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Les forces de l’ordre essayent toujours de paraître cool sur les réseaux sociaux

Aux flics du monde entier : s'il vous plait, rentrez chez vous.
25.5.16

La police américaine est prête à tout pour faire oublier les statistiques nationales des bavures policières. Même à twerker en uniforme en compagnie de Batman.

Il y a quelques jours, des policiers néo-zélandais ont lancé une malheureuse initiative : ébaucher quelques pas de danse tout droit sortis d'un épisode du Cosby Show afin de participer au « Running Man Challenge, » un défi lancé par des sportifs universitaires américains sur Instagram. Ils sont bientôt suivis par la police new-yorkaise, qui n'hésite pas à onduler en compagnie de braves citoyens afin de montrer que tout ce beau monde peut vivre en bonne intelligence au rythme de la musique de « My Boo » de Ghost Town DJ's. Frétillements synchronisés dans des parkings souterrains, sirènes, pirouettes, rotations de coudes, rien n'est trop beau pour montrer que les flics sont des humains comme les autres, à un coup de taser près.

Malheureusement, on assiste rapidement à une escalade de l'audace. Les flics de Los Angeles, eux, estiment que les 1307 citoyens américains tués en 2015 méritent bien de recruter quelques écoliers innocents afin d'entamer une chenille endiablée sur le bitume de la ville.

On aurait pu s'en tenir là, calmement, humblement, en faisant comme si rien ne s'était passé. Après la NSA qui s'essaie maladroitement aux lolcats et la CIA qui tente l'humour sur Twitter sans se douter du retour de bâton, on espérait que les institutions capables de mettre leur prochain en prison auraient finalement décidé de s'en tenir à une posture sobre, empreinte de dignité et de retenue. Mais non.

Dans une ultime tentative d'humanisation, la police de Monroe (Géorgie) s'est dit que tourner un court-métrage mettant en scène l'arrestation de Batman était vraiment la chose à faire. On appréciera les petits détails : tournoiement de menottes autour d'un index fièrement brandi, simulation de tractions à l'aide d'une matraque, rien n'est trop beau pour promouvoir l'ordre, l'autorité et l'abus de pouvoir.