Drogue

Un Canadien sur trois continue d’aller voir son dealer

Les résultats d’un sondage témoignent des difficultés pour les Canadiens de s’approvisionner légalement en cannabis.
20.11.18
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Peu après le 17 octobre, la plupart des provinces étaient déjà à court de cannabis et l’attente en file pour accéder aux produits en vente sur le marché légal, dont la qualité serait variable, atteignait souvent plusieurs heures. Ces problèmes ont contribué aux résultats d’un récent sondage mené par Ipsos pour Global News, qui révèle que dans les deux semaines suivant la légalisation, près de 35 % des Canadiens sont retournés s’approvisionner auprès de leur revendeur sur le marché noir.

Les résultats de ce sondage, mené auprès de 2400 Canadiens au début du mois de novembre, témoignent des difficultés à se procurer du cannabis légal éprouvées par beaucoup de consommateurs. D’après ce sondage,

  • 28 % ont utilisé des sites web administrés par le gouvernement;
  • 28 % ont acheté dans des boutiques administrées par le gouvernement;
  • 22 % ont acheté dans des boutiques privés;
  • 16 % ont utilisé des sites web privées;
  • 35 % ont continué d’acheter à leur ancien revendeur, non approuvé par le gouvernement.

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Un des problèmes, comme le rapporte Global News, serait que les prix du cannabis légal sont trop élevés comparativement au marché noir. Les ruptures de stock dans les boutiques administrées par le gouvernement contribueraient également au fait que certains ont rappelé leur ancien revendeur.

Selon Allan Rewak, directeur général du Conseil canadien du cannabis, il fallait s’y attendre. « Je crois qu’on vous répondra toujours que c’est trop cher. Jamais les gens ne vont dire dans un sondage « je trouve que la bière ne coûte pas assez cher », a-t-il dit à Global News, ajoutant que les gens ont toujours tendance à dire que les produits récréatifs comme le cannabis et l’alcool sont trop chers. Il concède toutefois qu’il ne s’attendait pas à ce que la part de marché du marché criminel baisse aussi rapidement, compte tenu du fait que « nous devons concurrencer un marché très robuste, bien établi et riche, au service des Canadiens depuis près de cent ans ».

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Selon lui, à mesure que les problèmes dans la chaîne d’approvisionnement des succursales administrées par le gouvernement se régleront, les consommateurs retourneront au marché légal. Au Québec et en Ontario, beaucoup de boutiques de cannabis peinent encore à remplir leurs tablettes, et plusieurs experts prévoient que la pénurie durera encore plusieurs mois, voire des années.

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