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Je suis allé au Manoir Playboy et c'est l'un des endroits les plus déprimants au monde

Il y a deux semaines, on m’a invité dans le Manoir Playboy pour la projection d'un nouveau film avec Jennifer Lopez et Jason Statham, Parker. Pour être franc, c'est pas trop mon genre d’aller à des projections de presse. Je préfère mater des...

par Jamie Lee Curtis Taete
10 Février 2013, 9:00am

Il y a deux semaines, on m’a invité dans le Manoir Playboy pour la projection d'un nouveau film avec Jennifer Lopez et Jason Statham, Parker. Pour être franc, c'est pas trop mon genre d’aller à des projections presse. Je préfère mater des films chez moi sans avoir à parler à qui que ce soit. Le truc qui m'a convaincu, c'est qu'outre visionner un film pour buveurs de Gatorade, j'avais la possibilité de visiter le Manoir Playboy – l'antre de Hugh Hefner, boss de Playboy, soit réaliser le rêve éveillé des plus gros cons foulant la planète, moi y compris. Il fallait donc ABSOLUMENT que j’y aille.

Avant le visionnage, dans le hall d’entrée du manoir, il y avait une réception avec des boissons et des « opportunités photo » avec des Playmates™® Playboy dans le hall d’entrée du Manoir Playboy. 

Hugh aussi aurait dû être présent, mais il était malade ce jour-là. Alors on a dû se contenter de ce truc.

La projection avait lieu dans le salon. En exclusivité, un extrait d’une scène où (SPOILER ALERT !!!!!) Jason Statham frappe quelqu’un avec quelque chose.

Juste après avoir pris cette photo, j’ai chuchoté un truc à ma voisine et un mec en costume-Converses est venu m’embrouiller parce que je parlais trop fort. Le costume-Converses est mon look le moins préféré de tous les temps. Vous avez une idée du degré d'humiliation que représente le fait de se faire hurler dessus par un mec sapé comme l'attaché de presse d'un magicien ? Non, vous ne savez pas.

Il fallait donc que je sorte. J’ai décidé de « me perdre » en essayant de trouver les toilettes. Je voulais voir combien de temps je pourrais errer dans le manoir avant que quelqu’un me trouve et m’oblige à retourner voir le film.

En premier lieu, j’ai cherché des toilettes pour chier. Le truc, c'est que je n'avais pas vraiment envie de chier. Mais combien de fois dans votre vie vous avez eu l’occasion de chier dans le Manoir Playboy ? Aucune. Pour info, voilà ce que vous avez en face de vous quand vous voulez chier là-bas.

Après ma pause élimination, je me suis rendu compte d'à quel point tout avait l’air dégueulasse. Étais-je vraiment trop con pour penser que cet endroit serait super marrant ? Ou au moins, un peu drôle ? C’était ma motivation principale pour visiter le manoir – parce que je suis gay, au cas où vous l’ignoreriez malgré le fait que je le répète dans chacun de mes papiers. Mais attendez un peu, est-ce que les hétéros se branlent encore sur les meufs de Playboy ? Ou est-ce que ce fait de société n'est plus valide depuis la fin des années 1990 ? Qu’est-ce qui fait perdurer Playboy à l’époque d’Internet ? Qui peut bien acheter ce putain de magazine ? Quelqu’un du genre à porter un costume avec des Converses, probablement.

Toujours est-il que cet endroit est beaucoup moins calme, propre et sûr que ma propre salle de bains. Moi, je range mon désodorisant et toutes mes petites affaires dans un placard prévu à cet effet.

Aussi, je voudrais dire que cette somme de tampons représente BEAUCOUP de tampons (la légende à propos des vagins dentés géants des femmes de Los Angeles serait donc parfaitement avérée).

Bon, bien entendu, ces toilettes sont mignonnes, bâties dans le marbre avec plein de petits artifices par dessus. Mais quand on y regarde de plus près, la cuvette date au moins de l’année de ma naissance. Et puis, ils auraient au moins pu foutre un savon. Voilà désormais comment j’imagine ces immenses apparts de vieux milliardaires gays du 5ème arrondissement, lorsqu'ils se retrouvent squattés par les jeunes Italiens teigneux qui leur servent de petits-amis.

Après avoir rempli ma tâche, j’ai vagabondé dans d'autres pièces. Dans cette baraque, la déco était d'inspiration « classique », c'est-à-dire dans un style totalement impersonnel à la Ikéa, avec des animaux géants en céramique et plusieurs vases remplis de verdure ici et là. En plus de cela, quelques petites touches personnelles, notamment des photos de Hugh entouré du casting des Charlie’s Angels ainsi qu'une photo de son récent mariage avec une gamine de 26 ans – image que, pour des raisons juridiques, nous ne pouvons publier.

Il y avait aussi cette adorable statue du « couple », visiblement « heureux ». C’est dingue à quel point, même en bronze, le sculpteur a réussi à illustrer l'horreur de la situation.

Voici une liste d’extensions téléphoniques, trouvée à côté de chaque téléphone présent dans la villa. Je ne sais pas si vous voyez mais trois des extensions sont liées à une activité de scrapbooking. Trop mignon, Hugh !

Quand je suis sorti, j’ai percuté ce mec.

Puis j’ai erré autour de la piscine.

Voici « the Grotto », dont j'avais connu l’existence par je ne sais quelle connaissance. Cet endroit est tout aussi délabré et déprimant. Regardez ce siège sur la gauche. C’est le genre de trucs sur lesquels des mecs font des overdoses en Ukraine.

Et ça, c’était incrusté dans le mur. Sérieux, c’est quoi ce putain de truc ? Déjà, ça ne peut pas être un téléphone, parce qu'il y a trop de boutons dessus. Je suis presque certain d’avoir déjà vu M. Burns en utiliser un.

Dès l’instant où j’ai sû que j’allais pénétrer le Manoir Playboy, l'envie de « voler  une serviette » s'est inscrite tout en haut de ma to-do list mentale. Quelle ne fut pas ma déception lorsque je suis tombé sur ces merdes. Je m’attendais à des trucs en peluches faits avec du coton égyptien et un énorme logo Playboy en poils pubiens féminins. Sauf que non. Mes serviettes de toilette sont bien mieux que les leurs, alors que j’en ai même une volée dans un train.

Merde, je viens réellement de me plaindre à propos du fait que leurs serviettes n'étaient « pas assez propres pour être volées ? » Je retire. Regardez cette merde.On dirait une photo d'illustration sur Trip Advisor pour un hôtel polonais une étoile localisé dans une station de ski.

Au fond du couloir, je suis tombé sur cette pièce. Dans les années 1970, quand de drôles de choses se déroulaient dans le Manoir Playboy, cet endroit devait accueillir des orgies de drogues dures et de sexe anal. Désormais, ça ressemble juste à un salon mal décoré.

Il y avait aussi encore l'une de ces espèces de machines à remonter le temps. Ainsi qu'un mini-frigidaire ayant au moins le double de mon âge. 

Il était rempli de bouteilles d’eau de marque Playboy – j’en ai d'ailleurs aussi volé quelques unes. Vous remarquerez le ruban adhésif caché dans le fond du frigidaire assurant le bon fonctionnement du mécanisme.

À partir de là, j’ai commencé à me sentir mal. Dans la vie, rien ne me bouleverse plus que de voir le déclin d’une vieille institution. Une fois, j’ai même pleuré en lisant une liste non-exhaustive des « pires chirurgies esthétiques administrées sur des célébrités » dans un quotidien américain.

Ma balade dans le manoir m’avait procuré un sentiment similaire à celui ressenti lorsqu’un proche meurt, et que l’on doit se rendre chez lui pour savoir ce qu’on fait de ses affaires. Sauf que cette fois-ci, le proche en question était une publication porno à grande échelle. À la manière d'un animal domestique, le manoir, sentant le déclin inexorable de son propriétaire, était devenu extrêmement lugubre, plein d’une affreuse tristesse. Sans préciser que chaque pièce puait désormais la personne âgée.

Puis, un salarié amical est venu me demander si j’étais perdu. J’ai donc repris la direction de la salle de projection pour assister à la fin du film. Alerte spoiler : Jennifer Lopez a un cul.

Alors que je m’apprêtais à partir, j’ai été pris dans les filets d’un troupeau de playmates qui m'ont invité à participer à l'une de ces photos souvenirs que j’avais réussi à éviter jusque là. C'est sans conteste les personnes les plus intéressantes et charismatiques que j'ai rencontrées de toute ma vie. Je peux vous assurer que, si j’avais été hétéro, j'aurais aimé leur parler littérature et histoire pré-Chrétienne afin de les séduire et ainsi les attirer dans un endroit où elles auraient obéi à mes pulsions viriles. Malheureusement, je suis homosexuel.

Est-ce qu’un riche et vieil hétéro serait assez aimable pour aller les sauver de cette vieille et sinistre maison ? Faites ça pour elles, milliardaires libidineux d'avant.

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