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Motherboard

Cette année, nous avons battu un nouveau record de chaleur chaque mois

Vous avez aimé Mad Max: Fury Road ? Ça tombe bien.

par Kate Lunau
19 Août 2016, 9:44am

En dépit des bateaux de croisière qui traversent l'Arctique comme si de rien n'était, des feux de forêt qui ravagent l'Amérique du Nord, et de la sécheresse terrible qui a frappé l'Afrique orientale cette année, il est encore possible de nier la réalité du changement climatique avec une bonne dose de mauvais foi. Pourtant, 2016 s'est distinguée par ses tristes records de température, renouvelés chaque mois.

Mercredi, l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) a annoncé que le mois de juillet avait été le mois le plus chaud jamais enregistré sur la planète depuis que nous avons commencé à archiver les données climatiques et météorologiques en 1880.

La NASA est arrivée à la même conclusion.

Il faut garder à l'esprit que juillet est généralement le mois le plus chaud de l'année à l'échelle globale, quelle que soit l'année en question, explique Ahira Sanchez-Lugo, climatologue à la NOAA. « Cela s'explique par le fait que l'hémisphère nord possède plus de terres et moins d'océans que l'hémisphère sud, et que les terres se réchauffent plus rapidement que les eaux. »

Cependant, juillet 2016 a battu des records historiques, et non un simple record annuel. Il a également battu le précédent record de chaleur… atteint en juin 2016.

Image: Ebony-Renee Baker

Les records de température tombent comme des dominos, mois après mois, année après année. En outre, en 2016, chaque mois a individuellement explosé son record précédent (mai a été le plus chaud mois de mai, avril le plus chaud mois d'avril, etc.), ce qui laisse un tantinet pessimiste pour les années à venir, pour le futur en général, et pour l'imminence de l'apocalypse. En résumé :

Juin 2016 a battu son propre record. Mai, pareil. Avril, itou. Mars, de très loin. Et devinez quoi ? La même pour janvier et février.

Image: NOAA

« La longue série de records mensuels a débuté » en mai 2015, » explique Sanchez-Lugo. « Et elle ne semble pas près de s'arrêter. »

Selon la NOAA, juillet a donc été le 15e mois successif à afficher des températures terrestres et océaniques record. « C'est la première fois que cela arrive en 137 ans d'activités scientifiques de la NOAA, c'est-à-dire depuis que nous archivons ce genre de données, » explique un rapport de l'agence. (Les analyses de la NASA sont quant à elles légèrement différentes, mais de très peu. La NASA estime que la série de record n'a duré que 10 mois jusqu'ici.)

On devine que 2016 sera probablement l'année la plus chaude jamais enregistrée, même si nous devrons bien entendu attendre les données du second semestre. Si c'est effectivement le cas, elle sera la troisième année consécutive à battre un record historique (2015 avait battu 2014 qui elle-même avait pulvérisé le thermomètre). Tout ceci est fort réjouissant.

« Nous devrions être très inquiets, » ajoute Sanchez-Lugo. « Il faut trouver des moyens de nous adapter rapidement au changement climatique, et d'en réduire l'ampleur. Si nous ne faisons rien, les températures continueront de grimper. »

Les températures devraient être un peu moins spectaculaires en 2017, suite à l'interruption du phénomène El Niño qui nous a mis à rude épreuve. Mais de fait, le renouvellement constant des records de températures n'apparait plus vraiment comme une exception ; c'est désormais la norme.

Photo d'en-tête : L'Éthiopie a traversé une sécheresse terrible à cause du phénomène El Niño. La Commission européenne a annoncé qu'elle mettrait en place des opérations humanitaires de grande ampleur.