Drogue

Valérie Plante demande que les lois sur le cannabis ne s’appliquent pas à Montréal

Selon la mairesse de Montréal, le projet de loi de la CAQ serait injuste et néfaste pour la ville.
20 février 2019, 10:46pm
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Mario Beauregard/ La Presse canadienne

Alors que les consultations publiques sur les nouvelles règles sur la consommation de cannabis au Québec se poursuivent, la mairesse et le chef de police de Montréal se sont prononcés contre les propositions de la CAQ. Selon Valérie Plante et Sylvain Caron, le projet de loi pourrait causer un certain nombre de problèmes d’envergure pour Montréal.

La loi mise en place par le précédent gouvernement, du Parti libéral, laissait aux municipalités le soin de juger les endroits où les citoyens pouvaient fumer du cannabis. La loi de la Coalition avenir Québec (CAQ), de son côté, interdirait la consommation de cannabis dans tous les lieux publics.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant a affirmé mardi à l’Assemblée nationale que le gouvernement « ne reculera pas, ça, c’est clair. Ce qu’on veut, c’est réduire la consommation chez les jeunes, et laisser les gens fumer en public risque de faire augmenter » la consommation de cannabis.

La mairesse a expliqué que le projet de loi de la CAQ ne fonctionnerait à Montréal et va à l’encontre de l’autonomie municipale. Selon le dossier soumis au gouvernement par la Ville de Montréal et le SPVM, il serait plus facile d’appliquer la loi sur le cannabis dans les lieux publics dans de petites localités, mais pas à Montréal, où les citoyens sont plus jeunes et ouverts à la consommation de cannabis.

Pour Valérie Plante et Sylvain Caron, imposer ces nouvelles dispositions à Montréal serait difficile et coûteux, et les ressources policières seraient mieux utilisées à d’autres fins.

De plus, beaucoup de propriétaires interdisent de fumer dans les logements, ce qui réduit les lieux permis pour les fumeurs. « On ne peut pas dire aux gens : “Allez fumer chez vous.” Peut-être que dans d’autres villes, ça s’applique, mais à Montréal, ce n’est pas la situation », a-t-elle affirmé.

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Une union de 360 municipalités du Québec s’est elle aussi opposée à cette mesure et demande au gouvernement de laisser les municipalités légiférer sur le sujet.

Le gouvernement de la CAQ affirme que le but de ce projet de loi, dont l’autre proposition marquante est de faire passer de 18 à 21 ans l’âge légal de consommation du cannabis, est de protéger les jeunes. Plusieurs experts sont en désaccord avec cette mesure, dont l’Association pour la santé publique du Québec, qui veut aussi déconstruire l’argument du gouvernement voulant que la hausse de l’âge légal protège le cerveau des jeunes.

La Ville de Montréal soutient que, selon des statistiques, 40 % des jeunes de 15 à 24 ans avaient consommé du cannabis l’an dernier, et que hausser l’âge légal à 21 ans redirigerait une bonne partie de ces jeunes vers le marché noir.

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