Le combat de robots géants va enfin devenir un sport à part entière

Le combat de robots géants va enfin devenir un sport à part entière

Quant à savoir si les mecha seront aussi bien payés que les joueurs de foot, c'est une autre histoire.
12.5.16

Dans un monde parfait, les nations règleraient leurs différends en choisissant des champions robotiques qui s'affronteraient dans un duel à mort au nom de leur pays. Hélas, la diplomatie internationale ne semble pas encore mûre pour une bataille façon Argos VS Sparte, qui réjouirait autant Zack Snyder que les fans d'Evangelion.

En attendant que les relations internationales soient réglées par des mechas géants, des ingénieurs s'affairent à matérialiser nos plus beaux fantasmes de pugilat. En 2012, Suidobashi Heavy Industry, une société japonaise dont le but est « d'encourager les humains à piloter des robots » a construit Kuratas, un robot géant de 4 mètres de haut et 4,5 T pouvant abriter un conducteur humain. Comme une Barbie dont on peut changer les vêtements en fonction de l'humeur, on peut évidemment fixer différents types d'armes sur sa carcasse, comme un canon rotatif à 6000 tours par minute, un lance-flammes ou une pince géante.

Si les Japonais tiennent à leur réputation en terme de savoir-faire robotique, les Américains tiennent tout autant à leur impérialisme multi-objets. Aussi, en 2015, la start-up MegaBots Inc. spécialisée en sport robotique décide de provoquer Suidobashi en duel pour confronter son propre robot, Mark II, au robot japonais.

Notons au passage que les Américains ont insisté sur les petits détails : Mark II mesure 50 cm de plus que Kuratas, peut abriter non pas un, mais deux conducteurs, et pèse une tonne de plus que son homologue japonais.

Suidobashi a accepté le défi à condition que le combat inclue un affrontement au corps-à-corps : cela permettrait de mesurer les qualités physiques des robots eux-mêmes, sans leur arsenal d'armes et de gadgets. « Construire un énorme truc et lui coller des armes entre les pattes… c'est bien les Américains, ça. Nous allons gagner, leur faire mordre la poussière, bousiller entièrement leur tas de ferraille, » explique Kogoro Kurata, l'artiste qui a conçu le design de Kuratas.

Un peu inquiets tout de même à l'idée d'essuyer une défaite (le spectre de Pearl Harbor plane encore au-dessus des boulons), les Américains ont lancé une campagne Kickstarter afin de s'assurer que leur champion pourra balancer des crochets du droit capables de démolir un petit immeuble résidentiel. Les 500 000 dollars récoltés permettront d'améliorer encore Mk II afin d'en faire le robot le plus badass de tous les temps.

Mk II, après améliorations. Précisons qu'il sera également capable des billes de paintball, ça peut servir. Image : MegaBots

Même si nous nous accordons tous à dire que construire un mecha géant est un objectif noble et digne qui se suffit à lui-même, les ambitions de MegaBots Inc. ne s'arrêtent pas à l'organisation d'un combat singulier. L'entreprise veut hisser la castagne robotique au rang de sport sérieux qui pourra être pratiqué par des gens du monde entier pour peu qu'ils aient du métal et des composants électroniques à disposition.

Ce rêve est sur le point de se réaliser. Les fondateurs de MegaBots, Gui Cavalcanti, Matt Oehrlein et Brinkley Warren, viennent de lever 2,4 million de dollars supplémentaires afin de créer une ligue internationale en partenariat avec le cabinet d'avocats Latham Watkins, qui a déjà un pied dans le Comité Olympique. Avec un peu de chance, il existera bientôt une organisation sportive robotique de l'envergure de la NBA ou de l'UFC.

Selon Tedcrunch, MegaBots cherche actuellement à déterminer un pays d'accueil potentiel pour le tournoi à venir, et pour les tournois futurs. Vu la nature du sport en question, on imagine bien que la logistique devra être impeccable, et qu'il faudra peut-être soutirer quelques des autorisations gouvernementales pour permettre aux mechas de passer les frontières (contrairement à ce que l'on pourrait croire, il n'existe pas encore de législation internationale sur le transport de robots géants).

L'avenir nous dira si les coups en-dessous de la ceinture sont autorisés dans le pugilat robotique.