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9 photographes africains que vous devez absolument connaître

« New African Photography II » est un concentré du meilleur de la scène émergente contemporaine.

par Antwaun Sargent
12 Mai 2017, 4:52pm

William Ukoh, Flock, 2017. Images publiées avec l'aimable autorisation de Nataal, Red Hook Labs et des artistes.

Les artistes issus du continent africain ont depuis longtemps recours à la photographie pour rendre compte de leur quotidien. Dans les années 70, le Malien Malick Sidibé a ainsi immortalisé le tout Bamako dans son studio. Ses portraits de locaux en boubous traditionnels ou dans des tenues en vogue, racontent une génération joyeuse, moderne et festive. Une collection de ces clichés est exposée aux côtés de ceux de neuf photographes africains émergents — Girma Berta, Kadara Enyeasi, Cyndia Harvey, Nadine Ijewere, Mimi Cherono Ng'ok, Nobukho Nqaba, Wura-Natasha Ogunji, William Ukoh et Kyle Weeks — à la galerie Red Hooks Labs, à New York.

L'exposition qui en résulte, « New African Photography II » offre ainsi un aperçu des intérêts de la jeune garde sur le continent. Elle est curatée par la plateforme Nataal. Helen Jenning, de cette dernière, en explique la démarche : « Nous n'essayons pas de dicter un discours unique. Tous ces artistes s'expriment chacun à leur manière et ont leurs propres expériences. » Leur point commun : ils font tous partis d'une jeune génération qui se réapproprie son image au travers de récits personnels.

Girma Birta, Moving Shadows II, 2017

Les images de l'autodidacte éthiopienne Girma Birta capturent des scènes de vie dans la capitale, Addis Abeba, comme des peintures. En isolant les silhouettes dans un fond de couleur, elle concentre ainsi l'attention sur ses sujets — comme dans Moving Shadows II, où la mère et la fille ont ainsi valeur de figure universelle.

Kadara Enyeasi, Head (Human Encounters Series), 2014

Pour le Nigérian Kadara Enyeasi, dont on voit les autoportraits en noir et blanc de la série Human Encounters, il s'agit « d'utiliser le corps comme paysage », comme le rapporte Jennings. « Il utilise ces images pour comprendre la façon dont il se présente au monde. » Le thème de la représentation se retrouve aussi dans le travail de la Kényane Mimi Cherono Ng'ok. Ses instantanés sensibles d'individus, d'animaux ou de simples paysages de différents pays du continent semblent vouloir aller au-delà des stéréotypes en posant la question : à quoi ressemble l'Afrique dans ses moments de quiétude ?

Nadine Ijewere, Olasunkanmi Bumblebee Portrait, 2017

La mode n'est également pas en reste, notamment avec la photographe britannique Nadine Ijewere, qui a réalisé des portraits de mannequins dans le pays d'origine de sa grand-mère, le Nigéria. Prises dans les rues de Lagos, les photos montrent un mélange de culture occidentale et locale, tout en évoquant la question de la beauté et de l'appartenance.

Nadine Ijewere, Olasunkanmi Bumblebee Portrait, 2017

« La scène artistique africaine est en pleine explosion », souligne Jennings. « Nous nous intéressons aux jeunes artistes émergents, qu'on ne retrouve pas forcément dans les foires, pour leur offrir une visibilité. Nous estimons que ces artistes expriment quelque chose de nouveau, de frais et que ça mérite d'être vu. »

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