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Cher Lou Reed, excuse le retard mais ce que j’avais à te dire était un peu particulier

Entre 1990 et 1993, tu as fait de moi le meilleur voleur de disques de l'est de la France.
21.11.13

Cher Lou Reed,

Au départ, je pensais adresser cette lettre à mes parents, parce qu’ils sont eux aussi plus ou moins concernés par ce qui va suivre. Mais, en commençant à l'écrire je me suis dit que ce ne serait peut être pas une si bonne idée que ça. Et puis mes parents n’ont pas internet et ne l’auront sans doute jamais, alors ça n'aurait pas servi à grand chose de toute façon. Remarque, toi, tu es mort. Mais je pense très sincèrement qu’un New-Yorkais mort a statistiquement plus de chances d’utiliser Internet que mes parents. Crois-moi.

Je vais être honnête, l’annonce de ton décès a eu très peu d'effet sur moi.

Rassure-toi, ça n’a rien de particulièrement étonnant : j'ai cessé de m'intéresser aux choses de ta vie en 1993, cette année où tu as « officiellement » reformé le Velvet Underground pour une série de concerts (dont certains en première partie de U2) et où j’ai perdu mes dernières grandes illusions sur la mythologie rock (les deux événements ne sont pas directement liés, mais je ne pense pas non plus que ce soit un hasard). Pour tout te dire, la seule fois où nos chemins se sont recroisés au cours de ces vingt dernières années, c’est quand je suis tombé sur la BD où Krent Able sous-entend très clairement que tu passes tes journées en peignoir et que tu trompes ta femme avec un singe prénommé Cale. Et puis il y a eu ton décès, bien sûr. C'était un dimanche soir, il y a un peu plus de trois semaines. Je l'ai appris au journal télévisé de France 2 parce qu'Internet était en rade depuis quelques jours à la maison, et, j’ai immédiatement réalisé deux choses.

La première, c’est que je n’avais possédé en tout et pour tout que 5 disques de toi (avec ou sans le Velvet).
La seconde, c’est que je les avais tous, sans exception, volés dans des supermarchés.

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