Migrants Aubervilliers - William Keo
Toutes les photos sont de William Keo
Société

Le paradis perdu d’Aubervilliers

Le photographe William Keo a suivi le quotidien de migrants installés dans une maison abandonnée à Aubervilliers, au nord de Paris. Tous savent qu'ils ont troqué un enfer pour un autre.
02 janvier 2020, 8:46am

À Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, un squat de migrants s’est monté juste au bord du canal de Saint-Denis. En entrant, je m’attendais à tout sauf à ça. C'était surpeuplé, sombre. Des hommes priaient dans un coin, d'autres cuisinaient du poisson. Du linge séchait sur des cordes tendues, d'autres personnes étaient allongés dans leur matelas en regardant leur téléphone. J’ai été frappé de voir dans quelle situation vivaient ces personnes. On ne croirait pas que c’est en France et pourtant, c’est le cas.

Leurs conditions de vie sont insupportables et insalubres. Ils sont une centaine ; hommes, femmes et quelques enfants. Selon l'association Terre d'Asile, ils seraient plus de 2500 à survivre dans le nord de la capitale. Ils viennent principalement d’Afrique de l’Ouest et parlent quasiment tous français. Certains travaillent comme coursiers Deliveroo et n’ont rien dit à leur famille de leur situation alarmante. D'autres sont venus avec des rêves comme celui de devenir joueur de football. Depuis leur nouveau chez eux, il est d'ailleurs possible d’apercevoir le toit du stade de France.

« Je regrette d’être venu. Mon frère est mort pour ça, j’ai traversé la mort, le désert, affronté les guerres, la Libye, failli me noyer », m'a dit l'un d'eux lors de l'une de mes visites. Ces hommes et femmes laissent tout derrière eux. Ils fuient la guerre, la misère pour une Odyssée et espère vivre le rêve Européen. La réalité est brutale, tous regrettent et atterrissent juste dans un autre enfer.

Avec l’aide de l'association Ummanity qui les accompagne depuis le début de l'année, ils tentent de mener une vie normale et d’obtenir l’asile, précieux sésame. Le Paradis « Perdu d’Aubervilliers » est un projet en cours sur le quotidien d’un squat de migrants à Aubervilliers.

Les photos ci-dessous :

Dans la cour du squat.

Du linge sèche à l’intérieur du squat, donnant une atmosphère lourde et humide.

Certains dorment près de l’entrée, sans chauffage.

Pendant le ramadan, des migrants prient juste après avoir cassé leur jeûne.

Avant de s’endormir, un migrant regarde son téléphone.

Des migrants devant le squat.

Soir de match.

Un soir dans le squat.

Pour pouvoir vivre, certains ont un travail, comme coursier au seinde l’entreprise Deliveroo.

Retrouvez les travaux de William sur son site et sur Instagram.

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