Les voleurs d’avocat ont leur propre « marché noir » sur Facebook

« On parle ici de milliers de dollars de fruits. Pas de trois machins que vous chopez sur l'arbre du voisin. »
29.8.17
Illustration af Tom Delves.

Visiblement, chaque fois que quelqu'un mentionne la notion d'apogée à propos de la frénésie qui entoure l'avocat, il y a toujours un événement dans le monde – de type « ouverture d'un bar à guacamole » – pour rendre cette déclaration un poil prématurée.

Cet été, on a par exemple interviewé l'inventeur du « Guac-E Talke-E », un talkie-walkie qui a la forme du fruit. On lui a donc naturellement demandé s'il pensait que la passion pour l'avocat avait atteint son pinacle. Ce à quoi il a répondu : « Grave ».

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Mais cinq jours après, on vous parlait d'un braquage à la Ocean's Eleven en Californie dont le butin atteignait 300 000 dollars (environ 250 000 euros) d'avocats. Et ça, c'était avant qu'on apprenne l'existence d'un « marché noir » du fruit sur Internet.

En Nouvelle-Zélande, la demande en avocats est si forte qu'elle alimenterait une véritable « vague de crimes » selon le Guardian. Certains voleurs se tournant apparemment vers Facebook pour écouler leur came.

Le sergent Trevor Brown, du district de la Western Bay of Plenty confie au quotidien britannique que le degré de sophistication des malfrats est aussi problématique que l'énorme pression mise en conséquence sur les producteurs locaux.

« Ici, on observe clairement des vols à une échelle commerciale », assure le représentant des forces de l'ordre. « On parle de milliers de dollars de fruits. C'est le gagne-pain de pas mal de gens qui disparaît. Ce n'est pas comme si vous chouriez quelques mandarines dans l'arbre du voisin. On prend ça très au sérieux. »

Brown a aussi indiqué qu'il y avait eu plusieurs « cas » d'avocats volés puis vendus sur Facebook – notamment depuis que la police a démantelé plusieurs étals sauvages en bordure de route. À la moitié de l'année 2016, on recensait déjà 40 vols d'avocats de grande envergure.

L'industrie néo-zélandaise s'est rapidement mise en quatre pour répondre à la demande internationale et nationale, écoulant 7,7 millions de cagettes lors de la saison 2016-2017 – une hausse de 84 % par rapport à la saison précédente.

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Une vidéo de service publique a même été produite pour expliquer que la demande en constante augmentation de latte à l'avocat pouvait causer des pénuries de fruits.

En d'autres termes, on n'en est pas loin mais personne n'a encore planté son drapeau au sommet de l'hystérie qui entoure les avocats.