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Crime

1,2 million de préservatifs défectueux : Le Chili lance une alerte sanitaire

Fabriqués en Chine, ces préservatifs ont tendance à casser et seraient trop petits.

par Nathaniel Janowitz
24 Août 2016, 11:53am

Photo via la page facebook de Kaiju

Le Chili a lancé une alerte sanitaire concernant 1,2 million de préservatifs, importés depuis la Chine dans le cadre d'un programme gouvernemental destiné à réduire le nombre de grossesses involontaires ainsi que la progression du VIH et d'autres maladies sexuellement transmissibles au Chili.

L'Institut de Santé publique du Chili a publié un communiqué appelant ceux qui avaient déjà reçu les préservatifs à ne pas s'en servir. Les capotes pas encore distribuées seront mises « en quarantaine » le temps que le problème soit réglé.

Diffusé ce lundi, le communiqué indique que le problème sur les préservatifs a été découvert lors de cours d'éducation sexuelle. Les préservatifs avaient tendance à casser. D'autres tests ont montré ensuite que les capotes étaient trop petites et conservées dans des paquets qui détérioraient leur qualité.

Cette alerte survient alors que le Chili connaît une vague de nouveaux cas de VIH, dont le nombre aurait doublé au cours de la dernière décennie.

Les autorités estiment que 25 000 personnes sont actuellement traitées contre le VIH au Chili, alors que 14 000 seraient infectées sans le savoir. Pour des militants chiliens, cette augmentation des infections est principalement due à la réticence du gouvernement à trouver une solution aux attitudes ultra-conservatrices qui règnent au Chili concernant le sexe.

Alejandro Afani, le directeur du Centre de recherche sur le VIH de l'université du Chili, explique néanmoins que cela ne suffit pas à expliquer pourquoi les autorités semblent se désintéresser de ce problème de santé publique.

« Toute l'Amérique latine est conservatrice, pas seulement le Chili, » dit-il. « Le problème c'est qu'il y a un manque de volonté politique plutôt qu'un particularisme culturel chilien. Ils ne prennent pas le problème au sérieux et ne dédient pas les ressources nécessaires. »

Afani explique que le rappel des préservatifs illustre ce manque de rigueur dans la lutte contre le VIH et les autres maladies sexuellement transmissibles.

Enrique Paris, le président du Collège Médical du Chili, pense que ce raté des autorités pourrait avoir des conséquences judiciaires.

« Si quelqu'un attrape une maladie sexuellement transmissible après avoir utilisé ces capotes, il serait dans son droit d'intenter une action en justice, » a-t-il expliqué au journal Cooperativa.

Dans le même temps, l'entreprise qui a produit les préservatifs défectueux, Kaiju Condom, a publié un communiqué sur sa page Facebook. Il y est précisé que leurs produits ont passé tous les tests nécessaires avant d'entrer au Chili et qu'ils sont pile à la bonne taille, si l'on en croit la taille moyenne des pénis au Chili.

« Ce n'est pas parce que le produit est chinois qu'il est forcément mauvais, » peut-on aussi lire dans le communiqué.

Ce n'est pas la première fois que des capotes chinoises posent des problèmes sanitaires. Le Ghana avait saisi 110 millions de préservatifs fabriqués en Chine en 2013 parce qu'ils cassaient trop facilement.


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