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Vice Blog

WU WEAR EST TOUJOURS EN VIE !

17.9.10

Nom de dieu, Wu Wear a 15 ans aujourd'hui et est toujours dans les parages. Ouais, la marque de fringues du Wu-Tang fabrique des vêtements depuis les ghettos de Shaolin depuis une décennie et demie. Pour les fans de hip-hop du monde entier, Wu Wear était une révolution puisque c'était la première vraie marque de fringues lancée par un groupe de rap, et complètement différente du traditionnel merchandising pourri que l'on vend pendant les concerts - porter du Wu Wear revenait à adopter un nouveau mode de vie, celui du Wu. D'ailleurs à l'époque, tout le monde en portait. À l'origine, Wu Wear a été crée pour contrecarrer toutes les sapes Wu-Tang bootleggées qui circulaient un peu partout aux alentours de 1993, année de la sortie du classique Enter the Wu-Tang (36 Chambers). Il s'agissait en gros de se faire du blé dans l'industrie du vêtement autrement qu'en cédant à des partenariats. Les années 1980 avaient vu Run DMC s'acoquiner avec Adidas alors que LL Cool J bossait avec Troop. Ce n'est qu'au cours des 90s que des rappers ont monté pour la première fois leur propre marque de fringues, notamment Biggie, Busta Rhymes ou Puffy avec Sean John. Mais tout a commencé avec Wu Wear.

Le Wu s'est formé en 1992 à Staten Island, quartier aussi appelé « Shaolin » (vous savez déjà tout ça, non ?) et ont tiré leur nom d'un film de Gordon Liu nommé Shaolin & The Clan. Les premiers membres RZA, GZA et ODB n'ont cessé de recruter des membres jusqu'à ce qu'ils soient neuf (il faut compter Cappadonna et Masta Killa ?), et la légende était en marche. Dans les années 1990, le Wu était intouchable, à ce point que les neuf membres ont tous sorti un album solo - même Cappadonna, en revanche Masta Killa a dû attendre jusqu'en 2000. On leur avait designé leurs propres Nike Dunk, leur propre jeu de baston sur Playstation, GZA et RZA avaient un rôle dans un film de Jim Jarmusch, ODB intervenait inopinément pendant les Grammys… la liste est infinie. Cependant à la fin des années 1990, l'intérêt pour le groupe commençait à s'étioler à cause en partie de leur second album, Wu-Tang Forever, et d'une poignée de mauvais albums solo de seconds couteaux plus ou moins affiliés au groupe d'origine. Les grandes heures du Wu étaient derrière eux.

GZA et RZA dans un film avec un mec des Ghostbusters.

L'imagerie était une composante essentielle de la grandeur Wu. Sweats à capuches, Nikes, Timberlands et même masques de bouchers faisaient partie du combo originel. On était à des années-lumières des stars de la new-jack et des gentils afro-centristes de la Native Tongue qui faisaient la loi dans les années 1992-93, et tout le monde voulait faire partie de ce « nouveau truc ». Je me souviens avoir pris conscience de la puissance Wu le jour où je suis tombé sur la cover de Ironman, le premier album solo de Ghostface Killah. On y voyait Ghost, Reakwon et Cappadonna sapés intégralement en Tommy Hifiger et Polo en train de manufacturer des paires de Wu Wallabies de toutes les couleurs, dans ce qui semblait être un magasin dédié au Wu. Plus tard sont apparues des marques du même style telles que Mecca, Dada, Dimanji ou Avirex, mais j'ai toujours préféré l'original. Au début des années 2000 ceci dit, j'ai fini par ne plus porter que les t-shirts de la marque - le reste était trop large, ou trop moche. Entre-temps, l'autrefois très drôle Sasha Baron-Cohen avait fait un sketch télévisé où il s'habillait comme un membre iranien du Wu-Tang, et la marque était devenue infréquentable. En tout cas, voilà des reliques que je pourrais presque porter aujourd'hui.

Et, au cas où vous ne les auriez jamais vues (ce qui est impossible si vous avez déjà aimé le rap dans votre vie), voilà les Wu Dunk dont on parlait plus haut. Je viens juste de le googler, et il existe une paire usée en 8.5 taille US actuellement en vente sur eBay, pour 5750.00 dollars. Ouais, j'ai bien dit « usée ». Mais il n'en existe que 35 autres dans le monde - 35+1= ?

JONATHAN ROCKWELL