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VICE News

La rébellion de Cherán – Les nouveaux Zapatistes ?

En septembre dernier, alors que l'élection présidentielle battait son plein au Mexique, nous sommes allés à Cherán, une ville indigène rebelle du sud-ouest du Michoacan, pour fêter le premier anniversaire de leur soulèvement contre le crime organisé...

En septembre dernier, alors que l'élection présidentielle battait son plein au Mexique, nous sommes allés à Cherán, une ville indigène rebelle du sud-ouest du Michoacan, pour fêter le premier anniversaire de leur soulèvement contre le crime organisé qui pillait leurs forêts.

Pendant de nombreuses années, ces forêts ont été victimes de déforestation illégale par des bûcherons protégés par le cartel La Familia. Les habitants ont demandé de l'aide au Gouvernement qui les a royalement snobés. Le 15 avril 2011, les habitants de Cherán ont pris le taureau par les cornes, et armés de bâtons, de pierres et de machettes, ils ont occupé les bâtiments officiels et les commissariats pour ensuite monter des barricades et des feux de camp autour de la ville.

En respectant diverses lois nationales et internationales, ils ont obtenu l'autonomie et reçu le droit de former leur propre gouvernement.

L'ancien maire et son cabinet se sont vus expulser de la ville. Cherán est maintenant gouverné par un conseil de 12 anciens et protégé par une milice de volontaires équipée d'armes et de véhicules récupérés pendant le soulèvement. Aujourd'hui, un an après, les barricades sont maintenues dans les quatre entrées de la ville.

Les citoyens ont banni toute forme de propagande politique et ont refusé de participer aux élections présidentielles qui se sont déroulées en juillet dernier. Comme nous l'a rappelé un des membres du Conseil communautaire : "S'il restait un minimum de dignité au gouvernement, ils n'oseraient pas parler d'élections quand ils sont incapables d'assurer la sécurité de leurs citoyens. C'est pour cela que nous avons banni la politique à Cherán."