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LE NUMÉRO PRÉFÉRÉ DES OUGANDAIS

Des nouvelles d'un peu partout

Des moines roumains pensent que leur assurance santé est hantée par le diable, tandis qu'une émission gay truste les ondes de la radio brésilienne.
04 mai 2015, 5:00am

LES MOINES ROUMAINS PENSENT QUE LEUR ASSURANCE SANTÉ EST HANTÉE PAR LE DIABLE

Illustration : Ole Tillmann

La Roumanie a introduit un système d'assurance maladie fonctionnant avec une carte numérique. Cette mesure a offusqué les fondamentalistes chrétiens qui, en refusant d'utiliser la carte, se privent d'une assurance qu'ils paient.

Le monastère Gai, dans le nord-ouest du pays, fut le premier à s'opposer au programme. Contactée par téléphone, une nonne qui a refusé de donner son nom explique que « personne ne nous a forcés à nous priver de ces cartes mais, dans ses sermons, le père Cleopa a expliqué à quel point elles étaient néfastes ».

Cleopa, prêtre principal du monastère Gai, est le même homme qui a un jour déclaré que le Coca-Cola était fabriqué à partir de fœtus avortés. Son problème avec ces cartes vitales ? Le mot card est inscrit dessus, et le mot card écrit à l'envers signifie diable en roumain. Les membres du Mouvement pour la défense de l'orthodoxie, une ONG chrétienne, combattent eux aussi la carte. Dans une déclaration, leur leader, Radu Iacoboaie, a prétendu que les francs-maçons voulaient l'utiliser pour « faire empirer les maladies, transmettre des virus incurables et commettre des assassinats durant des opérations de routine, comme ils l'ont fait avec le précédent prêtre principal, Teoctist [Ara˘pas¸u]. »

Vasile Ciurchea, président de l'Institut national d'assurance maladie, a répondu que « les cartes vitales ne contrevenaient à aucune religion ». Selon Toma Pa˘tras¸cu de ASUR, une ONG laïque, ce n'est pas la première fois que des religieux s'opposent au gouvernement roumain : « La même chose s'est passée dans les années 1990, quand le gouvernement a donné à chaque citoyen un morceau de terre, dans le cadre d'un programme de privatisation. Il était nécessaire d'avoir un numéro de sécurité sociale pour se voir offrir un terrain, et les communautés religieuses ont refusé, car c'était comme être marqué du numéro de la Bête. Ils auraient dû deviner que cela arriverait de nouveau. »

Mihai Popescu

L'ÉMISSION RADIO QUI A TRANSFORMÉ HELIOPOLIS EN LA FAVELA LA PLUS GAY-FRIENDLY DU BRÉSIL

Illustration : Ole Tillmann

Dans une maison en briques d'Heliópolis, favela de Sao Paulo, Gerô Barbosa, présentatrice radio, prend le micro. « 87,5 FM ! C'est parti pour un nouvel épisode de Potins de l'après-midi ! Aujourd'hui, je vais vous raconter tout ce qui s'est passé la nuit dernière et tout ce qui se passera cette nuit ! »

Gerô est l'une des premières résidentes gays du quartier. « Les criminels qui dirigent le quartier ont prétendu qu'on n'avait pas le droit [de s'affirmer], mais je suis restée et j'ai rassemblé les autres gays du quartier. On apparaît toujours en groupe. On débarque dans des fêtes et on crie «On est là pour rester». »

Rádio Heliópolis a invité Gerô à présenter Potins de l'après-midi dès le lancement de la station, en 1997. Destinée à l'origine à une audience LGBT, « plein de familles ont commencé à l'écouter. À l'époque, il n'y avait pas de téléphone dans le quartier, les gens envoyaient donc des lettres à la station avec leurs demandes, et ça a vite cartonné », explique Gerô.

Selon Elias Lilikan, professeur à l'université de Sao Paulo, la station est devenue un emblème du mouvement LGBT, qui a connu son apogée au Brésil dans les années 1990. Elle a mobilisé des milliers de citoyens pour la Pride Parade annuelle et en a été récompensée.

« Ça n'est pas arrivé du jour au lendemain ; ça a demandé beaucoup de travail. Mais aujourd'hui, l'homosexualité est très acceptée à Heliópolis », affirme Gerô.

Quiconque a récemment vécu dans le quartier serait d'accord avec elle et ses amis quand ils appellent Heliópolis « la favela la plus gay-friendly du Brésil ». Comme Geni Magazine, un site consacré au sexe et au genre, l'a écrit : « il s'agit désormais un espace conquis. »

Brian Mier