JUSTICE

Une journée dans un tribunal pour enfants de Los Angeles

Avec les mineurs qui découvrent les joies du système judiciaire américain, entre incarcération de masse et réinsertion à base de chèques-cadeaux.

par Lauren Lee White; traduit par Orane Servanton
01 Juin 2017, 5:00am

Illustrations de Nicole Xu

Cet article a été initialement publié sur VICE US.

Le tribunal pour enfants d'Eastlake aurait dû être détruit il y a plus de 20 ans. Sur le site officiel des tribunaux de Californie, on trouve une photo du petit bâtiment beige accompagnée d'une légende assassine : « Le tribunal pour enfants d'Eastlake, surpeuplé et inadapté. » Eastlake est l'un des huit tribunaux pour enfants du comté de Los Angeles, et il est en effet surpeuplé. Lorsque la journée bat son plein, le couloir où les jeunes attendent d'être appelés est rempli d'ados accompagnés de leurs parents, leurs grands-parents, leurs tuteurs, leurs amis, leurs copains ou leurs copines.

Eastlake se trouve à Boyle Heights, un quartier d'East Los Angeles dont la population est composée à 94 % de latinos, et où le revenu moyen par ménage est de 33 235 dollars par an, selon le LA Times. Les gens qui passent par le tribunal reflètent amplement ces statistiques démographiques, bien que, en plus de porter sur East Los Angeles, la juridiction du tribunal s'étende sur certaines parties de South Central, de Hollywood, de Burbank et de Pasadena.

Dans son bureau, Robert Leventer, juge pour enfants, est assis devant une table en bois verni recouverte de dossiers. Une sculpture de Laurel et Hardy portant de vieux uniformes de prison rayés noir et blanc est perchée en haut d'une étagère. La cinquantaine bien tassée, Robert travaille dans des tribunaux pour enfants de Los Angeles depuis près de 30 ans. Il bosse à Eastlake depuis deux ans. Sur place, les accusés n'ont pas le droit à un jury, ne peuvent pas sortir sous caution et les jugements ne sont pas ouverts au public. Robert Leventer l'admet sans hésiter, c'est problématique. Si l'objectif de l'institution est d'aider les jeunes à se réinsérer, « en pratique, on les enferme à la pelle », me confie-t-il.

Les jeunes gens qui passent par la salle d'audience dirigée par Robert Leventer peuvent être là pour des infractions bénignes, en lien avec leur statut de mineur – comme le fait de sécher les cours, par exemple – ou pour des crimes graves. Certains sont uniquement présents pour l'audience en vue d'un transfert devant un tribunal pour adultes. « Le tribunal est situé dans une zone assez chaude, m'explique Robert Leventer. Du coup, on observe peu de règlements à l'amiable. »

En effet, la plupart des cas dont il s'occupe ont trait à des agressions ou des cambriolages, et, en général, le mineur finira par être inculpé.

« La plupart des enfants qu'on voit ici souffrent de troubles psychologiques, poursuit le juge. Ils ont vécu des choses difficiles, des traumatismes, beaucoup ont été hospitalisés. »

La justice des mineurs en Californie a fait d'énormes progrès ces dernières années, en lien avec des évolutions nationales résultant de multiples scandales, notamment au Texas et dans l'État de New York. « Si vous m'aviez demandé il y a 15 ans ce que valait le système judiciaire pour les mineurs en Californie, je vous aurais dit que cet État était l'un des plus durs », explique Daniel Macallair, membre du Center on Juvenile and Criminal Justice. « Aujourd'hui, le taux de jeunes incarcérés en Californie est le plus bas jamais mesuré. Nous avons opéré un immense changement. »

Daniel Macallair attribue en partie ce changement à une baisse sans précédent de la délinquance juvénile – et donc des arrestations de mineurs – ces dernières années. L'évolution des politiques publiques a joué un rôle tout aussi important. L'année dernière, plusieurs mesures réduisant les peines pour les mineurs ont été adoptées, comme la Proposition 57, qui rend la tâche plus compliquée pour les procureurs souhaitant juger des mineurs en tant qu'adultes. De même, le Sénat de l'État de Californie a dépénalisé la fraude dans les transports, qui était la raison principale pour laquelle des jeunes comparaissaient devant les tribunaux pour mineurs de Los Angeles.

Malgré ces évolutions, « Los Angeles change lentement, ajoute Daniel Macallair. La bureaucratie locale est récalcitrante. »

Ce qui suit est la description d'une journée passée au tribunal pour enfants d'Eastlake.

9 h 30

Robert Leventer revêt sa robe de magistrat et pénètre dans la salle d'audience, où l'huissier de justice, le clerc, le greffier, le procureur et l'avocat de la défense l'attendent entre deux rangées de lumières fluorescentes. Les deux premiers cas prennent moins de cinq minutes. Les mineurs sont appelés les uns après les autres depuis le couloir bondé, et viennent s'installer à côté de leur avocat. Les parents ou les tuteurs sont assis au fond, contre le mur, sous une feuille de papier scotchée sur laquelle on peut lire « PADRES/PARENTS ». Un interprète est à la disposition des parents, s'ils en ont besoin – et c'est souvent le cas.

Le troisième cas du jour est celui d'Andres*, un jeune homme de 22 ans emprisonné au Ventura Youth Correctional Facility – une maison de redressement pour jeunes – depuis six ans. Aujourd'hui, Andres sort officiellement de prison, et doit se soumettre à une audience devant le juge.

Andres entre dans la salle. Malgré ses mains menottées dans le dos, il semble détendu et souriant. Il porte une combinaison bleu ciel fournie. L'huissier lui enlève les menottes et le jeune homme s'assoit.

« Donc, ça fait six ans que vous êtes à Ventura, remarque Robert Leventer. Comment ça s'est passé ? »

« C'était cool », répond Andres. Toute la salle rit.

Pamela Villanueva, l'avocate d'Andres, fait partie des nombreux avocats qui interviendront au cours de la matinée. (De son côté, le procureur James Evans reste à son poste.) Elle demande qu'Andres soit accompagné lors de sa sortie, via des aides au logement, une carte d'abonnement pour les transports offerte, ainsi qu'un chèque de 400 dollars. Tout lui est accordé, sauf le liquide. Pamela Villanueva fait une nouvelle demande, élevée à 200 dollars cette fois. C'est toujours non.

« [Andres] a été incarcéré pour une grande partie de sa vie, donc on ne sait pas vraiment comment il va se comporter une fois à l'extérieur », m'explique Pamela Villanueva un peu plus tard. Quand elle a commencé à travailler avec des mineurs incarcérés, il y avait peu de services en place pour les aider lors de leur sortie. Pour elle, il en faudrait encore plus. « Ils sortent d'une incarcération à long terme. Tout leur est étranger. Il leur faut les moyens d'acheter des vêtements, des produits de base, mais, surtout, il leur faut quelqu'un pour les accompagner au début, jusqu'à ce qu'ils se sentent assez à l'aise pour être seuls. »

Pamela Villanueva poursuit : « Si on offre de l'aide à ces jeunes pour qu'ils se repèrent dans le monde extérieur, ça peut faire la différence entre une réinsertion à succès et un retour à la case prison. »

9 h 55

Une avocate à la voix douce explique à Robert Leventer pourquoi il devrait autoriser son client de 17 ans, incarcéré et absent au tribunal, à rentrer chez lui pour le week-end.

Elle déclare avoir la preuve que le revolver retrouvé chez lui lorsqu'il a été arrêté était en fait une arme à air comprimé, et non pas un vrai pistolet. Son client n'a pas volé de voiture, ajoute-t-elle. À l'entendre, il était tout simplement chez lui lorsqu'un autre jeune a débarqué avec la voiture volée. Son client est « efféminé », explique-t-elle, et elle craint pour sa sécurité en détention.

Il s'agit du seul cas de la journée pour lequel le procureur adjoint, James Evans, reste inflexible. (Robert Leventer m'a dit plus tard que sa retenue habituelle fait de lui l'un des meilleurs procureurs de la région : « Il comprend que les enfants doivent être traités comme des enfants. ») Mais dans ce cas-là, « hors de question », dit Evans – un pistolet à air comprimé reste une arme dangereuse. Le mineur, en liberté conditionnelle au moment des faits, n'aurait pas dû posséder une arme de ce genre.

La défense repart à l'offensive : « Quelles preuves avez-vous que mon client est dangereux ? La décision de le mettre en détention hier était basée sur de fausses informations, lorsque vous pensiez que le pistolet était un vrai. » Elle tente d'intervenir en faveur de son client, mais Robert Leventer est d'accord avec le procureur.

Le juge me précisera plus tard que la décision était facile à prendre. « Lorsque j'ai entendu parler de ce cas, hier, j'étais indécis », admet-il, mais il ne croit pas à la théorie d'un autre mineur ayant volé la voiture. Robert Leventer craint-il pour la sécurité du jeune homme en détention ? La question semble le surprendre : « Non, je n'ai jamais entendu parler d'agressions sexuelles dans les prisons pour mineurs », me dit-il.

« J'ai tendance à être ouvert d'esprit et je veux donner leur chance à ces gamins, ajoute-t-il plus tard, mais j'ai déjà suivi mon instinct dans le passé, et des gens sont morts. »

Il me raconte l'histoire d'un mineur ayant passé deux années en maison de redressement. Robert Leventer a voulu lui laisser sa chance et l'a relâché. Une semaine plus tard, il tuait quelqu'un.

11 h 15

Le flot de jeunes ne se tarit pas – il est rare qu'un cas prenne plus de cinq minutes. Hormis un jeune d'origine coréenne qui se la joue rocker avec ses longs cheveux décolorés, tous les autres mineurs ont la peau noire, ou sont métis.

Certains moments sont à part. Un adolescent en survêtement voit son cas classé sans suite. Il rayonne, et son avocat lui tape dans le dos en lui disant : « Va vivre une vie géniale ! » Jesse*, un ado de 13 ans au visage poupin, est accompagné de sa mère et de son arrière-grand-mère. Robert Leventer remarque que Jesse semble avoir changé depuis la dernière fois qu'il l'a vu, et sa mère approuve. « Il a changé en une nuit ! », s'exclame-t-elle. L'arrière-grand-mère confirme : « Complètement changé ! » Le cas de Jesse est classé sans suite. « Oh, Jesse ! », s'exclame l'arrière-grand-mère en pleurant de joie.

Certains moments sont nettement plus sombres. Un jeune de 15 ans, accusé de tentative de meurtre, se bat pour ne pas être jugé par un tribunal pour adultes. Une jeune fille ; elle aussi âgée de 15 ans, entre dans la salle, accompagnée de son fiancé, de son oncle et de sa mère. Elle ne s'en sort pas trop mal, mais sa mère demande qu'on lui mette un bracelet électronique. Accordé. « J'essaye de te sauver la vie, lui dit Robert Leventer. J'espère que tu t'en rends compte. »

Un gamin à la tignasse rebelle et à l'air paniqué est amené. Il est détenu au Central Juvenile Hall, une prison pour mineurs rattachée à Eastlake et qui a été au centre d'un rapport accablant en 2016. La prison était comparée à « une prison d'un pays du tiers-monde ». L'accusé a volé un sac à main et s'est enfui, mais des policiers l'ont rattrapé. Son avocat demande qu'on lui accorde le Community Detention Program, une assignation à résidence pour mineurs. Refusé. Le gamin est menotté et sort de la salle d'audience en traînant les pieds.

L'enfant suivant, Marcus*, est également détenu au moment où il arrive dans la salle. Il porte un large sweat-shirt gris, un pantalon gris et des baskets noires. Marcus a été enfermé après une altercation physique avec sa mère, qui est présente lors de l'audience. Il était placé dans une famille d'accueil depuis deux ans et n'était de retour avec sa mère que depuis une semaine lorsqu'ils se sont battus.

« Je ne m'entends pas avec elle », dit soudainement Marcus.

« Avec ta mère ? »

« Oui. »

« Mais tu veux quand même rentrer chez toi ? »

« Oui. »

Le tribunal se réunira à nouveau dans quelques semaines et Marcus est raccompagné à la sortie, toujours menotté. Sa mère quitte également la salle.

« Sa mère le bat », dit l'avocat de Marcus.

Ça sera tout pour la matinée.

12 h 30

Andres porte un polo noir, un pantalon de type camouflage et des chaussons noirs sur lesquels on peut lire « LA COUNTY ». Il marche au soleil, à l'extérieur du tribunal, accompagné de sa sœur, sa nièce et de son beau-frère.

« Je n'arrive pas à y croire ! », dit-il. A-t-il pensé que le juge était juste ? Il hausse les épaules. « Dans tous les cas, je suis sorti. » Sa famille rigole. Ils vont le conduire à son centre d'hébergement et de réinsertion sociale à Long Beach, puis ils vont rentrer chez eux.

13 h 00

Le jeudi après-midi, il est l'heure pour le juge Robert J. Totten de traiter les cas d'infraction à la loi sur les stupéfiants. Certains jeunes choisissent d'aller en maison de redressement – donc en prison – plutôt que de participer au programme antidrogue exigeant du tribunal. Pour ceux qui choisissent ce programme, des tests de dépistage fréquents sont obligatoires.

Cette salle d'audience est plus petite que celle de Robert Leventer. Un cœur rouge fait en carton est scotché au mur derrière les magistrats ; on peut y lire les mots « MERCI DE M'AVOIR AIDÉ À ARRÊTER LA DROGUE !! » écrits en majuscules au centre. Des autocollants en forme de papillon et des dictons tels que « Chaque jour est un don » ornent les murs. Derrière le bureau de l'agent de probation, on peut observer un poster intitulé « Les visages de la méthamphétamine » qui met l'accent sur les expressions sinistres de huit consommateurs « avant » et « après » la prise de drogue.

Robert Totten a les cheveux grisonnants, et une moustache assortie – on dirait le sosie de Kris Kristofferson. Avant que ne débute la session de l'après-midi, il discute avec deux agents de probation, le procureur, quelques avocats de la défense, un représentant du Los Angeles Unified School District et un thérapeute. La marijuana et la méthamphétamine sont les deux drogues qui reviennent le plus souvent dans les dossiers.

La semaine ne s'est pas très bien passée pour les jeunes qui ont suivi le programme de réinsertion d'Eastlake. Deux mineurs se sont débarrassés de leur bracelet électronique, plusieurs tests de dépistage sont revenus positifs, et Melissa* a vécu dans la rue pendant cinq jours après avoir coupé son bracelet.

« Ça ne va pas être une journée marrante », annonce Robert Totten à l'assemblée.

14 h 00

Le père de Melissa arrive dans la salle pour expliquer ce qu'il se passe avec sa fille et discuter de ses options. Il a amené avec lui le bracelet électronique dont elle s'est débarrassée. Il le transporte dans un sac en lambeaux et on peut voir ses lumières rouges et vertes qui clignotent à travers le plastique. Il ne sait pas quoi faire de sa fille. Robert Totten ne sait pas quoi faire de Melissa. Personne ne le sait. On envoie le père de Melissa dans une autre pièce afin qu'il rende le bracelet électronique ; le sort de la jeune fille reste en suspens.

14 h 15

Plusieurs mineurs pénètrent dans la salle d'audience et s'assoient en rang contre le mur de gauche. Deux garçons en tenue de prison sont amenés ; ils sont menottés l'un à l'autre. Finalement, Melissa entre dans la salle, vêtue d'une combinaison orange, les mains menottées dans le dos, la tête baissée et les cheveux ramenés en une queue-de-cheval haute.

Tous sont appelés devant le juge les uns après les autres. Oscar, le premier, est le cas le plus facile à gérer : il est resté clean et s'est plié aux règles du tribunal. Robert Totten lui donne un paquet d'oursons en gélatine et un chèque cadeau de 25 dollars pour aller au cinéma. Tout le monde applaudit.

« Oscar, je suis fier de toi. Continue comme ça », lui dit le juge.

Plusieurs enfants s'approchent de la barre et demandent à parler au juge en privé. L'un d'entre eux, Cesar*, a été testé positif à la drogue une fois de trop et doit être envoyé à Rancho San Antonio, un centre de désintoxication. Robert Totten lui accorde une discussion en tête-à-tête et finit par modifier son jugement. « Tu sais bien te défendre. C'est un talent à avoir. » Le centre de désintoxication est oublié ; à la place, Cesar sera assigné à résidence avec un bracelet électronique. Lorsqu'on lui demande ce qu'il a dit pour convaincre le juge Totten, Cesar précise qu'il ne sait pas trop. « Je lui ai juste dit ce que j'avais fait et ce que je voulais faire. C'est ce qu'il aime, je crois. Il aime qu'on soit honnête avec lui. »

À Eastlake, tout comme dans la « vraie vie », les mineurs qui ne sont pas soutenus par leurs parents font face à des défis singuliers. Miguel* est l'un d'entre eux. Lors d'un précédent jugement, sa mère a insisté sur le fait que son fils n'était pas capable de réussir le programme antidrogue du tribunal. « C'est à vous briser le cœur », déclare son avocat commis d'office. Malgré les efforts de son avocat, l'agent de probation, le procureur et Robert Totten pensent que Miguel doit être détenu pour le week-end. « Ces gamins doivent prendre leurs responsabilités », ajoute un agent de probation.

Sa mère entre dans la salle d'audience. Comme la plupart des parents ici, il lui faut un interprète. Elle doit avoir dans les 50 ou 60 ans.

« Tu as pris des engagements. Qu'est ce qu'il s'est passé ? », demande le juge Totten à Miguel. Le jeune homme remue à peine les lèvres lorsqu'il s'exprime. « J'ai des problèmes de communication avec ma mère. » Il nie les faits : il ne l'a pas traitée de « grosse salope », quatre de ses amis n'ont pas débarqué à l'improviste chez lui et n'ont pas fait des signes d'appartenance à un gang devant elle. Miguel ajoute qu'il n'a pas le droit de passer du temps avec ses frères car sa mère ne veut pas le voir traîner avec eux.

Miguel finit par sortir de la salle, toujours menotté.

Robert Totten se tourne maintenant vers la mère de Miguel. « Il faut que vous le complimentiez de temps à autre. S'il fait quelque chose de bien, n'hésitez pas à exagérer vos compliments. »

Un autre mineur, Eduardo*, est sur le point d'entamer le programme antidrogue aujourd'hui. Il affirme que la marijuana est la seule drogue qu'il a prise dans sa vie. Les magistrats ne semblent pas le croire. « Tu n'as jamais pris de meth ? », lui demandent-ils.

Eduardo vit à Azusa, et il lui faudra donc prendre le bus pour un long trajet dans Los Angeles, ville bondée s'il en est. Il insiste sur le fait qu'il peut le faire, et sa mère assure qu'il sera là lorsqu'on lui demandera. Le tribunal décide donc de le laisser participer au programme, ce qui veut dire qu'il sera emprisonné une semaine pour commencer. On l'emporte hors de la pièce, menotté.

15 h 30

Le tribunal ferme ses portes pour la journée. En 15 minutes, les couloirs sont désertés.

Plus tard, Robert Totten est assis dans son bureau sous un article de journal encadré présentant une photo en noir et blanc du juge tout sourire, accompagné de la manchette « Tribunal des câlins ».

Lorsqu'on lui demande pourquoi les tribunaux pour mineurs ne reçoivent pas autant d'attention que les tribunaux pour adultes, Totten fait remarquer : « On n'accorde que trop peu d'importance aux enfants dans ce pays. Regardez le fonctionnement de la justice pour mineurs, et vous en aurez la preuve. »

*Les noms des mineurs ont été modifiés dans le but de protéger leur confidentialité.

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