Célébrités en PLS et combats de chiens : ma vie de concierge dans un hôtel à Hollywood

« Une fois les space cakes avalés, ils ont commencé à flipper et à croire qu'ils étaient en train de mourir. Ça ressemblait à une apocalypse de zombies. »

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18 Novembre 2016, 9:00am

Bienvenue dans Cuisine Confessions, une rubrique qui infiltre le monde tumultueux de la restauration. Ici, on donne la parole à ceux qui ont des secrets à révéler ou qui veulent simplement nous dire la vérité, rien que la vérité sur ce qu'il se passe réellement dans les cuisines et les arrière-salles des restaurants.

Pendant trois ans, mon job consistait à répondre à toutes les demandes les plus folles des clients d'un des meilleurs hôtel-restaurant de Los Angeles. Et pour dire vrai, je ne me suis pas ennuyé une seule minute.

Il faut dire que l'établissement en question accueillait les chiens. Et beaucoup de personnes, surtout parmi les célébrités, aiment avoir leur chien avec elles. L'hôtel était rempli de meubles anciens très recherchés, ce qui n'empêchait pas les chiens de s'asseoir un peu partout. Beaucoup se baladaient en liberté dans l'hôtel et parfois il y avait de la bagarre. On devait alors les séparer et les mettre à des tables séparées. Un jour, le chien d'une star a salement mordu la cheville d'un des serveurs. Il a dû aller à l'hôpital.

Une fois habitué, il suffit de placer un « et que prendra votre chien ? » au moment de prendre la commande.

Quand j'ai commencé ce job, une cliente a commandé un blanc de poulet pour son chien – mais pas préparé n'importe comment. Il devait être cuit un certain temps et avec certaines épices. Le restaurant n'ayant pas l'habitude de faire du sur-mesure, « les chefs vont me zigouiller » je me disais. Mais en entendant la commande, ils n'ont pas bronché. Ils m'ont dit « pas de problème, c'est une habituée, c'est pour Rover. » À partir de ce moment-là, tous les trucs les plus surréalistes appartenaient à l'ordre du normal.

Une fois habitué, il suffit de placer un « et que prendra votre chien ? » au moment de prendre la commande. Et quand on te répondra « il voudrait un steak cuit à point » tu demanderas, « préférerait-il une côte de bœuf ou plutôt du bœuf de Kobe ? ». En général, les clients commandent également quelques légumes pour accompagner la viande de leur toutou, des carottes ou encore des épinards revenus à la poêle. Et au petit-déj, les chiens mangent généralement des gaufres. Ça n'a rien d'exceptionnel.

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Aussi, la plupart des clients commandent de l'eau en bouteille pour leur chien, type Evian. On a eu un client une fois qui voulait que son chien ait des glaçons dans son bol d'eau, mais il ne voulait pas les glaçons de l'hôtel. Il réclamait des glaçons faits à partir d'eau purifiée.

C'était vraiment marrant de bosser là-bas, mais c'était aussi assez triste. On voyait pas mal de starlettes venir là juste pour se faire voir et pour qu'on parle un peu d'elles. C'est assez déprimant. On voyait aussi passer pas mal de drogues – beaucoup, même. Les gens se faisaient des rails de coke sur les tables. Je recevais des pourboires sous forme de weed. Souvent.

Parfois même de la cocaïne. Je les refilais toujours parce que je n'aime pas trop ça. Mais je devais toujours gérer des deals de coke. La meilleure fois – « meilleure », car je n'ai pas d'autre mot – c'était lors d'une fête énorme. Il y avait une vraie star qui avait demandé à tous les 'chasseurs' de se procurer de la coke. Bon, on n'avait pas franchement envie de se mêler de tout ça. Mais d'un autre côté, on est un peu obligé de répondre aux désirs des clients et il fallait maintenir la réputation de l'hôtel qui se voulait être un endroit festif.

Notre maître d'hôtel a déjà reçu un coup de poing en pleine gorge et notre portier s'est fait étrangler.

J'ai donc décroché mon téléphone pour dire à ce type que je le contacterai quand j'aurai sa came. Il a essayé de me suivre pendant 45 minutes. J'ai fini par mettre la main sur ce qu'il me demandait. Je lui ai filé et deux secondes plus tard je le vois s'éclipser dans une salle de bain avec une jeunette – alors qu'il est marié. Quand il est ressorti de là, il m'a mis une de ces claques sur les fesses, le truc bien dégradant et dégueulasse. J'étais vénère. Là-dessus, il me dit « pour te dédommager » et me lance une poche de coke.

Je refile la poudre à l'un de mes collègues mais une heure plus tard, le type revient me voir en mode « rends-moi ce que je t'ai filé ». Je n'ai rien pu faire à part lui dire que je ne l'avais plus. Il n'arrêtait pas d'essayer de m'embrouiller donc j'ai fini par aller voir un pote à lui (une autre grosse pointure de Hollywood) pour le prévenir. « Mec, je pense que ton pote a besoin de rentrer chez lui. » Le type était tellement en pétard que j'avais sérieusement peur qu'il clamse. Ils l'ont mis dans un taxi et il est rentré chez lui.

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Les pires clients ne sont pas les stars mais leur entourage. On a blacklisté tout un tas de personnes – le genre de clients qui vient t'insulter et t'emmerder. Notre maître d'hôtel a déjà reçu un coup de poing en pleine gorge et notre portier s'est fait étrangler. Certaines personnes pétent les plombs quand on leur interdit l'entrée ou quand ils n'ont pas exactement ce qu'ils veulent. Pas mal de célébrités sont parties l'air de rien sans régler leurs notes et nos pourboires, du coup on se retrouvait là à se demander où était passé l'argent. On s'est fait avoir pas mal de fois comme ça.

On aurait dit un film. Il y avait une vingtaine de personnes et ils étaient tous HS. Ils pensaient tous faire une overdose, ils se croyaient en train de mourir ou de faire une crise cardiaque.

Mon souvenir le plus drôle est sans doute cette fête d'anniversaire qui avait lieu pour les 50 ans de quelqu'un. Tous les invités venaient d'assez loin et ils avaient mis la main sur des sucreries améliorées à la weed – je ne sais plus si c'était des brownies ou juste des chocolats – mais en tout cas difficile de savoir quelle quantité ils avaient ingéré. Eux-mêmes avaient l'air d'ignorer totalement ce qu'ils avaient fait. Une fois tous les space cakes avalés, ils ont commencé à flipper.

On aurait dit un film. Il y avait une vingtaine de personnes et ils étaient tous HS. Ils pensaient tous faire une overdose, ils se croyaient en train de mourir ou de faire une crise cardiaque. Ça ressemblait à une apocalypse de zombies. Il y avait tout un tas de bouquets de fleurs super chers, de la belle vaisselle et plein de plats, mais aucun d'eux n'y a fait attention parce qu'ils étaient tous morts. C'était une scène incroyable.

Ils étaient là en train de paniquer par terre, de se balancer d'avant en arrière ou en train de vomir. Il y en avait deux qui rendaient leurs boyaux dans les buissons tandis qu'un autre faisait ça dans une poubelle. Pendant ce temps-là, il y en avait un autre en position fœtale et un autre en train de pleurer. Comme ils pensaient tous être en train de mourir, on a dû appeler une ambulance.

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C'était très drôle à regarder mais pas du tout à gérer puisque tout l'hôtel a fini par être au courant. Les infirmiers étaient vraiment énervés d'être venus pour ça. Ils devaient répéter à tout le monde « Non, vous n'êtes pas en train de mourir. Non, ce n'est pas une crise cardiaque. Vous êtes juste défoncé. »

Tous les soirs il y avait une nouvelle histoire. Je pourrais passer des jours à me remémorer tout ce qui se passait dans cet hôtel. C'est drôle d'y repenser, mais je suis quand même soulagé de ne plus bosser là-bas.

Propos rapportés par Brad Cohen