Hollywood, ses stars, ses paillettes… et les délaissés de l’Amérique. Los Angeles a toujours plus évoqué pour moi le paradoxe d’une société puissante mais inégalitaire que le glamour d’une industrie culturelle hégémonique. Si on trouve des pauvres et des marginaux partout dans le monde, cette ville rassemble les plus puissants et les plus démunis comme aucune autre. Et s’il arrive de dégringoler de l’échelle sociale, rares sont les moments où l’on tend la main à ceux qui hantent ses rues.
Martin Schoeller, lui, a vu passer Angelina Jolie, Jay Z, Jeff Koons, Paris Hilton, Zinedine Zidane et même Barack Obama devant son objectif. Autant dire qu’il a l’habitude de fréquenter du beau monde. Mais depuis plusieurs semaines, les sujets de ses « close-up » sont tout autres. Leurs visages ne vous diront rien, leurs noms encore moins. Et pour cause : ce sont les marginaux de Los Angeles, les sans domicile fixe et toxicomanes qui viennent prendre un repas chaud servi par l’association Greater West Hollywood Food Coalition (GWHFC), à laquelle contribuent des amis du photographe allemand.
Une photo publiée par Martin Schoeller (@martinschoeller) le 24 Déc. 2015 à 3h36 PST
Chaque portrait, posté sur son compte Instagram, est accompagné de la retranscription de l’échange que Schoeller a eu avec la personne photographiée. A qui il offre en contrepartie son portrait en Polaroïd et 20$. Il estime que ces gens méritent aussi qu’on raconte leur histoire et il cherche ainsi à leur donner une identité. Les histoires de drogues, de maltraitance et de pauvreté sont le lot commun. Mais ce qui revient le plus : « avoir grandi sans recevoir suffisamment d’amour », rapporte le Los Angeles Magazine qui a publié quelques-uns de ses portraits, « c’est vraiment ce que j’en retiens ».
Avec ce travail, Schoeller entend profiter de sa notoriété pour interpeller le public et donner une visibilité à GWHFC pour collecter 200 000$ afin de continuer leur oeuvre de bienfaisance auprès des plus démunis de la cité des anges. Les portraits de sa série « Meet Los Angeles’ Homeless People » dressent une galerie émouvante et humaine. Si l’ancien assistant d’Annie Leibovitz les poste sur Instagram, c’est pour de toucher plus de gens. « C’est un bon moyen d’utiliser Instagram », dit-il au Time. « Pour donner une voix à des gens qui n’en ont pas sur Instagram. »
Une photo publiée par Martin Schoeller (@martinschoeller) le 5 Déc. 2015 à 17h23 PST
« Les gens qui vivent dans la rue proviennent de toutes les communautés des Etats-Unis. Notre gouvernement est soit dépassé soit insuffisamment engagé dans cette crise, donc notre système échoue à porter assistance à ceux qui en ont le plus besoin » analyse Shoeller auprès du National Geographic. « A tous les niveaux – personnel, gouvernemental, philosophique – nous ne sommes honteusement pas à la hauteur, et j’aimerais prendre part à un changement radical sur ces perspectives. »
Faites défiler les portraits et les histoires enregistrés par Martin Schoeller :
Une photo publiée par Martin Schoeller (@martinschoeller) le 29 Janv. 2016 à 14h33 PST
Une photo publiée par Martin Schoeller (@martinschoeller) le 23 Janv. 2016 à 8h01 PST
Une photo publiée par Martin Schoeller (@martinschoeller) le 29 Nov. 2015 à 12h08 PST
Une photo publiée par Martin Schoeller (@martinschoeller) le 4 Nov. 2015 à 6h16 PST
Une photo publiée par Martin Schoeller (@martinschoeller) le 28 Déc. 2015 à 0h03 PST
Une photo publiée par Martin Schoeller (@martinschoeller) le 22 Oct. 2015 à 15h52 PDT
Une photo publiée par Martin Schoeller (@martinschoeller) le 6 Févr. 2016 à 6h33 PST
Une photo publiée par Martin Schoeller (@martinschoeller) le 8 Déc. 2015 à 18h22 PST
Vous pouvez vous aussi donner un coup de main en achetant un portrait de Martin Schoeller, dont les bénéfices sont reversés à la Greater West Hollywood Food Coalition ou faire directement un don à l’association.