On est passés chez So

On est passés chez So

Une heure avec Sofiane pour parler de son parcours, de ses excès, de la difficulté de réunir tous les rappeurs du 93 et de l'art de placer des citations littéraires sans se faire griller.
7.2.17

La scène se passe dans un studio parisien. Au beau milieu d'une interview, un type rentre, serre plusieurs mains, dit tranquillement à Sofiane « tu travailles vraiment beaucoup ces temps-ci, mais c'est bien, c'est bien ce que tu fais ». Sofiane se dit honoré, et c'est un peu normal, vu que le type en question c'est MC Solaar.

L'échange peut surprendre si on ne connaît Sofiane que de loin, et qu'on le considère comme l'archétype du rappeur-énervé-du-93 - une image dont il aime beaucoup jouer, soit dit en passant. Sauf que Sofiane est en réalité un véritable amoureux du rap, dont les yeux s'illuminent à chaque fois qu'il raconte une anecdote, et qui semble extrêmement heureux de ce qui lui arrive ces derniers temps. Avec près de 15 000 ventes en une semaine (alors que près de la moitié des morceaux étaient déjà connus), son cinquième disque, #jesuispasséchezso, sorti le 27 janvier, est déjà un carton. Le trentenaire est revenu avec nous sur son parcours, ses excès, ses influences, ses objectifs, et l'art de placer des citations littéraires sans se faire griller.

Noisey : Tu es présent depuis longtemps mais les débuts ont été un peu laborieux, non ?
Sofiane : En 2007, je rencontre le label Karismatik, je pose sur la compile 93 Paranoïak, je grappille sur les séances de studio des autres, mon projet Première claque est annoncé pour 2007 mais sort fin 2008, merci à la distrib [sourire], c'était un 9 titres dispo à la Fnac d'Aulnay, mes premiers pas. Ensuite, j'ai une mixtape en 2010 qui est sortie avec 8 mois de retard : La Vie de cauchemar, avec le titre « Y'a zga » qui m'a bien aidé. C'est vers 2010-2011 qu'on me retient un peu… Il y a eu aussi l'annonce du projet Blacklist avec DJ First Mike qui n'est jamais sorti… Mais mon exposition vient plutôt du single « Elle était belle » en 2012, c'était mon premier million sur Youtube. Blacklist a été annoncé en 2011 et est sorti en 2012… Finalement, #jesuispasséchezso est mon premier projet qui sort à la date prévue. Après, on a l'impression de me voir depuis plus longtemps parce que je suis hyperactif, en freestyle, en feat, etc.

Par rapport à tes débuts, on te sent beaucoup plus à l'aise dans le rap, mais aussi en interview.
À l'époque on était tous coincés, y'avait une manière de se tenir en interview… Je me souviens d'un moment en studio avec Al-K, Seth, Mister You et on était pas bien : Al-K était dans des bourbiers, Mister You avait 40 de fièvre, moi j'avais plein de problèmes, Seth avait pas le moral… Deux minutes plus tard, un mec arrive avec une caméra, et là, métamorphose. Al-K : « si si bande de putains », Seth : « ok, Seth Guex, nous on n'a pas besoin de Pascal le grand frère, la chevalièèèèèèère », Mister You : « zougataga, darwah, on est là », et moi j'étais complètement mort de rire dans le fond, je m'attendais pas au côté Transformers du truc [Rires]. C'était très protocolaire. Avec I Need Money je suis avec mes potes d'enfance, donc pour moi c'est Walt Disney, je suis bien ! Par exemple, « Elle était belle », c'est un titre que je voulais vendre à La Fouine à la base, et c'est mon équipe qui m'a décomplexé en disant mais nique sa mère, tu peux chanter toi-même, on s'en fout de l'image. Et depuis c'est un festival, je fais ce que je veux. Le côté rappeur hardcore… Les gens croient que t'es énervé toute la journée ! Non copain, les plus gros voyous de Paris sont des mecs qui se tapent des barres. Le costume de rappeur, faut l'enlever le soir.

Un truc que les gens ne savent pas forcément c'est que les anciens t'aiment bien en fait.
Freestyler avec Arsenik, 2 Bal, Ministère AMER, monter avec Lino ou Kery sur scène, c'est un plaisir, c'est des gens que j'ai écouté toute ma vie. Sur le tournage de « Musique Nègre », des petits rappeurs venaient me voir pour demander qui était qui et je me retrouvais à présenter les uns aux autres. Je suis super flatté d'être considéré comme une sorte de chaînon manquant entre les générations. Au concert L'Âge d'or du hip-hop, je suis dans la loge d'IAM avec Squat, Ärsenik et tous se demandent quel est leur épisode préféré de #JeSuisPasséChezSo. Je suis carrément honoré.

Il y a bien longtemps, lorsqu'on s'était croisés, on avait parlé du rap game pendant une heure, aujourd'hui tu as l'air détaché de tout ça, serein.
Le rap c'est un microcosme qui se regarde, comme le milieu de la télé. À un moment, j'ai arrêté de parler au rap pour parler aux gens. Je suis un gogol du rap et ma première intention, c'était d'être reconnu par les rappeurs que je kiffe. Le premier qui m'envoie un message pour m'encourager à l'époque, c'est Kertra d'Expression Direkt, moi c'est bon je suis refait - c'est aussi pour ça que ton truc à l'époque du Blavog m'avait fait rire. À partir du moment où tu te retrouves avec Kool Shen, Salif, Kery ou d'autres qui te disent « tu niques tout » après un freestyle, c'est bon, j'ai arrêté de chercher une légitimité. Et tout s'est décoincé. Ol Kainry appelle le rap game « les 300 »; ils sont 300, c'est rien du tout, persuadés que la France les regarde alors que tout le monde s'en fout. Et puis maintenant je suis cadré, avec Mehdi [son manager] ou Tefa. Je vois plus les rappeurs comme des concurrents, sauf pendant un freestyle. Nekfeu pour une pub de je sais plus quelle marque : bravo. PNL à Coachella : bravo. Je vois le rap comme un bateau, plutôt que comme 1000 barques qui se tapent dessus pour savoir qui va arriver premier.

Ton attitude avait pu parfois être mal comprise, pour toi c'était de la compète et pour d'autres du clash, t'as emmerdé beaucoup de monde…
[Rires] Je suis un amoureux de la perf. Quand deux rappeurs rappent l'un en face de l'autre, ils savent qui est le plus fort. Donc quand j'entends un mec qui rappe bien, ça m'excite, je veux qu'on se cogne. J'envoyais des sms « toi et moi, un micro, prépare-toi, t'es mort ». Les autres pétaient les plombs, ils captaient pas. Un certain rappeur du 94 m'a répondu « ok, appelle une ambulance ». Ça tue sa mère. C'est ça la définition du truc, au final on offre du spectacle aux gens. J'étais plus jeune, c'était mon caractère. Personne m'a pris par la main pour me ramener en radio : c'était du forcing, je rappais à des freestyles où j'étais pas invité, je me disais « la vie de ma mère, si je rappe pas ici, j'suis nul ! » [Rires]

Tu viens du Blanc-Mesnil, Casey aussi. Vous voulez pas faire un feat juste pour me faire plaisir ?
On n'est pas dans le même courant, elle était plus « underground », même si ce mot est interdit en 2017. Ramener les petits sauvageons de chez elle c'était pas l'évidence. On se croise dans Blankok, comment tu vas, la famille, etc. Elle est concentrée sur des causes plus larges que représenter une ville, alors que nous, on était vraiment là-dedans. Y'a une différence de génération, on n'est pas du même quartier, et plus encore : à l'ancienne, à Blanc-Mesnil, y'avait la partie Anfalsh et un groupe qui s'appelle Les 4 Fantastiques, et nous on était plus côté 4 Fantastiques. Ça coulait pas de source. Serval de ce groupe m'a fait poser dans une tape… Mais attention : quand elle sort Tragédie d'une trajectoire, on applaudit, nous qui connaissons son parcours depuis Dooeen Damage. C'est incroyable, je la respecte beaucoup, B.James pareil.

La comparaison entre toi et Salif, elle te fait plaisir autant qu'elle horripile les puristes j'imagine.
C'est le meilleur compliment qu'on puisse me faire. Je suis clairement de l'école salifienne, c'est un mec qui m'a pare-choqué. Salif m'a influencé dans ma manière d'être. « Elle est partie », c'est un titre que j'ai mis en repeat pendant 3 mois. C'est tellement affreux que les petits connaissent pas ça. Qu'est-ce que tu veux dire à un petit qui connaît pas Dicidens, qui pense que Lunatic c'est juste le nom d'un LP de Booba ? C'est délicat de parler de foot avec un mec qui connaît pas Baggio. On a failli faire un feat avec Salif, en 2010 : on est en haut du studio G8 à l'époque, mais il était fermé, on est resté une heure à discuter sur le trottoir. C'est un mec dont j'achète le premier album, je vois qu'il reprend un visuel de Tupac sur des chiottes, et ça a changé ma vie : ma vision du rap, mon ambition dans le rap. C'est le premier rappeur connu que je rencontre et qui me fait poser à Planète Rap, qui me dit « t'as tout niqué, viens avec moi «. C'est pour moi un exemple de carrière. Ok t'as pas rempli Bercy, mais bravo, frère. T'as mené ta barque comme tu voulais, t'es parti comme un prince, tu restes une référence pour nous à tout jamais.

Tous ces rappeurs m'ont connu parce que j'étais un mec qui se déplaçait quand je voulais voir un MC. Quand je voulais voir Rohff, j'allais à Vitry et je demandais à des mecs dans la rue s'ils savaient où il était. Plus jeune, déjà bousillé de rap, on m'avait envoyé dans une sorte d'école de la dernière chance à Issy, et je traînais au Pont de Sèvres, assis dans un coin avec les anciens, je demandais où était Booba. Ma première maquette je la fais chez Tyran à Auber, on se réveille à 6h30, on répète jusqu'à 10h et juste après je fais 10 titres chez Tyran, d'affilée. On n'avait pas de moustache, on buvait pas encore de café, on était juste passionnés. On se pointait à Générations et on disait : « Salut, on veut rapper ». Je me souviens des stratagèmes pour rentrer à Skyrock, je me souviens quand on nous faisait rentrer au Cut Killer Show à Montreuil, on était contre le mur comme des rats en attendant d'attraper un micro. J'avais une discipline de fou, je m'imposais un couplet par jour, j'arrivais avec des classeurs entiers. C'est important. Y'a les footeux qui s'entraînent vite fait et y'a les p'tits qui font 8 heures par jour pour finir à Chelsea.

Ta marque de fabrique pendant toute une époque c'était les roulements niveau flow, ensuite t'as évolué. Tu es influencé rap US ou pas du tout ?
À cette époque, Gims avait remis les accélérations au goût du jour. Même si ce que tu dis c'est archi-lèg', ça claquait d'arriver sur ton couplet comme ça. À la base j'étais pas du tout rap US, j'étais fou, niqué au rap français. Mes influences sont très françaises. Et niveau textes… Je suis quelqu'un qui lit beaucoup et qui cale des citations d'auteur parfois. Sans le dire, et j'attends que quelqu'un le relève.

Attention, ça va choquer beaucoup de gens de savoir que non seulement tu sais lire mais qu'en plus ce sont des vrais livres.
J'aime ne pas le dire. « Sous le pont de nos vies coule encore la Seine », c'est Sous le pont Mirabeau d'Apollinaire, et Mehdi, mon manager, m'avait fait « pas mal Apollinaire ». C'est depuis ce jour que je bosse avec lui, c'était le seul à avoir cramé. Pareil avec Ronsart sur « Elle était belle » où je détourne « Mignonne allons voir sous la rose »…

Pareil pour Pagnol et Brassens sur « Lettre à un jeune rappeur ».
Exact, pas grave si les gens ne le remarquent pas. À un moment on récupérait des morceaux entiers de cainris et on les refaisait en VF, donc bon…

Tu l'as fait aussi avec « Love et haine » qui reprend « Many Men » et «FTGNTM » qui reprend «I Don't Like ».
C'est vrai, c'était un freestyle que j'avais fait pour golri, sur l'instru de Chief Keef, je voulais pas le mettre dans Blacklist 2 mais l'équipe m'a dit que je déconnais. Il m'est aussi arrivé de reprendre des 4 mesures de 2Pac, Mos Def, Rakim - qui m'a bousillé alors que c'est pas du tout ma génération. J'ai fait des cours de rattrapage, je veux savoir qui est le rappeur préféré de mon rappeur préféré, pour reprendre l'expression de Jay-Z. Quand je me suis ouvert au rap US, tout s'est éclairé. Avant c'était maladroit, je voulais aller partout en même temps, 6 directions, 9 influences, j'étais pas assez moi-même. Quand j'ai synthétisé, tout s'est cristallisé autour d'un style particulier qui est devenu… Fianso.

Je me disais « pourquoi il force les singles doux alors qu'il pourrait cartonner en bourrinnant ! » [Rires]
En vrai je force pas ! Nos anciens écoutaient aussi de la chanson, j'ai la chansonnette dans la tête depuis petit. Je kiffe la variété. Parfois je me soigne en écrivant pour d'autres : je trouve une mélodie qui me transporte, mais c'est pas du Fianso. Alors pas grave, je m'en libère et la donne à un autre artiste. Même niveau texte, c'est un exercice de style : tu te mets dans la peau du mec et tu dois te demander ce que tu voudrais l'entendre dire. Le côté business est intéressant, vu que j'écris, je génère de l'édition, je signe des compos, j'ai écrit pour des rappeurs, chanteurs, chanteuses.

Dans les clins d'œil aux autres, Booba revient souvent, tu t'en es rendu compte ? De «  Karismatik est mort je suis blasé de la life », jusqu'à aujourd'hui.
C'est pas le seul à qui je fais des clins d'œil, mais il fait partie de mes références. C'est un bon client : tu envoies quelque chose, tout le monde parle, y'a de grandes chances qu'il réponde pas, et s'il répond, bah t'as gagné poto. C'est ni des appels de phare ni des attaques. La reprise de « tu m'as pas cru, m'a pas aidé, tu t'rappelles de moi, pd », je la trouve forte. Je vais pas me cacher d'aimer un truc. Tu peux détester des gens mais nier leur existence, c'est le plus gros mytho de la terre. C'est arrivé au studio, on parlait pas de Booba mais d'un autre, un mec me sort « j'ai pas écouté ». Ce son passait 12 fois par jour en radio/TV, sur Twitter, Facebook, toute ta cité l'écoute, mais toi, t'as décidé de vivre dans un igloo ? « Si on t'a vu avec lui on peut pas te voir avec l'autre » ? On est les fils à personne.

Je suis très reconnaissant, je suis pas amnésique, notamment avec Rohff. Il m'a tendu la main quand tout le rap français me tournait le dos, il m'a donné de la force. Faut pas tout confondre. Madizm aussi, il a fait un super remix de « 93 Empire » d'ailleurs. Il a fait partie des deux seules équipes qui m'ont ouvert leurs portes quand j'avais des embrouilles partout, des kiffeurs de sons qui m'ont dit « fais ce que t'as affaire en studio, c'est pour nous ». Ils m'ont soutenu. Après, artistiquement, Izm c'était lourd mais trop spé pour moi, surmixé, je trouvais plus la place pour chanter, les prods se suffisaient à elles-même, mais ça reste un ami et j'ai aucun doute sur le fait qu'on collaborera à nouveau.

Ça explique un peu tes instrus actuelles : plus directes.
C'est très compliqué de faire simple. Je suis revenu à mes bases : nappe de piano, les trucs où je suis à l'aise. Pas de calcul. Hormis les caisses trap, ça se rapproche beaucoup du rap classique. Mes références sont là, ce mélange d'influences, c'est mon identité.

Quand j'ai vu le clip « 93 Empire », j'étais content pour toi parce qu'il y a 3 ans déjà, t'appelais des rappeurs pour dire « maintenant ça suffit on bloque l'autoroute et on fait un clip avec tous les mecs du 93 ! »
Pendant les mariages on bloque l'autoroute, je voulais faire la même, et rapper en plein milieu, entouré de tout le 93. Mais cette réunion, c'est un rêve de tous les rappeurs du 93. C'est avec le calcul et la stratégie que ça bloque. Je pouvais pas le faire avec 200 000 vues, c'est clair. J'ai attendu d'être en position : si c'est Mamadou de Tremblay ou Karim de Stains qui veut réunir tout le monde, bon t'es gentil mais les gens ont des choses à faire l'après-midi. Et puis je suis passé par le côté rue, pas par les managers.

Tu as beaucoup parlé de l'unité entre les rappeurs du 93, mais j'imagine que t'as eu la flemme d'appeler Fababy.
Encore heureux. Il avait rien à foutre ici, ça aurait gêné d'autres mecs que je l'appelle, sans lui manquer de respect, ça aurait fait tâche. Avec les mecs de Sevran on avait droit à un veto chacun, on a été d'accord, et tout a coulé.

Par contre, y'a ni Casey ni B.James non plus.
C'est peut-être triste mais un jeune comme GLK de Bobigny est plus identifiable pour mon public que les membres d'Anfalsh… Tu soulèves un bon truc là, j'ai pas pensé à les appeler, pourquoi ? C'est vrai, c'est pas con. Putain, en plus je dis ça en interview, c'est chiant [Rires].

Autre bémol : en freestyle tu rappes par-dessus ta propre voix, c'est un peu de la triche.
Oui et non : rapper live je sais faire, mais j'ai été piégé, je l'ai fait une fois et c'est une sauce qui a fonctionné. Et puis c'est l'ère youtube-mp3, ils récupèrent le freestyle sur youtube et l'écoutent en voiture, donc je laisse le son en fond pour que les gens puissent écouter tranquille. Chacun sa botte secrète poto ! Ceux qui s'imaginent vraiment que je sais pas freestyler, on les embrasse. Tous ceux qui ont écrit la Bible du rap, ces « puristes », ils connaissent walou au business, ils savent pas ce qu'est la SDRM, ni toutes les étapes de la sortie d'un disque, ni toutes les remises en question que traverse un rappeur. Ils sont allés voir un concert de NTM à 35 balais, avec une canette de 8°6, entre collègues de bureau, et ils vont m'apprendre le rap ? Nous, le rap a changé nos vies, frère. Des titres d'Oxmo ou Kery nous ont bousillés. Ils ont su mettre des mots sur nos douleurs, ça faisait du bien de les écouter. Quand tu arrives à la cité avec le titre, « ah t'as vu quand il disait ça ? Toi aussi ça t'a touché ? », ça tuait. Tous ces puristes mytho qui écoutent du rap dans des bars de Paname, laisse. Surtout que même les médias hipster me boudent pas, et mon but est de mettre tous ces gens différents d'accord.

Mais les médias hipster peuvent aussi te voir comme une bête de foire, l'Arabe de cité énervé.
Ouais, mais c'est le deuxième effet, quand je suis en interview et que le mec s'aperçoit que je suis pas un animal. Pareil avec Warner ou Sony, quand on leur a dit « Sofiane c'est un voyou ingérable, il va brûler ton bureau », et que je me pose en disant « voilà, j'ai ma boîte d'édition, j'ai des studios, tel type de contrat m'intéresse, je veux tel D.A parce que je connais son parcours »… Laisse-les me prendre pour un zoulou. En 2017, les zoulous ont des cerveaux.

« Même la daronne m'appelle Fianso », c'est pour la phase ou c'est vrai ?
C'est la vérité. Et mon père m'appelle Georges, parce que ça le fait rigoler de m'appeler comme ça. Quand t'as un surnom, tout le monde le reprend et même ta mère finit par l'adopter. D'ailleurs elle l'entend beaucoup en ce moment [Rires]

Et le feat avec Vald ?
C'est déjà fait, ça s'appelle « Dragon », et c'est pas un titre qui va dormir, on va le sortir en vrai. Moi et Vald on a des publics à éduquer, on fait cause commune : son public capte pas pourquoi il est avec moi, mon public non plus. Mais ceux qui ont un minimum de jugeotte, ils comprennent tout de suite. J'ai déjà vu des commentaires « ouais Fianso j'aime bien, mais pourquoi il traîne avec ce fils de pute ? » On est où là, frère ? Tant qu'une affinité se crée…

Tu te sens au top maintenant que t'as enfin l'étiquette « déclencheur d'émeute » sur le dos ?
Bien évidemment. Enfin ! On m'appelle Emeute-Man maintenant. Pour le côté judiciaire : nous on a rien cassé, ni incité, y'a pas eu de blessé du tout, Le Parisien dit « émeute », je suis mort de rire. Au final, on a eu BFM, Le Figaro, Le Parisien, c'est beau. Alors qu'on me disait qu'on ne parlerait jamais de moi. Et on a des avocats, on est prêts, y'a pas de souci, on verra bien.

Tefa : Moi ma mère veut bien faire une pub pour Sprite !

Sofiane : De la bombe [Rires]. J'ai rien démarché, mais si Sprite veut bosser avec la réalité, ils sont les bienvenus. Ils ont balancé un visuel, un concours « pour toutes les daronnes qui boivent du Sprite sa mère ». On irait bien toquer à leur porte, c'est quand même Coca-Cola Company, ça peut être intéressant. Qu'ils paient des études au petit René qui a sorti la phrase et leur a fait un buzz de malade, déjà, après on parlera peut-être.

Yérim attend qu'une marque le démarche. Il est sur Twitter.