Noisey

Grandeur et décadence de la Mafia K’1 Fry

Voilà dix ans que le collectif le plus prolifique du rap français s'est séparé. Qu'en reste t-il aujourd'hui ?
01 février 2017, 11:00pm

On peut se dire qu'il ne pouvait en être autrement, qu'un collectif d'une vingtaine de personnalités, souvent très fortes, ne pouvait que finir par se dire au revoir. On peut regretter que la Mafia K'1 Fry ait fini par tourner définitivement le dos à l'industrie musicale, mais on peut aussi penser que c'est sans doute mieux comme ça, qu'il fallait que les membres du collectif prennent des directions opposées pour que l'entité entre pleinement dans la légende. Et cette séparation, sans être totalement officielle, on peut en toute logique l'acter au 29 janvier 2007, jour de sortie de leur dernier album, Jusqu'à la mort.

On a bien sûr le droit de ne pas aimer ce disque. On peut admettre qu'il n'est pas parfait, que ses beats ne sont pas les meilleurs jamais entendus et que les textes, tout comme les flows, manquent parfois de consistance – après tout, Rohff est absent de la version initiale, et il faut bien admettre qu'il a clairement permis au collectif d'élever le niveau sur son premier vrai album, La cerise sur le ghetto. Tout ça, honnêtement, on peut le comprendre. Mais on ne peut contester ni son impact (certifié disque d'or et classé pendant 28 semaines au top des charts français), ni son influence (sur Menace Records, sur le rap de rue,…), ni le fait qu'il annonce la fin d'une aventure entamée au début des années 1990 avec la rage au ventre, le sens du collectif et la volonté de s'affranchir d'une certaine forme de rap français.

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