Mélange entre le sacré et le profane - le soufisme et les arts visuels -, le projet "White Spirit" est né de la rencontre entre Shoof, graffeur et plasticien tunisien, et l'ensemble syrien Al Nabolsy, conduit par Noureddine Kourchid, grande voix de la mosquée des Omeyyades de Damas. Mêlant à la fois transe soufie, derviches tourneurs, calligraphie arabe et jeux de lumière, le spectacle se déroule actuellement et jusqu'à dimanche au quai Branly, à Paris.
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Né au 9ème siècle, le soufisme, courant mystique et ésotérique de l'islam, prône la sagesse, la contemplation et la soumission à la volonté divine. Fils d'Abou al-Nour, cheikh de la confrérie soufie Shâdhiliyya - l'une des plus importantes du monde arabe -, Noureddine Kourchid a très tôt été initié à ce courant mystique et au chant religieux. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands récitants du Coran. Accompagné de six munshid - des musiciens chanteurs - et de leurs dafs - une percussion traditionnelle -, il mène de sa voix pénétrante la danse céleste des trois derviches tourneurs de l'ensemble.Le geste artistique de Shoof - "regarde" en arabe, de son vrai nom Hosni Hertelli - se base lui sur la recherche d'un "état semi-conscient s'appuyant sur une séquence musicale choisie et répétée à l'infini". Pour le spectacle, il explique avoir recherché une "transe commune" avec les musiciens, tout en respectant le "mouvement circulaire" des danseurs. Originaire de Tunisie et résidant en France depuis 12 ans, l'artiste est déjà connu pour avoir investi l'appartement #972 de la Tour 13 en 2013 et exposé ses calligraphies à la galerie Itinerrance. i-D l'a rencontré à l'occasion de sa participation au projet "White Spirit".Lire la suite sur i-D.
