Crime

En Photos : La colère des miliciens de l'Oregon

La milice qui occupe un refuge fédéral dans l'Oregon depuis plus d'une semaine est prête pour la bataille. Mais il y a juste un petit problème : il n'y a personne à combattre.
11 janvier 2016, 12:20pm
Photo de Ryan Nethery/VICE News

Depuis désormais plus d'une semaine, les membres d'une milice opposée au gouvernement américain occupent le Malheur National Wildlife Refuge, installé au fin fond de l'Oregon. Ce samedi marquait le septième jour de la prise de contrôle du refuge qui était déserté (parce que fermé pour l'hiver) par une poignée d'hommes armés. Par leur action, ils comptent dénoncer ce qu'ils estiment être un abus du pouvoir du gouvernement fédéral.

Menés par un éleveur du Nevada, Ammon Bundy et son frère Ryan, les occupants ont lancé ce que les médias américains ont rapidement surnommé « the Oregon standoff » (soit « le face-à-face de l'Oregon »). Mais sur ces terres gelées par le froid, les miliciens n'affrontent pas grand monde. En réalité, il n'y a personne, à part eux.

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Le gouvernement fédéral est propriétaire de ce terrain. Il sert de refuge pour les oiseaux migratoires. Mais le gouvernement garde ses distances, tout comme les forces de l'ordre locales, menées par le shérif du Comté d'Harney, David Ward, qui traite l'affaire avec autant d'agilité que possible.

La ville de Burns, la capitale du comté, se situe à près d'une heure de voiture du refuge. Il faut emprunter une route glacée qui est la plupart du temps totalement vide. Les autorités se sont faites discrètes au refuge de Malheur. Quand le shérif a rencontré Ammon Bundy jeudi dernier pour essayer de négocier la fin de l'occupation du refuge, il l'a retrouvé sur un terrain neutre désert à mi-chemin entre Burns et Malheur. Dans le comté d'Harney, ce n'est pas bien compliqué de trouver un lieu de rencontre calme : il s'agit du 10e plus grand comté des États-Unis, mais seulement 7 700 personnes y habitent. Dans Harney, il y a 14 bestiaux pour un humain.

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Les seuls à se geler à Malheur — à part les miliciens — ce sont les médias. Les occupants tiennent des conférences de presse régulières, auxquelles assistent des médias locaux, nationaux et même internationaux, dont VICE News. Les reporters viennent sur place pour voir les frères Bundy s'exprimer puis retournent à leurs hôtels. Ammon et Ryan ne disent pas combien d'hommes sont stationnés dans la dizaine de bâtiments posés à l'entrée du refuge de 500 kilomètres carrés.

Les soutiens locaux des miliciens viennent parfois leur apporter de la nourriture. Un homme est de garde, avec une arme en bandoulière, devant le bâtiment administratif qui fait office de centre de commandement aux frères Bundy. Alors que cela fait plus d'une semaine qu'ils sont là, personne n'a vu un agent fédéral — ou une personne que les miliciens devraient affronter. À part les occupants, quelques soutiens, et les oiseaux, le refuge est vide.

L'entrée du refuge de Malheur depuis une tour de contrôle. (Photo de Ryan Nethery / VICE News) 

Darryl Thorn surveille les alentours depuis la tour de contrôle. Il explique avoir conduit depuis Bremerton dans l'État du Washington pour soutenir les Bundy. « Notre job, c'est de surveiller, tu vois, de jeter un coup d'oeil pour s'assurer que personne ne traîne dans les alentours. » Sa veste trahit son appartenance aux « Trois Pour Cent », une milice antigouvernementale qui doit son nom à la croyance selon laquelle seulement trois pour cent des colons Américains auraient combattu et gagné la guerre d'indépendance des États-Unis. (Photo de Ryan Nethery / VICE News) 

Ammon Bundy, avec le chapeau de cow-boy noir, tient une conférence de presse. (Photo de Ryan Nethery / VICE News)

Duane Ehmer, qui vient d'un comté voisin, explique qu'il a mis son cheval dans une remorque et a conduit jusqu'à Malheur pour soutenir les occupants. « Ces gens sont comme nous, » dit-il. « Ce ne sont pas que des fous qui agitent leurs flingues. » (Photo d'Andrew Glazer / VICE News) 

Le paysage typique de l'est de l'Oregon. Sur la route vers le refuge de Malheur. (Photo d'Andrew Glazer / VICE News) 

Un enfant interviewe Ryan Bundy pour le journal de son école. (Photo d'Andrew Glazer / VICE News)

Le shérif David Ward s'exprime lors d'une assemblée publique du comté d'Harney mercredi dernier. « Je suis ici aujourd'hui pour demander à ces gens de rentrer chez eux et de nous rendre nos vies, » disait-il. « Personne n'a encore été blessé, certains bâtiments ont été saisis. Est-ce que ces bâtiments méritent qu'on s'entre-tue ? Je dis Non ! ». (Photo de Ryan Nethery / VICE News) 

Des habitants du comté d'Harney lors de l'assemblée publique. (Photo de Lewis Rapkin / VICE News) 

Lewis Arthur (à droite) est le fondateur des Veterans on Patrol (Les Vétérans en Patrouille), une milice de l'Arizona. Arthur et ses collègues vétérans ne soutiennent pas la tactique employée par les frères Bundy, alors ils sont allés voir la milice mercredi dernier. Arthur explique avoir demandé à pénétrer dans le refuge pour aller sortir une amie, une femme originaire d'Arizona, qui aurait été « radicalisé » par les occupants selon Arthur. Toujours d'après le boss de la milice de vétérans, les Bundy lui auraient refusé l'entrée. Quand Arthur et ses amis ont contourné un checkpoint et se sont dirigés vers un bâtiment occupé, ils ont été attaqués par un milicien. L'ami d'Arthur, Jeff « J-Dog » Kagan (à gauche) dit qu'il a dû être soigné après l'altercation. (Photo d'Andrew Glazer / VICE News) 

Des occupants du refuge se réchauffent près d'un feu. (Photo de Lewis Rapkin / VICE News) 

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