Le futur de la race blanche est dans l’espace


À Milan s’est tenue une conférence organisée par l’Alliance Européenne des Mouvements Nationalistes.

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août 22 2012, 2:10pm



À Milan s’est tenue une conférence organisée par l’Alliance Européenne des Mouvements Nationalistes. Deux jours durant lesquels les leaders des principaux partis d’extrême droite européens, accueillis par Fiamma Tricolore, se sont réunis pour réfléchir à comment faire retourner l’Europe mille ans en arrière, à l’époque où notre doux continent n’était peuplé que de ses légitimes propriétaires, les blancs, et où ses racines étaient à l’abris de toute contamination maléfique et colorée.
Traduit en termes officiels, l’objectif de la conférence était de promouvoir l’action contre « les menaces des puissantes forces de la mondialisation » et « ses effets effrayants qui légitiment la purge culturelle de toutes nos Nations » et la « tentative de créer un Super-État européen. » On a donc retrouvé la crème de la crème de la xénophobie européenne, avec des représentants de Slovénie, Pologne, Belgique, Grande-Bretagne, France, Espagne, Suède, Lituanie et Bulgarie.



La conférence, qui s’est déroulée dans un hôtel, a suscité de nombreuses polémiques et à notre arrivée nous nous attendions à retrouver un bloc de manifestants avec des drapeaux ; ce ne fut pas le cas. Il y avait quelques policiers, mais l’atmosphère générale était plutôt tranquille, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur où on avait l’impression d’être à un sommet sur les outils technologiques pour l’innovation de la chaîne de distribution – sauf pour le buffet.



À la table des accréditations sont assises quatre filles de l’est. La salle est d’abord vide, puis à moitié vide. Nous essayons de comprendre s’il y a quelque chose à comprendre et si quelqu’un a quelque chose d’intéressant à nous dire, mais ça n’a pas l’air d’être le cas. La seule phrase qui suscite notre intérêt est celle d’un type jouant le rôle de secrétaire, habillé avec une chemise et un pantalon noirs, qui dit que le Duce est son idole. Nous parlons avec les hôtesses, elles viennent de l’Est mais vivent à Turin. Aujourd’hui elles sont à Milan.



Les seules tensions sont liées à l’organisation, le type du service de presse se prend la tête avec la fille en bord de scène qui aurait dû mieux insérer la clé USB. Puis c’est la politique du gossip : quelqu’un a amené des drapeaux de Forza Nuova et, selon l’organisateur (Fiamma Tricolore) « il peut se les foutre au cul ».



La conférence à proprement parler se déroule de 10 heures à 14 heures : déclarations bateau, phrases lourdes, rien de ce à quoi on s’attendait (ou plutôt, ce à quoi on aurait du s’attendre). En d’autres termes, une série de déclarations banales et répétitives qui ne rajoutent pas grand chose aux deux lignes descriptives du flyer de l’événement. Beaucoup de forme, aucune substance. Puis finalement, nous rencontrons notre homme. Celui qui a donné un sens à notre journée s’appelle Norman Lowell, il vient de Malte et ça fait depuis 2000 qu'il est à la tête d’un parti pour la suprématie de la race blanche et la reconquête de l’Europe.



VICE : Donc vous êtes ?
Norman Lowell : Norman Lowell, je viens de Malte et je suis moitié anglais, moitié italien. Mon arrière grand-père était anglais, il s’appelait Hampton, et mon arrière grand-mère était de Venise. Quand ils s’engueulaient, ils parlaient un dialecte incompréhensible.

Pourquoi êtes-vous ici ?
J’ai été invité par les partis nationalistes et je suis venu promouvoir mon message. Il faut mettre de côté les différents nationalismes, adoptons un supra-nationalisme, un nationalisme choral, comme mon projet : « Imperium Europa ».

Un projet pour l’Europe ?
Oui, mais pas pour une Europe asservie par le mercantilisme comme celle d’aujourd’hui, mais une Europe supérieure, nouvelle, une Europe d’idées, une Europe aristocratique. Une aristocratie d’esprits et d’idéaux, éloignée de nos ancêtres, capable de se renouveler – et qui ne poussera plus les meilleurs vers le bas, comme une tumeur.

Qui est ennemi de l’Europe ?
Eh bien, regardez ; ce que nous appelons « modernité » nous a conduits à deux guerres fratricides en seulement un siècle. Les deux grandes guerres ont emporté les meilleurs, les combattants, laissant seulement les lâches et les mauvais. Nous avons perdu notre meilleur sang, le sang de l’Europe. Il s’agissait d’un cataclysme génétique, d’une énorme perte de gènes. C’est pour cela que nous ne pouvons pas nous permettre de nous battre entre nous. Nous devons en terminer avec ces petits nationalismes, avec les conflits entre Frioul et Venise, entre l’Autriche et les autres. Je t’assure qu’avec ce discours j’ai contrarié quelques personnes là-dedans [à la conférence]. Les gens sont trop nationalistes, ils veulent sortir de l’Euro, retourner à la Lire, c’est préhistorique ! Notre objectif devrait être celui d’une Europe d‘« Europoïdes », à la fois anglo-saxonne, germanique, slave et latine.

Et les immigrés ?
Oh [l’air agacé], mais bien sûr ! Pas un seul. Cette Europe aura des frontières tellement hermétiques que même pas un lézard ne pourrait y entrer, et encore moins un nigérien. Vous comprenez ?

Bien sûr. Comment pensez-vous construire votre Imperium ?
On commencerait par Malte. En décembre nous baptiserons le projet dans un lieu sacré, préchrétien naturellement. Nous serons douze hommes, tous supérieurs, avec une certaine portée. Nous nous rencontrerons dans ce lieu secret et nous procéderons à un rite mystique ; ainsi naitra Imperium. N’oublions pas que dans une grotte, un fils de menuisier a donné vie à une idée qui a aujourd’hui conquis des millions de musulmans. En bien ou en mal, la même chose peut arriver à Imperium. Notre idée naîtra fin 2012, une année d’importance galactique, astrologiquement parlant. Vous pouvez en lire plus à ce sujet dans notre livre où l'on explique le choix du rite, du jour et de l’heure.



Et une fois né, vous ferez quoi ?
Notre idée d’Imperium influencera tout, de la culture à la politique. Qui possède l’hégémonie culturelle possède l’hégémonie politique et le pouvoir. Nos ennemis, depuis toujours, depuis des milliers d’années, dominent grâce à la suprématie culturelle. Nous ne pouvons pas les battre au niveau économique, mais nous devons les vaincre sur le plan culturel. Voici pourquoi la bataille d’Imperium Europa visera d’abord l’élite, puis les autres.

Le peuple.
Exactement, le peuple chrétien. Et sur ce point, je veux être clair : nous ne sommes pas Chrétiens. Beaucoup de gens le sont et nous ne pouvons pas les éliminer ; nous devons adapter leur religion à notre vision. Ce n’est pas la faute des Chrétiens, ce sont aussi de braves gens, mais culturellement ils sont un peu… Et donc, comment allons-nous procéder ? Nous rejetons Jésus, qui est un homme faible.

Vous l'éliminez ?
« Tu n’es pas l’un d’eux, certainement, tu sais qui sont les vrais ? » (en récitant la voix de Pilate devant une foule imaginaire). Nous gardons le Christ pour les masses, mais nous éliminons Jésus et l’Ancien Testament, qui est un livre sémitique et envieux, un livre horrible.

Horrible ?
Exactement. L’Ancien Testament est le livre le plus odieux de toute la littérature. À l’intérieur on peut y trouver toutes les perversions sexuelles, les homicides, les matricides, les parricides et les génocides. Sa malveillance est très répandue et pas seulement européenne. Elle vient d’un autre genre de… Vous voyez ?

Non. Quel genre ?
[Comme impatient] Un genre talmudique, si vous voulez tout savoir.

OK.
Donc je disais, nous gardons le Christ pour les masses et le cosmopolite pour l’élite, pour ceux qui seront les leaders de la protection de l’Imperium dans les prochains millénaires. L’imperium ne se limitera pas à cette planète, mais s’élargira à Mars et à la Lune. Nous, Hommes de la race blanche, devrons nous en aller au plus vite de ce monde, car en cas de contamination notre patrimoine génétique « pur » serait perdu. Nous devrons envoyer nos meilleurs enfants dans l’espace. Savez-vous qu’on peut le faire ?

Non.
On peut envoyer des embryons.

Donc, c’est ça votre plan ?
Exactement. Puis à des millions d’années lumières d’ici, ces embryons se reproduiront et une nouvelle race blanche naitra.

Et comment choisirez-vous l’élite ?
Eh bien il faudra nous donner la preuve d’être capable d’en faire partie. Pour commencer, notre élite ne sera pas composée de celui qui reste assis dans son canapé à attendre, mais de celui qui, quand c’est nécessaire, se lève en premier et dit ce qu’il faut, sans broncher. On n’est pas tous égaux, tu sais. L’égalité n’existe pas. L’égalité est un mensonge inventé par les socialistes, un venin injecté durant la révolution française, un cataclysme satanique.



Il vaut mieux s’en tenir éloigné.
Il vaut mieux éviter les petits bourgeois, c’est ce que disait Nietzsche. Mon dieu, quelle horreur. Junger disait : « Mieux vaut encore être un délinquant qu’un petit bourgeois. » Et c’est pour cela que je ne me sépare jamais de ma canne, le fait de l’avoir avec moi me distingue des autres. Chez moi j’en ai toute une collection, dont une d’une valeur de 14 000 euros – c’est un symbole aristocratique pour moi.

J’aimerais bien les voir.
Vous devriez venir.

J’y penserai, merci.
Merci à vous.

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