C’est la fin du boom des smartphones

La croissance du marché semble toucher à sa fin, même dans des pays comme la Chine ou l’Inde.
28.9.16
Devant un Apple Store à New York, le 16 septembre 2016 (REUTERS/Eduardo Munoz)

L'âge d'or ne pouvait durer éternellement pour les smartphones. Dix ans après le tout premier iPhone, sorti en 2007, le grand boom de vente de ces appareils touche à sa fin.

Non, les smartphones ne vont pas disparaître, mais le marché global des portables s'est calmé. C'est ce qu'explique un nouveau rapport du cabinet d'analyse CCS Insight. Pour ce cabinet spécialiste du secteur, on ne pourra plus compter sur une croissance du marché des smartphones dans un futur proche, et ce même dans des pays comme la Chine ou l'Inde qui représentaient un marché très prometteur. Car tous ceux qui peuvent acheter un smartphone en possèdent déjà un, selon CCS Insight.

Des temps difficiles s'annoncent pour les entreprises reines du domaine — dont Apple — qui se sont accrochées aux ventes de smartphones pour gagner des parts de marché. CCS Insight prévoit que la compétition va s'intensifier et que le prix des composants va monter. Selon le cabinet, seuls les grands noms arriveront à tirer leur épingle du jeu.

« Avec l'écroulement de la croissance, la compétition s'intensifie et les entreprises rognent sur leurs marges », explique Marina Koytcheva, directrice de prévisions chez CCS Insight. « Les entreprises qui n'ont pas les avantages d'une organisation de production par échelle comme Samsung, Apple ou Huawei vont avoir beaucoup plus de difficultés à se faire de l'argent. »

Le rapport du CCS Insight indique que les ventes de téléphones portables ont culminé à environ 2 milliards d'appareils par an et qu'il en sera ainsi jusqu'en 2020. Actuellement ce total est composé à 75 pour cent de smartphones, on devrait atteindre 90 pour cent de smartphones en 2020.

L'explosion du marché qui a marqué ces dix dernières années est terminée : la vente des smartphones ne croîtra que de 4,1 pour cent cette année.

Ci-dessous, un graphique présentant les ventes de smartphones dans le monde, en millions.

Le marché des pays développés est saturé, d'où le ralentissement du secteur. Selon un rapport publié cette semaine par le cabinet d'audits Deloitte, « La base d'utilisateurs des smartphones approche un pic sans précédent. Aucun autre produit à utilisation personnelle n'a eu un tel impact commercial et sociétal, et aucun autre appareil ne semble pouvoir l'égaler. »

Depuis deux ans, le marché des smartphones se déplace des États-Unis (avec Apple et Motorola) et de la Corée du Sud (Samsung et LG) vers la Chine. Alors que la marque à la pomme et Samsung se battent pour maintenir leurs parts de marché, la chinoise Huawei connaît une très forte croissance. L'entreprise occupe désormais la troisième place et prévoit de battre ses concurrents.

Ailleurs en Chine, des marques low-cost telles Oppo, Xiaomi, OnePlus et Vivo montent en puissance, au détriment de certaines marques plus traditionnelles comme Sony, LG, HTC ou Motorola.

En plus du ralentissement du marché, les constructeurs doivent faire face à la hausse des coûts des composants. Ce mois-ci, les analystes de TrendForce ont publié un rapport annonçant que les écrans utilisés dans les smartphones low-cost pourraient voir leur prix augmenter de 50 pour cent jusqu'à la fin de l'année. La sonnette d'alarme est tirée pour un marché qui rogne déjà ses marges.

Ces dernières années, le prix des appareils a chuté et il est aujourd'hui possible d'acheter un smartphone avec le système Android pour moins de 100 dollars (89,27 euros). Les consommateurs vont sûrement protester face à toute hausse de prix, forçant les entreprises à diminuer encore leurs marges.

« C'est la première fois [depuis des années] qu'on voit une hausse dans le prix des composants de smartphones », commente Marina Koytcheva, de CCS Insight. « Ce sera très difficile pour les entreprises qui produisent à petite échelle de faire du profit dans ces conditions, sans augmenter les prix de leurs produits. »


Cet article a d'abord été publié sur la version anglophone de VICE News.

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