A Idomeni, le football aide à lutter contre le désespoir
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A Idomeni, le football aide à lutter contre le désespoir

Dans le camp d'Idomeni, à la frontière entre la Grèce et la Macédoine, le ballon permet aux réfugiés de s'évader quelques instants.
10 mars 2016, 3:00pm

Amid, Syrien, tape un ballon dans ma direction. Je lui renvoie la balle et il commence à l'envoyer entre les tentes de réfugiés du camp d'Idomeni, situé en Grèce, à deux pas de la frontière avec la Macédoine.

Il est immédiatement rejoint par d'autres gars et tous se réunissent sur un terrain aussi dur que du ciment à cause des milliers de pieds qui ont marché dessus. Ils prennent des pierres pour faire des cages et le match débute.

A Idomeni, durant les longues périodes d'attente, il y a toujours un ballon pour faire un match de foot. C'est un court instant de bonheur, pour tuer le temps, dans un contexte dramatique, entre les heurts avec la police, les pleurs des bébés dans les bras de leurs mamans et les interminables files d'attente pour manger.

J'ai alors commencé à prendre en photo les réfugiés jouant au foot, timidement au début, puis plus régulièrement par la suite. Cela n'a rien de romantique : ce sont juste quelques instants de lumière dans l'obscurité tenace qu'est leur quotidien.

Seul le football peut toucher la psychologie humaine avec tant de force. Ce jeu englobe un sentiment d'unité, et de compétition également : c'est un genre unique de pureté, de dévouement, de passion et, malheureusement, de corruption aussi. Ce n'est pas toujours le meilleur qui gagne.

En football, quand un joueur marque un but, il va enlacer ses coéquipiers. Dans les tribunes c'est pareil, même si le voisin est un inconnu. Aujourd'hui, dans un coin d'Idomeni, il y a des gens qui courent derrière un ballon : c'est l'histoire (improvisée) de l'Athletic Idomeni.

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