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Culture

Les pellicules des appareils jetables sont de véritables mines d'or

« La femme sur les photos avec son père n’était pas sa mère. »

par Rosie Hewitson
04 Décembre 2019, 8:31am

Photos: Emily Bowler

A l’heure de la toute-puissance du numérique, certaines personnes raffolent encore des bonnes vieilles pellicules photos, et pas seulement les professionnels. Beaucoup sont charmés par ces clichés aussi bruts qu’imparfaits qu’il est impossible de modifier à sa guise grâce à Photoshop. Mais la pellicule n'est pas réservée à des gens comme vous et moi, ou tous ceux qui ont récupéré un appareil compact sur eBay ou dans le grenier des grands-parents. C’est aussi pour les mecs chelous. Il y a quelque chose avec les pellicules qui semble attirer les vieux pervers, les petites rêveuses qui veulent se la jouer fée Clochette, mais qui ne sortent qu’avec des dealers de coke, les adeptes du BDSM d’âge moyen, et les gars la vingtaine qui étaient un peu trop à fond dans Jackass à l’adolescence.

Ça m’a laissé pensif : quel genre de dossiers de dépravés sont tombés entre les mains de pauvres employés chargés du développement de nos photos ? Nous en avons interrogés quelques-uns sur de leurs pires histoires, tout en garantissant l’anonymat pour éviter les représailles.

couple in bed

Angela : « L’un deux a chié sur un oreiller à côté de la tête de quelqu’un d’autre pendant son sommeil »

« Une fois, j’ai développé cinq appareils photo jetables de vacances d’une bande de jeunes. Ce devait être une enterrement de vie de garçon ou un truc du genre, parce qu’il y avait plein de dossiers de bourrés. Toutes les photos classiques avec des déguisements stupides, des photos des mecs bien habillés et d’autres où ils faisaient les cons, montrant leurs fesses et tout.

« Mais il y avait aussi un des garçons qui avait chié sur un oreiller près de la tête de quelqu’un d’autre pendant son sommeil. Je n’étais pas là quand le gars qui les a apportées est venu les chercher. Dommage parce que j’aurais adoré voir sa tête toute penaude en lui rendant les photos. Pas très agréable, c’est sûr ! J’espère que sa bonne femme les a vues et lui a donné une gifle ! »

Lisa : « La femme sur les photos avec son père n’était pas sa mère »

« La grande majorité des photos que nous développons sont justes les photos de vacances classiques, avec les enfants, de beaux paysages. Les plus intéressantes viennent d'appareils qui traînent depuis des lustres et les gens n’ont aucune idée de ce qu’ils peuvent contenir. Une fois, un homme est venu avec une pellicule qu’il avait trouvée en rangeant la maison de son père après sa mort. C’était surtout des clichés de famille, rien de spécial, et j’ai trouvé que c’était plutôt sympa pour son fils. Quand il est venu chercher les photos, il les a regardées avec moi pour voir s’il voulait en agrandir une. Puis, il est resté silencieux quelques secondes, ce que j’ai trouvé bizarre. Il a fini par me dire qu’il ne reconnaissait personne sur les photos à part son père. La femme sur les photos n’était pas sa mère et il n’avait que des sœurs alors qu’il y avait trois garçons sur les photos. C’était un peu bizarre et il est parti soudainement, sans que je ne connaisse le fin mot de l’histoire. Une deuxième famille secrète, peut-être ? Très étrange ! »

Richard : « Oui, j'ai vu le sexe de plusieurs personnes, et une ou deux scènes intimes »

« Je ne suis pas sûr d'avoir le droit de vous dire cela mais mon responsable n’est pas encore là, donc... nous devons en effet regarder les photos pour ajuster la luminosité si elles sont trop sombres. En général ça va, il faut juste regarder les premières et les dernières, et si on développe des photos bizarres, on les cache au milieu ! On pourrait penser que les gens seraient embarrassés d'apporter leur pellicule avec des photos cochonnes, mais pas toujours. Oui, j'ai vu le sexe de plusieurs personnes, et une ou deux scènes intimes. Je n’en dirai pas plus. »

cocaine on butt

Marta : « Un gars venait avec des bobines pleines de poupées dans différentes positions sexuelles »

« Je travaillais dans un laboratoire photo quand j'étais à la fac et on a vu toutes sortes de clichés dégueulasses et bizarres. C’était principalement sexuel. Il y avait ce type glauque qui venait avec des bobines et des bobines de photos de jeunes femmes qui posaient en sous-vêtements. Je suppose qu'il a dû leur dire qu'il était photographe, recruteur de mannequins, ou un truc du genre. Au bout d’un moment, j’ai arrêté de le servir, je demandais à mon collègue homme de s’occuper de lui car il n'était vraiment pas net. Il y en avait un autre qui venait de temps en temps avec des bobines pleines de poupées dans différentes positions sexuelles. Honnêtement, faire ce travail m'a vraiment exposé à des vieux pervers. »

Reece : « C'était juste une série de photos de vomi »

« À mon travail, nous avons un principe : personne ne regarde les photos personnelles, et on s’y tient. Elles n’ont pas grand-chose d’intéressant de tout façon. Ce sont juste des vacances en familles, des anniversaires... et une fois qu’on en a vu deux, on les a toutes vues. Mais là où je travaillais il y a dix-quinze ans, c’était plus laxiste et on a vu quelques clichés étranges. Les gens utilisaient plus les appareils jetables aussi à l’époque. Une série dont je me souviendrai toujours c’était quand quelqu’un avait fait une sorte de reportage en prenant des photos à chaque fois qu’ils étaient malades, donc c’était juste une série de photos de vomi. J’aime me dire que c’était un projet artistique ou quelque chose du genre, mais on ne sait jamais. Il y a toujours quelques photos sexuelles mais bon, on s’y attend bien, n’est-ce-pas ? »

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