley Manning [son nom avant son changement de sexe]. Je ne l'ai jamais été. Je suis Chelsea Manning, une femme transgenre fière et qui demande une première chance dans cette vie. »

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Manning a essayé de se suicider l'été dernier, à cause, selon elle, du refus de l'armée d'accepter qu'elle soit traitée pour son trouble de l'identité de genre. Elle a été placée deux fois à l'isolement.

La semaine dernière, WikiLeaks a annoncé sur Twitter que son fondateur, Julian Assange, accepterait d'être extradé vers les États-Unis pour y être jugé, si Obama graciait Manning. Edward Snowden a proposé une offre semblable. Le porte-parole de la Maison blanche, Josh Earnest, avait évoqué l'offre de Snowden ce mardi — avant l'annonce de remise de peine. Earnest avait déclaré que la possible libération de Manning n'avait rien à voir avec le cas de Snowden.

Certains membres importants du parti républicain ont publié divers communiqués pour critiquer la décision d'Obama.

.— John McCain (@SenJohnMcCain)January 17, 2017

La commutation de peine accordée par le président à #ChelseaManning est une grave erreur qui va encourager d'autres actes d'espionnage.

De son côté, la Maison blanche a publié un communiqué concernant les commutations de ce mardi. « La grâce est un remède extraordinaire, accordée uniquement par le président quand il estime qu'une personne est prête à faire usage de sa deuxième chance. »


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