radicalisation

Le tireur de Strasbourg était « fiché S »

Ces dernières années, de nombreux cas de profils « radicalisés » originaires du Bas-Rhin ont fait la une des médias.
10 % des personnes radicalisées en France seraient dans le Bas-Rhin
Photo par Patrick Batard/ABACAPRESS.COM

Mise à jour: L'affirmation par le maire de Strasbourg, Roland Ries, selon laquelle 10 % des « fichés S » à l'échelle nationale résidait dans le départementdans le Bas-Rhin a été officiellement démentie. Le service de presse du maire a affirmé sans équivoque au journal Le Parisien que le chiffre avancé par le maire Roland Ries est erroné. Le maire de Strasbourg ne s’est pas exprimé sur la question.

La préfecture du Bas-Rhin a également livré au Parisien les chiffres de la radicalisation du département alsacien : 224 personnes signalées et suivies par les services de police. Le nombre de signalements est de 15,6 pour 100 000 habitants au niveau national et de 13,2 pour 100 000 habitants pour le Bas-Rhin. Le chiffre est donc plus faible que la moyenne nationale, même si la préfecture ajoute que le Bas-Rhin a le taux le plus important de la région Grand Est.

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En mai dernier dans le Figaro, Roland Ries, le maire de Strasbourg estimait que 10 % des « fichés S » à l'échelle nationale résidait dans le département. La fiche S, pour « sûreté de l’État », est émise par les services du renseignement français pour tout individu ayant un comportement potentiellement à risque, et chez qui une idéologie dangereuse a été repérée.

Mardi, le cœur du marché de Noël de la ville a été la cible d’un attentat qui a fait deux morts et treize blessés. Le tireur, Cherif Chekatt, qui a été abattu par la police après deux jours de traque, était fiché S.

L'an dernier, sept Strasbourgeois ont été condamnés pour être allés combattre dans la zone irako-syrienne en 2013, et la « filière du Bas-Rhin » ou « filière de Strasbourg » est très présente dans les affaires de terrorisme des dernières années en France.

Lors des attentats de 2015 au Bataclan, un des terroristes était alsacien. Son frère et d’autres individus avaient également été jugés et condamnés pour leur participation à une filière strasbourgeoise. En novembre 2016, plusieurs personnes avaient été interpellées à Strasbourg en lien avec une possible attaque dans la ville pendant la période des fêtes. Le terroriste qui a commis l’attentat de mai 2018 à Paris est également connu pour ses liens avec la filière du Bas-Rhin. Son complice présumé avait été arrêté à Strasbourg, avant de tenter de partir en Syrie.

Dès 2000, la ville avait déjà échappé de justesse à une tentative d’attentat. Quatre individus radicalisés avaient pour projet de passer à l’acte pendant le temps des fêtes. Une vidéo avait alors été saisie, qui montrait le marché de Noël et la cathédrale de Strasbourg. Une voix la commentait : « Voici la cathédrale des ennemis de Dieu » et « Voici les ennemis de Dieu en train de flâner », au moment où la vidéo montrait des images du marché.

La proximité de Strasbourg avec l'Allemagne a également son importance selon les experts, notamment la proximité avec « la cellule d’Al-Qaeda de Francfort », dont certains membres ont été récemment condamnés pour des projets d'attentat. Une source proche du renseignement intérieur français a récemment confié au journal Le Parisien que Strasbourg restait une cible privilégiée par les terroristes.

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En 2014, la préfecture du Bas-Rhin a installé un dispositif consacré aux questions de radicalisation, qui comprend une cellule pour la détection de la radicalisation et des cellules d’accompagnement et de déradicalisation. Il y aurait 80 dossiers actifs suivis de près et, depuis deux ans et demi, la région a reçu plus de 740 signalements de la part de citoyens.

Cette année, la sécurité autour du marché de Noël de Strasbourg était particulièrement renforcée, avec 260 policiers nationaux, 50 policiers municipaux et 160 agents de sécurité privée. Le 12 novembre dernier, le maire de Strasbourg avait présenté ce dispositif de sécurité du marché de Noël et déclaré que, « malgré la menace, maintenir le marché de Noël est un devoir républicain ».