Culture

Artgang, un espace créatif qui mise sur la diversité

Rencontre avec la gang qui doit repeindre les murs après ses évènements.
6.4.17
http://artgangmontreal.com/

Artgang, c'est une équipe de cinq partenaires qui depuis sa création en 2015 travaillent à devenir une plaque tournante de production artistique au travers de leurs différentes déclinaisons : une salle d'événements, une galerie d'art, deux boutiques, des soirées officielles mensuelles, un festival d'art urbain, et plus encore.

Le groupe impose déjà ses couleurs sur la scène culturelle locale montréalaise comme espace rassembleur. Parmi leurs collaborateurs actuels, on retrouve Artbeat Montréal, qui a popularisé plusieurs beatmakers de la métropole et a accueilli de nombreux producteurs comme High Klassified, Kaytranada ou encore KNLO. Ils tiennent des événements avec Artgang de deux à trois fois par mois. Le groupe se définit comme « un pôle artistique qui stimule les collaborations au travers d'expériences uniques », explique Malick Touré, un des partenaires du projet. On est allés le rencontrer dans leur quartier général de la rue Saint-Hubert. Malick décrit son équipe comme un Transformer. Tout le monde a son rôle différent, sa force, et mis ensemble ils deviennent un tout cohérent et puissant. Malick est responsable de la programmation événementielle, de la promotion et du booking au Artgang.

La petite histoire d'Artgang

Louis-Charles Houle et son fils Louis-Vincent ont acheté l'édifice de l'ancien Rona de la Plaza Saint-Hubert à la fin de 2014. Ils se sont associés avec les gars de la boutique de streetwear FAKE sur la rue Rachel, Alexis Masella et Louis-Nicholas Coupal. Les boutiques actuelles d'Artgang, l'ancienne FAKE (maintenant sur Saint-Laurent) et celle dans leur QG tiennent leur propre griffe maison, Fake Clothing, ainsi que d'autres marques locales et internationales. Dès la création de FAKE en 2011, la marque « Pop-agande du Fake Brand Clothing a attiré l'attention par ses designs irrévérencieux et ludiques », rapporte Masella.

Au départ, Artgang envisageait d'ouvrir une boutique-espace galerie, mais, pour que le projet soit viable, ils ont aussi créé des espaces locatifs dans l'immeuble de la Plaza. Ces locaux sont maintenant principalement occupés par des gens qui gravitent dans le domaine artistique.

Publicité

Malick s'est joint à l'équipe quelques mois plus tard, quand Coupal l'a approché pour faire la promo. « Pis j'ai dit non, je veux être partner, je ne voulais pas être juste le promoteur de service », dit-il en riant. Il a eu un coup de cœur quand il a vu la salle la première fois : « Wow, on peut tellement faire plein de gros projets, plein d'événements. »

Malick vient du milieu des bars, son père était propriétaire du défunt Keur Samba sur l'avenue du Parc, il a travaillé dans une multitude de bars, il est DJ depuis des années. Il s'était toujours promis de ne pas devenir propriétaire de bar, mais, quand il a vu la salle du Artgang, c'était next level.

« Quand j'ai vu cette salle, je me suis dit "ouin, y a de quoi à faire". Avec tous les shows que j'avais organisés par le passé, je savais que c'était l'endroit idéal, qu'il y avait manière de créer un genre de mouvement. En plus, la Plaza, tu regardes ça, c'est quand même ghetts. »

L'idée de créer un espace pluridisciplinaire avec un collectif d'artistes qui tourne autour s'est rapidement imposée.

Une programmation diversifiée

Pour monter une programmation stimulante, Artgang mise sur une clientèle culturelle et artistique diversifiée : des producteurs indépendants, des artistes, des labels. « Mais, quand je parle de diversifier la programmation, c'est pas juste des événements DJ ou spectacles, mais aussi des lancements de film, des conférences, je veux un aspect un peu plus humain, des expos et la bouffe aussi », explique Malick.

Par exemple, il a l'idée de créer un événement pour « démocratiser » la bouffe. Ce qui est intriguant, mais il ne veut pas nous en dire plus pour l'instant, sinon qu'il s'agira d'un concept original pour faire connaître le monde et la diversité par l'entremise de ce qui se fait ici.

Publicité

Il veut que sa programmation reflète son ouverture d'esprit. Pour lui, la culture ne s'arrête pas à la musique ou à l'art visuel, c'est un peu de tout. En plus de ses collaborateurs réguliers de longue date, Artgang essaie de bâtir des liens avec la relève, avec des artistes up and coming.

En août dernier, Artgang a tenu la première édition du festival Plaza Walls, Les murs de la Plaza, un projet d'art public où plusieurs artistes sont venus s'exprimer sur les murs de la Plaza Saint-Hubert. L'objectif était de faire rayonner le développement culturel du quartier par l'art mural. Une deuxième édition est prévue cet été.

Qualité de Luxe

Qualité de Luxe est l'événement mensuel d'Artgang qui caractérise bien la dynamique de diversité que l'entité veut promouvoir. C'est une soirée avec un crew de trois DJ : Poirier, Kyou et Mr. Touré (Malick), qui attire environ 400 personnes qui viennent danser et se déchaîner.

Tellement que la gang doit repeindre les murs le lendemain.

« Quand je dis danser, c'est vraiment se lâcher lousse. On joue de la musique afro-caribéenne : afrobeats, dancehall et soca principalement », dit Malick. C'est une soirée unique à Montréal où le crowd de danseurs reflète l'éclectisme montréalais : « Tu te sens bien quand tu viens, tu te sens pas dans un spot où tu n'es pas à ta place. On est contents, au début il y avait 20, 30 personnes et maintenant il y a 400 personnes à tous les mois. »

Les gars vont tenir une soirée similaire à Toronto le 15 avril prochain et ils aimeraient bien s'envoler pour l'Europe avec leur événement. À peu près au même moment, on devrait en apprendre plus sur leur programmation à long terme, une version bonifiée de celle déjà en place.

Et le lancement officiel, le vrai, se fera en mai prochain.

Photo: @partywithsylvain

Il fait chaud au Artgang durant les soirées Qualité de Luxe. Photo: VICE