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Les 19 prestations d'Henry Rollins au cinéma, dans l'ordre

De « Heat » à « Lost Highway » en passant par « Bad Boys 2 » et « À Toute Allure », toutes les apparitions au cinéma d'Henry Rollins, de la moins bonne à la meilleure.

par Dan Ozzi
27 Mars 2017, 7:44am


Outre sa production musicale, ses performances de spoken word, ses nombreux ouvrages et ses témoignages dans absolument tous les documentaires sur le rock jamais réalisés, Henry Rollins a également accumulé, au cours de ces 25 dernières années, un certain nombre de rôles à la télévision et au cinéma qui font qu'il est aujourd'hui reconnu par la plupart des gens comme « le mec qui joue dans ce truc, là ». Pour le spectateur moyen, il est ce gros dur aux cheveux poivre et sel et à l'air vaguement familier qui fait jouer les muscles de ses avants-bras dans des rôles tels que Flic #2, Genre de Flic #2, ou Agent de Sécu Anciennement Flic #2. Mais pour les fans de Black Flag ou du Rollins Band, c'est toujours une bonne surprise de tomber par hasard sur ce bon vieux Hank en matant un film sans intérêt, dans lequel il a de très fortes chances de finir en hachis parmentier avant le générique de fin.

Rollins ne se prend pas vraiment la tête sur sa carrière d'acteur - pas plus que dans le choix des rôles qu'il incarne. « Je ne suis pas acteur », a-t-il déclaré un jour en parlant de sa carrière. « On aurait pu penser qu'Hollywood s'en serait rendu compte. » Sa manière à la fois très appliquée et complètement décontractée d'aborder le métier d'acteur est tellement rafraîchissante qu'elle lui a valu l'admiration sans bornes d'une frange de la génération X - toute distraction capable de l'empêcher de monter une troisième reformation de Black Flag étant, par principe, la bienvenue.

Afin de vous éviter d'avoir à le faire vous-mêmes, nous avons passé 5 jours à visionner l'intégralité de la filmographie d'Henry Rollins pour en tirer la substantifique moelle. Voici, mesdames et messieurs, toutes les apparitions au cinéma d'Henry Rollins rangées dans l'ordre, de la moins bonne à la meilleure.

Les règles du classement :

  • Films seulement. Pas d'apparitions télé. (Nos excuses aux fans de Sons of Anarchy.)
  • Pas de doublages ou de voix-off
  • Pas d'apparitions dans son propre rôle
  • Le classement obéit à un certain nombre de facteurs : combien de temps à l'écran lui est-il concédé, est-ce qu'il est bien adapté à son rôle, est-ce que le film est bon, est-ce que les muscles de son cou sont bien saillants, etc.

Ah, et, attention : il y a des spoilers.


19. La Loi des armes (2001)

Rôle : Mec assis dans une voiture

Scenes of the Crime (en VO) c'est, en gros, Drive s'il avait été produit par le studio qui fait tous les films qui passent l'aprèm sur M6, et si tous les acteurs s'étaient fait coiffer chez Apéri'Tifs, à Savigny-sur-Orge. Rollins n'apparaît qu'un quart de seconde à l'écran, et on n'arrive pas vraiment à déterminer si son personnage a une autre vocation que rester assis dans une bagnole à monter la garde. Une grosse déception, même si, pour être honnête, il aurait pu jouer absolument tous les personnages du film sans pour autant réussir à le sauver.


18. Le Nouveau (2002)

Rôle : Gardien de prison

Deux ans après s'être fait un nom en incarnant le loser maigrichon de la fac dans Road Trip, DJ Qualls remet ça en jouant le loser maigrichon du lycée dans The New Guy. Comme la plupart des lycéens, Qualls va chercher des conseils en coolitude auprès d'un détenu de la prison du coin, dans laquelle Rollins joue un gardien. De nombreux autres musiciens font des apparitions foireuses dans le film, comme Vanilla Ice, Gene Simmons et Tommy Lee – lesquelles finissent par former une seule et grande private joke, destinée aux geeks de la musique, qui fait à peu près l'effet d'un gros pet à un enterrement.


17. Kiss Napoleon Goodbye (1990)

Personnage : Jackson

Il s'agit d'un film indépendant de 1990 dans lequel jouent Rollins et Lydia Lunch. Il y a une scène de sexe. De rien/pardon.


16. Suck (2009)

Rôle : Rockin' Roger, DJ à la radio

En quelques mots : Suck est nul à chier. Le film parle d'un groupe de bar sans avenir dont les membres finissent par se transformer en vampires. Ça peut sembler un poil tiré par les cheveux, mais sucer du sang me semble honnêtement être une stratégie promotionnelle plus intéressante et excitante que d'enchaîner les showcases à SXSW. Un tas d'autres musiciens célèbres semblent, eux aussi, être tombés dans le piège et jouent un petit rôle dans le film ; malheureusement, c'est Rollins qu'on voit le moins. Alice Cooper joue un proprio de bar flippant et donne sa meilleure performance depuis la fois où il a expliqué à Wayne et Garth la signification du nom Milwaukee. Iggy Pop joue un producteur qui se fait trancher la gorge. Même Moby trouve l'occasion de se moquer de son véganisme en jouant un mec vénère du nom de Beef qui chante dans un groupe de metal obsédé par la viande. Mais notre pauvre Hank n'a droit qu'à une petite scène dans la peau d'un DJ radio railleur et grande gueule. Un rôle cathartique à n'en pas douter pour Rollins, qui a enfin pu prendre l'exacte revanche de toutes ces infernales interviews infligées depuis tant d'années aux heures de grande écoute. Mais bon, tous les journalistes ne peuvent pas être Nardwuar.


15. Feast (2005)

Rôle : Coach, spécialiste en développement personnel

Dans Feast, le personnage de Rollins est décrit comme un « Tony Robbins du pauvre ». Il fait partie d'une poignée de gens (parmi lesquels Judah Friedlander de 30 Rock) contraints d'affronter une nuée de démons en chaleur s'enfilant activement dans le but d'engendrer encore plus de démons. Rollins n'intervient pas beaucoup dans ce film, à part pour se faire arracher le pantalon pour une sombre raison, et finit par trouver la mort écrabouillé par les démons fornicateurs sus-mentionnés. Et si on met de côté le potentiel comique de deux acteurs en mauvais costumes de démons en train de se la mettre par derrière, ce film ne vaut franchement pas tripette, même avec Rollins en caleçon.


14. Desperate But Not Serious (2000)

Rôle : Barman

Le jour viendra où l'Académie se sortira enfin les doigts du cul et décernera un prix pour les rôles en T-shirts sans-manches. Et ce jour-là, on donnera tous les Oscars du monde à Rollins pour sa performance en tant que barman criminel (et en T-shirt sans-manches, donc), dans cette comédie dénonçant la superficialité qui règne à Los Angeles, et qui ressemble à un genre de croisement entre un Romy et Michelle, 10 ans après de seconde zone et un Clueless de quatrième zone. Et, ah oui, il y a aussi Joey Lawrence.


13. Lies & Alibis (2006)

Rôle : Putty, homme de main

On pourrait écrire des pages sur cette image d'Henry Rollins portant une chemise à manches courtes et une cravate. On dirait Dilbert qui aurait fait de la muscu. Dans ce film, qui parle d'une société couvrant les infidélités de personnes mariées, il assure le rôle d'un homme de main. Son personnage s'appelle Putty, et on se demande vraiment s'il n'avait pas été initialement prévu pour le mec de Seinfeld, celui qui joue Newman. Maintenant que j'y pense... Est-ce qu'on les a déjà vus ensemble, ces deux-là ?


12. Heat (1995)

Rôle : Hugh Benny, homme de main

Quand on aborde les grands noms du cinéma hollywoodien des années 90, il est impossible de faire l'impasse sur le Big Three : Pacino, DeNiro, Rollins. Ces titans du cinéma sont tous les trois à l'affiche de ce thriller policier mettant en scène des hommes très en colère lancés dans une gigantesque compétition pour savoir lequel pisse le plus loin et dont le signe distinctif est qu'il raccrochent les téléphones hyper agressivement. Ceci dit, Rollins devait déjà être engagé sur un autre tournage avec Scorcese au moment où on l'a appelé pour Heat, parce qu'il n'apparaît à l'écran que quelques secondes, avant que Al Pacino ne le chope par le visage et le balance à travers une baie vitrée.


11. Bad Boys II (2003)

Rôle : Chef des forces spéciales, Police de Miami

Bad Boys II joue un sale tour aux fans de Rollins : il apparaît un grand nombre durant la scène d'ouverture, dans la peau du leader d'une unité spéciale de la police de Miami. Tout laisse à croire qu'il s'agit d'un rôle typique Rollins, où il fronce les sourcils en arrière-plan, hyper stylé en paraboots, balançant occasionnellement une ligne de texte ou deux, avant d'inévitablement finir par mourir dans des circonstances affreuses au cours du troisième acte. Mais non. Rollins disparaît sans raison après les cinq premières minutes du film et ON NE LE REVOIT PAS UNE SEULE FOIS PENDANT LES DEUX HEURES ET DEMI QUI SUIVENT ! On ne lui accorde même pas la dignité de finir pulvérisé en essayant de couvrir Will Smith qui dézingue à tout va par la fenêtre de sa Porsche pendant que cette dernière effectue un 3.6 flip au-dessus d'une bagnole de dealer, en lâchant une punchline infernale. Va te faire foutre, Michael Bay ! (Bon, y'a de bonnes explosions, quand même.)


10. The Devil's Tomb (2009)

Rôle : Fulton, prêtre

The Devil's Tomb est un film dans lequel Cuba Gooding Jr. est à la tête d'une troupe de soldats dans laquelle officient la petite brute aux yeux jaunes de A Christmas Story, la détenue white trash qui se fait éclater la gueule dans Orange Is The New Black, et quelques autres acteurs au CV un peu moins prestigieux. Là où un groupe de militaires semi-célèbres pourrait constituer un environnement parfait pour un comédien de l'envergure de Rollins, celui-ci a étonnamment été choisi pour jouer un prêtre dans ce film. Le personnage de Rollins détient des informations précieuses sur un ange déchu qui terrorise les environs, et il est visiblement ébranlé et terrorisé par la situation. Malheureusement, toutes ces années passées à jouer des gros durs à cuire n'ont pas vraiment entraîné Rollins à transmettre des « émotions », et sa tentative d'exprimer la peur ressemble surtout à un mec qui retient une terrible envie de pisser. De temps à autres, Cuba essaie de lui soutirer des informations, mais Rollins se met à débiter un charabia apocalyptique à consonance biblique à toute vitesse, comme un gamin qui entre en courant dans la chambre de ses parents pour dénoncer son grand frère. Mais point bonus pour s'être aventuré hors de sa zone de confort.


9. Jack Frost (1998)

Rôle : Sid Gronic, coach de l'équipe locale de hockey

Jack Frost raconte l'histoire d'un père (joué par Michael Keaton) qui meurt dans un horrible accident de la route (oui, c'est une comédie familiale), et revient à la vie sous la forme d'un bonhomme de neige anthropomorphe par le biais d'un harmonica magique. Henry Rollins joue ici le rôle d'un coach de hockey hyper nerveux qui entraîne une équipe de pré-ados. Il y a une version « Merry Christmas, Baby » par Hanson dans la B.O. sortie en 1998. Drôle d'époque, mon pote.


8. Détour mortel 2 (2007)

Rôle : Dale Murphy, ancien des Marines devenu animateur télé

Le rôle de Rollins dans ce direct-to-DVD est presque trop parfait pour lui. Il y incarne un membre des Marines devenu animateur télé, soit un condensé de tout ce que représente Henry Rollins : un type à l'attitude ultra-militaire toujours prêt à jouer les présentateurs ou les interviewers contre un gros chèque. Si on apprenait, en plus, au cours du film que son personnage portait des mini-shorts et avait les cheveux longs à l'époque où il était chanteur dans un groupe, dans les années 80, eh bien il aurait plus ou moins joué son propre rôle. Rollins a droit à une petite scène de baston bien vénère, dans laquelle il se lance dans un corps-à-corps avec un bouseux cannibale, et réussi même à caler une punchline à la Schwarzy après en avoir dynamité un autre : « Tu salueras ta p'tite dame pour moi. » Bam !

Le personnage de Rollins devait très probablement se faire descendre dans la scène d'ouverture du film, mais il a du se pointer le premier jour du tournage, bien pimpé dans son treillis militaire, et le réalisateur l'a finalement laisser jouer à Rambo dans les bois pendant 90 minutes. En fin de compte, Détour Mortel 2 est un survival en forêt peu mémorable, qui n'aurait pas valu un clou sans la présence de Rollins qui porte le film à bout de bras (musclés - d'ailleurs, si c'est votre truc, il y a aussi une scène où il apparaît torse-nu, et il est sacrément bien gaulé pour une icône punk de 46 ans).


7. Lost Highway (1997)

Rôle : Gardien de prison

David Lynch a été brillant dans le choix des inquiétants personnages secondaires du film : Richard Pryor (RIP), Robert Loggia (RIP), et Gary Busey (RIP ? On peut se poser la question). C'est tout naturellement que Rollins décroche un petit rôle de gardien de prison. Hank a quelques lignes de texte et croise beaucoup les bras, comme à son habitude. Dans les années 90, si vous aviez besoin d'un mec qui croise les bras dans un film, c'était à Henry Rollins qu'il fallait s'adresser. Personne ne croisait les bras comme Rollins. Personne.


6. The Last Heist (2016)

Rôle : Bernard, extrémiste religieux

Rollins incarne un religieux timbré nourrissant une obsession pour les yeux, il rôde dans les couloirs d'une banque en arrachant les yeux de tous ceux qu'il croise, tout ça au beau milieu d'un braquage monstre. Il est important de noter que ce film a une note de 0 % sur Rotten Tomatoes. Zéro. Il n'y a pas un seul critique qui ait été remué par la vue de Rollins en cache-poussière noir, couvert de sang et arrachant les yeux des gens. Tant pis pour eux.


5. Morgan's Ferry (2001)

Rôle : Monroe, détenu en fuite

Allons droit au but : Morgan's Ferry est le film dans lequel vous verrez Henry Rollin à poil. Vite fait, OK. Il y a une scène où lui, Billy Zane et le mec de Big Bang Theory se lavent dans des baignoires, en plein air, et Rollins se met debout, complètement à poil. Et même s'il est revenu sur cette scène dans une de ses émissions, où il raconte qu'il lui a fallu près de 2 heures pour réussir la prise, il y a peu, voir pas de zob à signaler (à moins que vous ayez vraiment envie de chercher). Une belle vue de son cul mouillé, ceci dit ! Ni Zane, ni le mec de Big Bang Theory n'ont eu à se mettre à poil à l'écran, au cas où vous espériez apercevoir un bout de quéquette.

Si l'on excepte cette scène, Morgan's Ferry est l'un des seuls films de la carrière de Rollins où il est réellement considéré comme un acteur. Son personnage de bagnard en fuite est l'un des personnages principaux, et il se lance même dans une ébauche d'accent du Sud – avec des résultats mitigés. Rollins se fend d'une performance solide et crédible, si on passe sur le fait que le film se déroule dans les années 50 et qu'il arbore un gros tattoo Misfits. Bon après, vous ne perdrez pas grand chose si vous arrêtez le visionnage après la mort de Rollins, hein - ce n'est pas un chef d'oeuvre non plus, loin de là.


4. Johnny Mnemonic (1995)

Rôle : Spider, méca-chirurgien

Johnny Mnemonic incarne la vision qu'on se faisait du futur digital en 1995, dans lequel des mots comme « téléchargement » et « gigabytes » font office de monnaie sociale, et où tout le monde essaie de prendre son pied dans les rades du cyberespace. Et dans cet environnement digital dystopique, les scientifiques ont la gueule d'Henry Rollins. Pour être plus précis, Rollins un « méca-chirurgien », un docteur alternatif aux lunettes à montures épaisses, qui tape frénétiquement sur le clavier des ordinateurs qu'il a construit lui-même dans son laboratoire souterrain de fortune, et met le spectateur K.O en dissertant sur le thème du danger de l'overdose de technologie. Tout au long de sa carrière d'acteur, Rollins aura été victime de nombreuses morts brutales, mais une seule le verra se faire mettre en pièce par Dolph Lundgren – à dire vrai, le plus grand honneur possible qu'on puisse faire à un acteur, en tout cas, plus grand qu'un Prix du Public. Ce qui est également génial quand on partage l'affiche d'un film avec Keanu Reeves, c'est que personne ne porte la moindre attention à la raideur de votre jeu. Aux côtés de Keanu qui fait son numéro de computer boy pré-Matrix, Hank réussi donc à avoir l'air d'un vrai Marlon Brando. Ah, et puis il y a Ice-T, aussi. Ne me demandez pas pourquoi.


3. In the House of Flies (2012)

Rôle : La Voix / le kidnappeur

Ici, Rollins joue le rôle d'un homme qui séquestre un couple dans un bunker en béton, et jusqu'à la fin du film, il ne sera qu'une voix menaçante au téléphone ; son visage n'apparaît jamais vraiment à l'écran. Il prive ses victimes d'eau et de nourriture, mais s'arrête cependant juste avant de leur infliger la torture ultime : leur faire écouter de force Loose Nut de Black Flag. Même si ce rôle pourrait littéralement paraître un peu téléphoné pour Hank, il se fend ici d'une performance qui fait vraiment froid dans le dos. Si vous l'avez déjà entendu lire d'une voix monocorde les passages de Get In The Van – ses carnets de route de l'époque Black Flag – vous savez qu'il n'a pas trop à se forcer pour jouer le sociopathe. Rollins prouve ici qu'il peut être terrifiant sans faire gonfler les veines de son cou.


2. He Never Died (2015)

Rôle : Jack, cannibale immortel

Après 20 ans à meubler le décor ou à donner l'impression qu'il a été recruté en dernière minute dans l'équipe des cascadeurs, Rollins décroche enfin son premier rôle en 2015, dans He Never Died. Il y joue un sociopathe immortel (une fois de plus, rien de bien compliqué pour lui) dont le train-train quotidien se résume à boire du sang à la paille dans des petits sacs, jusqu'au jour où sa fille, dont il a été séparé, fait irruption dans sa vie. En plus des scènes d'action et de gore, que Rollins exécute dans les règles de l'art, comme lorsqu'il écrase la bite d'un mec à mains nues et lape une flaque de sang à même le sol, le film lui permet également de faire un peu d'humour. On le voit par exemple jouer au Bingo, ou énumérer pendant une minute entière tous les jobs qu'il a eu depuis l'Âge des Ténèbres (il n'est toutefois pas fait mention de l'époque où il bossait chez Häagen-Dazs avec Ian Mackaye). Et même si sa tentative d'exprimer la tristesse de l'âge, terrée derrière une paire de vieux yeux fatigués, n'a pas su lui attirer les faveurs du public comme ce fut le cas pour Mickey Rourke, dans une moindre mesure, on pouvait bel et bien voir ce rôle comme une récompense, pas seulement pour un acteur qui a passé plus de 20 ans à jouer avec application les hommes de main, mais aussi pour tous les punks qui ont choisi de suivre cette carrière étrange et sinueuse.


1. À toute allure (1994)

Rôle : Officier Dobbs, flic

Dans The Chase (À Toute Allure en VF), Rollins est au sommet de son art. On parle des années 90, une époque où ses cheveux gris étaient confinés dans une zone assez troublante à l'arrière de son crâne et où le dernier bouton de sa chemise se cramponnait de toutes ses forces pour ne pas être propulsé dans la stratosphère. Le film voit Rollins accepter enfin l'idée que, même s'il a passé des années à chanter sa haine viscérale des flics, il a vraiment une tête à bosser dans les forces de l'ordre. Il profite de sa tête sans cou et de son menton fendu pour incarner le stéréotype du gros flic beauf de la police de Los Angeles des 90's, dans le contexte post-passage à tabac de Rodney King : un flic chaud de la gâchette qui bande dès qu'il entend le mot « crime » et vit dans la peur de Dieu. Rollins ne fait pas grand chose de plus que conduire son véhicule de fonction de façon très agressive devant un fond vert et balancer quelques répliques basiques - répliques qui, selon la section « Trivia » d'IMDB, ont été largement improvisées par Rollins et Josh Mostel.

Avec le recul, il est facile de dire qu'un rôle de flic complètement ingérable convient à merveille à Rollins, mais en 1994, ça faisait le même effet que John F. Kennedy déclarant que l'Amérique se mettait en route pour la lune. À toute allure est le film qui a déterminé, à lui seul, la direction qu'allait prendre la carrière d'acteur d'Henry Rollins dans les années à venir, le préparant à une longue série de rôle de tough guys aux bras croisés. Et en vérité, Hollywood – que dis-je, le monde – s'en est trouvé grandi.


Dan Ozzi attend de pied ferme 
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