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À Calais, « les migrants ont un gobelet d’eau pour se laver »

Six mois après le démantèlement de la « Jungle », les bénévoles jouent au chat et à la souris avec la police, et ne parviennent à offrir qu’une aide rudimentaire.

par Pierre-Louis Caron
15 Mai 2017, 4:15am

Mercredi 10 mai, jour de marché à Calais. Il est un peu plus de 8 heures 30 et les étals sont presque tous installés. À quelques rues de là, place de Norvège, des bénévoles de l'association Salam font leur marché à eux. Cagettes de bananes, thermos de thé brûlant, sacs-poubelles où se mélangent pain et viennoiseries : les dons proviennent de commerces et de particuliers. Il suffit de quelques minutes pour répartir les denrées entre plusieurs véhicules. « Ces pains-là sont un peu secs », s'inquiète une bénévole. « Oui, mais ils les prendront quand même, avec le thé ça ira », la rassure Yolaine, coupe-vent sur le dos et dix ans d'aide aux migrants derrière elle.

Une pointe d'inquiétude subsiste dans les regards. La veille, Yolaine s'est retrouvée face à des CRS qui l'ont empêchée de distribuer sa nourriture. « Je leur ai dit que c'était illégal, que c'était des gamins derrière eux, mais ils n'ont rien voulu savoir », raconte-t-elle. En mars dernier, la mairie de Calais avait tenté d'interdire la distribution de nourriture aux migrants – un arrêté municipal finalement suspendu par la justice. « De toute façon, les gars sont là, on ne peut pas rester sans rien faire », s'indigne la bénévole. « Finalement, ils m'ont autorisé à leur donner de l'eau. Cinq litres pour 80 personnes, non mais vous imaginez ? »

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