Crime

Un cas possible de transmission sexuelle du virus Zika signalé au Texas

Il semblerait que la transmission du virus se soit faite suite à un rapport sexuel, et non à cause d’une piqûre de moustique — comme c’était jusqu’ici le cas.
03 février 2016, 1:30pm
Photo by Esteban Biba/EPA

Le premier cas de transmission du virus Zika aux États-Unis a été signalé ce mardi dans l'État du Texas. Cette fois-ci, il semblerait que la transmission du virus se soit fait suite à un rapport sexuel, et non à cause d'une piqûre de moustique — comme c'était jusqu'ici le cas.

L'annonce des autorités sanitaires de Dallas survient au lendemain de celle faite par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui déclarait que le virus Zika représentait « une urgence de santé publique de portée mondiale ».

Le partenaire de la personne infectée par le virus revenait juste du Vénézuela, alors que l'individu touché ne s'est pas rendu à l'étranger dernièrement. Le virus — lié à de sévères malformations sur des milliers de bébés au Brésil — se répand rapidement sur tout le continent américain. Les officiels de l'OMS craignent désormais que le virus s'étende sur les continents africain et asiatique.

À lire : Le monde se met en alerte face au virus Zika

Il semblait jusqu'ici que le virus se diffuse par le biais de piqûres de moustiques particuliers, les Aedes genus. S'il est prouvé que les contacts sexuels favorisent aussi la dissémination du virus, il s'agirait là d'un nouveau développement particulièrement inquiétant.

Le Centre américain pour la Prévention et le Contrôle des Maladies (CDC) a confirmé qu'il s'agissait du premier cas de Zika aux États-Unis pour un individu n'ayant pas voyagé à l'étranger dans la période de développement exponentielle du virus.

Après la découverte de ce cas, le CDC a conseillé aux hommes d'utiliser des préservatifs après avoir voyagé dans des régions du monde où le virus est présent. Les femmes enceintes devraient éviter tout contact avec le sperme d'hommes qui auraient pu être exposés au virus.

Des membres des autorités sanitaires internationales avaient annoncé qu'il s'agissait d'un possible cas de transmission sexuelle du virus. Mais l'Organisation panaméricaine de la santé a déclaré que plus de preuves étaient nécessaires pour confirmer l'interaction sexuelle comme un moyen de transmission du virus. La littérature médicale fait aussi état d'un cas où le virus avait été découvert dans du sperme.

Alors que l'OMS déclarait ce lundi que Zika était une urgence de santé publique de portée mondiale, l'organisation internationale a annoncé qu'elle n'avait trouvé aucune justification sanitaire pour restreindre les voyages et le commerce comme moyen de prévenir la propagation du virus.

WHO Director-General Dr Margaret Chan: — WHO (@WHO)February 1, 2016

L'OMS a déclaré que le virus pourrait infecter 4 millions de personnes sur le continent américain. Ce mardi, l'organisation a mis sur pied une équipe mondiale pour combattre le virus transmis par les moustiques.

« Le plus important, c'est que l'on mette en place des sites de surveillance dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, afin de détecter très rapidement tout changement dans les tendances de déclaration de microcéphalie, » a déclaré depuis Genève, Anthony Costello, le directeur de la santé maternelle, infantile et adolescente pour l'OMS.

Plus de 20 pays d'Amérique du Sud et Centrale ont signalé des cas, ainsi que d'autres nations plus lointaines de l'épicentre, comme l'Australie et l'Irlande. Le virus a été lié à des milliers de cas de nouveau-nés atteints de microcéphalie — qui se caractérise par une tête anormalement petite et un cerveau peu développé.

À lire : Le virus Zika se répand très rapidement à travers le continent américain

Il n'y a pour le moment pas de vaccin ou de traitement spécifique pour arrêter l'épidémie.

Le Brésil est le pays le plus touché. Lors d'une allocution devant le Congrès brésilien, la présidente du pays Dilma Rousseff a annoncé que son gouvernement mettra tout en oeuvre pour combattre le moustique qui transmet le virus. Avec aucun vaccin ou traitement en vue, les efforts pour réduire sa propagation se concentrent principalement sur l'éradication des zones de reproduction des moustiques.

Le Brésil, où l'on recense 4 000 cas suspects de microcéphalie potentiellement liés à Zika, doit accueillir les Jeux Olympiques à Rio de Janeiro en août prochain.

À lire : Les carnavals du Brésil menacés par la crise financière et le virus Zika

Plusieurs gouvernements de la région — dont le Brésil — ont conseillé aux femmes de ne pas tomber enceintes avant 2018.

La Croix-Rouge américaine a aussi diffusé un communiqué pour demander aux donneurs de sang qui reviennent du Mexique, des Caraïbes, ou d'Amérique du Sud ou centrale, d'attendre 28 jours avant de donner leur sang.


Suivez VICE News sur Twitter : @vicenewsFR

Likez la page de VICE News sur Facebook : VICE News FR