Depuis le début de sa campagne et du lancement de son mouvement, En Marche !, une critique revient avec insistance frapper Emmanuel Macron : son discours serait « creux » et ses prises de paroles ne seraient pas toujours simples à décrypter. Ces critiques émanent principalement de ses adversaires comme François Fillon (pour qui Macron est le champion du « marketing du vide ») ou Nicolas Dupont-Aignan (qui parle d'un candidat « creux comme un tambour »), mais nombre d'électeurs semblent partager cette impression.
Pour essayer de comprendre pourquoi certains avaient cette sensation de vide, on a posé quelques questions à Cécile Alduy, professeure de littérature à Stanford, chercheuse associée au Cevipof à Sciences Po et auteure de Ce qu'ils disent vraiment : les politiques pris aux mots (Seuil, 2017).
VICE News : L'étude linguistique des prises de parole de Macron permet-elle d'expliquer pourquoi on lui reproche de tenir des propos jugés « creux » ?
Cécile Alduy : En comparant son corpus à celui de ses compétiteurs, on remarque une tendance à l'abstraction, à l'utilisation de grands concepts accolés ensemble sans qu'ils soient illustrés d'exemples concrets (par exemple, « la liberté et la protection »). Son vocabulaire est d'une assez grande pauvreté lexicale – il utilise toujours les mêmes mots – en comparaison de ces adversaires, qui utilisent un vocabulaire plus varié, plus d'adjectifs, plus de mots utilisés une seule fois pour une situation précise.
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