La fille qui voulait tester tous les Hard Rock Cafes

De Cracovie à Bangkok : ce que j'ai appris de la vie en allant manger dans plus de 16 restaurants de la chaîne à travers le monde.
16 avril 2018, 12:45pm

Je me suis promis de goûter à tout au moins une fois : les scorpions rôtis des marchands ambulants de Bangkok, les pâtisseries fraîchement et cuites vendues à l'arrière des bicyclettes au Sri Lanka, les calamars vivants, tranchés en sashimi et noyés dans de la sauce soja dans les marchés aux poissons japonais.

Mais si vous pensez que j'évite les chaînes de restauration au profit d’une expérience culinaire plus « authentique », vous vous mettez le doigt dans l’œil. J'ai mangé dans 16 Hard Rock Cafés différents à travers le monde et je les ai presque tous appréciés.

Mon histoire d'amour avec la chaîne de restauration sur le thème du rock and roll – connue pour ses hamburgers, ses t-shirts à collectionner et ses présentoirs de souvenirs musicaux – a commencé en 2013, à Cracovie, lors d’un voyage en famille à l’occasion de mes 23 ans. On venait d’arriver à l’hôtel quand ma mère a proposé : « Et si on allait au Hard Rock Café ? »

Bien évidemment, j'étais sceptique. « Super idée, maman. Allons manger de la bouffe américaine alors qu’on est en Pologne. Super. »

Dans le Hard Rock Cafe de Cracovie, toutes les photos sont de l'auteur.

On s’est dirigés vers la célèbre place du marché, sans un regard pour les pierogi et autres bortschs servis dans les restaurants locaux, jusqu’à atterrir devant le Hard Rock Café, situé juste à côté de la basilique Sainte-Marie. J'étais encore sceptique, mais les serveurs se sont montrés incroyablement sympas. Ils avaient tous une flopée de pin’s à collectionner autour du cou. On a commandé nos burgers et écouté du David Bowie. À la fin de la soirée, je suis repartie avec un t-shirt souvenir.

Ma deuxième expérience dans un Hard Rock Café a eu lieu l'année suivante, alors que je faisais de la randonnée en Asie du Sud-Est. Je me nourrissais principalement de nouilles et de gâteaux au citron. Une fois à Bangkok, j’ai ressenti le besoin pressant de manger des plats de chez moi. Les amis avec qui je voyageais ont proposé d'aller au Hard Rock Café de Siam Square. Soudainement, mon envie d’onion rings est devenue irrépressible et c’est comme ça que je me suis retrouvée à manger un cheeseburger en écoutant du rock dans un autre pays – un des meilleurs moments de ma vie.

L'auteur, au centre, et deux amis au Hard Rock Cafe de Bangkok.

Tout comme à Cracovie, j'ai été hallucinée par la gentillesse des serveurs. Ils avaient vraiment l’air d’aimer leur travail et l'interaction avec les clients. Mes potes ont pensé qu’il serait marrant de leur faire croire que c'était mon anniversaire (le baril de bière qu'ils ont commandé et consommé aussitôt y était peut-être pour quelque chose). Ils ont tamisé la lumière et m’ont apporté un cheesecake surmonté de cierges magiques. Tout le restaurant a chanté « Happy Birthday ».

Ces premières expériences – et mon côté un peu obsessionnel – m’ont poussée à tester 16 Hard Rock Cafés au total. J'ai compté. Quand je me rends dans une nouvelle ville, par exemple, je me renseigne à l’avance pour savoir s’il y a un Hard Rock Café. Parmi les faits marquants de mon épopée, on peut citer ma rencontre avec la charmante Delia, 70 ans, au Hard Rock Café de Londres. Elle travaille dans la chaîne depuis les années 1980 et a une connaissance incomparable des sauces proposées à la carte. Il y a aussi le Hard Rock de Las Vegas, où j'ai épongé ma gueule de bois avec un hamburger saignant. Et aussi le Hard Rock Café de Budapest, où j'ai utilisé le Wi-Fi gratuit pour tenter d'acheter des billets pour Glastonbury. (J'ai échoué, mais le Wi-Fi gratuit, ça fait toujours plaisir.)

Après avoir mangé dans autant de Hard Rock Cafés, je connais le menu sur le bout des doigts. En général, je commande le Fiesta Burger, avec une tonne de guacamole, mais chaque ville propose également un « Local Legendary Burger », qui s’inspire de la cuisine locale. À New York c’est le « hamburger pizza » et, à Dublin, le burger est surmonté d'un œuf frit. (Je crois que je préfère le Fiesta Burger.)

En revanche, tous les Hard Rock Cafés n'ont pas répondu à mes attentes. Par exemple, je ne recommande pas celui de Niagara Falls. L’ambiance était cafarde, le service laissait à désirer et il y a eu une erreur sur ma commande. Mais ce n’est qu’une exception.

Bien sûr, le Hard Rock Café, ce n'est pas qu’une question de burgers. On y va aussi pour les guitares dédicacées et les vêtements de musiciens célèbres. Parmi mes bibelots préférés, il y a le synthé de Depeche Mode et un soutien-gorge rouge qui a autrefois appartenu à Annie Lennox. Ce que j’aime le plus au Hard Rock Café, c’est la possibilité de rencontrer des serveurs et des clients venus du monde entier. Je me souviens d'avoir été dans le restaurant de Berlin et d'avoir eu une longue conversation avec Rachel, une backpackeuse londonienne qui a trouvé l’amour à Berlin et n'a jamais quitté Alexanderplatz depuis.

Ce qui a commencé comme une simple curiosité a donc viré à l’obsession. Il existe des Hard Rock Cafés dans 61 pays à travers le monde et je compte bien tous les essayer. Je pars en Écosse en mai prochain et je vais passer quelques jours à Glasgow. Là-bas, j’irai manger dans mon 17e Hard Rock Café. J'espère juste que le « Local Legendary Burger » ne sera pas servi dans l'estomac d’un mouton.