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Crime

Émeutes à Baltimore : garde nationale déployée et état d'urgence décrété

Des douzaines de véhicules et bâtiments ont brûlé. Des émeutiers ont attaqué la police, après l'enterrement d'un jeune noir mort des suites de son arrestation.

par Liz Fields
28 Avril 2015, 3:55am

Photo par Patrick Semansky/AP

Des dizaines de voitures et de bâtiments ont brûlé à travers la ville. Des émeutiers se sont également attaqués aux forces de l'ordre après l'enterrement d'un homme mort des suites de blessures reçues pendant son arrestation.

Le gouverneur du Maryland, Larry Hogan, a déclaré l'État d'urgence dans la ville de Baltimore et a déployé la garde nationale dans la nuit de lundi à mardi (heure française), en réponse à des émeutes et des pillages qui ont eu lieu dans la ville l'après-midi (heure locale) de l'enterrement de Freddie Gray, un jeune noir mort des suites de ses blessures reçues pendant une arrestation, dont une fracture des vertèbres cervicales.


Nuit de pillages et d'émeutes à Baltimore par lemondefr

"Je n'ai pas pris cette décision avec légèreté," a dit Hogan. "La garde nationale représente le dernier recours."

Le commissaire de la police de Baltimore, Anthony Batts, a indiqué lors d'une conférence de presse en fin de soirée vendredi que la garde nationale était "déjà sur le terrain, en ce moment, en ville."

Des dizaines de véhicules et de bâtiments ont brûlé dans toute la ville, les pillards ont cassé des vitrines de magasins, et en sont ressortis avec les bras chargés de produits. Certains émeutiers ont été filmés en train de faire des trous dans des tuyaux de lances à incendie, alors que les pompiers étaient en train d'essayer d'éteindre les flammes d'un magasin qui disparaissait dans ces volutes de fumée noire. Hogan a condamné ces actes imputés pour lui à "des gangs de bandits sans foi ni loi."

Le commissaire, la voie fatiguée et rauque, a exprimé sa déception après les événements de la journée, et il a condamné la violence. "Ce n'est pas de la manifestation, ce n'est pas fait dans le cadre du premier amendement," a dit Batts. "Ce sont juste des actes criminels."

Le désordre s'est poursuivi tout au long de la soirée, ce lundi, jusqu'à ce mardi, tôt le matin. La police a déclaré que des pompiers ont été attaqués vers 1 heure du matin, ce mardi, et que leurs efforts pour éteindre les incendies ont été « perturbés par des gens sans considération pour la vie [des autres]». La police a dit que des agents ont été déployés pour protéger les pompiers.

Au moins 27 personnes ont été arrêtées. La police d'état du Maryland a annoncé son intention de déployer 500 agents à Baltimore et a dit qu'elle sollicitera jusqu'à 5 000 agents supplémentaires aux états voisins.

« Nous déployons des effectifs à travers la ville pour s'assurer que les habitants sont en sécurité, » a tweeté le compte officiel de la police de Baltimore, vers 21 h 30 hier soir. « Malgré nos efforts, des criminels continuent d'assaillir des agents. »

Le porte-parole de la police Eric Kowalczyk a déclaré à des journalistes plus tôt dans la journée que certains policiers ont subi des fractures lors de violents heurts avec des émeutiers, et qu'un policier « ne répondait pas ». Anthony Batts a déclaré, plus tard, que les policiers blessés « vont s'en sortir ».

Quinze officiers de police ont été blessés et transportés à l'hôpital, après que des centaines de jeunes manifestants situés au niveau d'un centre commercial ont affronté des policiers antiémeute qui étaient déployés pour encadrer les manifestations et empêcher les pillages.

"Ce sont des individus sans foi ni loi qui n'ont aucun respect pour les gens" a dit Kowalczyk. "On ne sait pas qui sont ces gens dehors. On sait que ce sont des criminels qui ont attaqué des officiers sans qu'il y ait provocation."

Batts a jeté la faute sur des lycées. "Ce n'était que des jeunes qui sortaient du lycée, et ils pensaient que c'était mignon de jeter des parpaings sur la police", a-t-il dit, demandant aux parents de "tenir leurs enfants". 

Plusieurs éléments "violents et agressifs" ont jeté des briques et des pierres sur les officiers de police, pendant que d'autres pillaient les magasins alentours et mettaient le feu à une voiture, sur les avenues North et Pennsylvania, d'après des tweets de la police. 

Un policier a été visé par des tirs d'arme à feu dans le nord-ouest de Baltimore vers 22 heures, du côté de la Virginia Avenue et de Reisterstown Road, selon le Baltimore Sun, mais personne n'a été blessé et le tireur présumé s'est enfui.

La maire de Baltimore, Stephanie Rawlings-Blake, a annoncé qu'un couvre-feu sur toute la ville sera mis en place ce mardi de 22 heures à 5 heures du matin. Les mineurs doivent avoir quitté les rues avant 21 heures. Les écoles publiques de Baltimore doivent également être fermées ce mardi.

La maire a affirmé que la police utilisera les images et vidéos publiées sur les réseaux sociaux pour poursuivre les émeutiers. « Les gens devront rendre des comptes, » a-t-elle dit. « Je n'ai plus de mots. C'est tellement stupide de penser qu'en détruisant votre ville, vous allez améliorer la vie de qui que ce soit. »

La Maison blanche a publié un communiqué disant que la nouvelle ministre de la Justice Loretta Lynch va « continuer à suivre les événements de Baltimore », et que le ministère de la Justice américain est « prêt à fournir toute l'assistance nécessaire ».

Un grand bâtiment, qui devait devenir un centre pour personnes âgées, vide parce qu'encore en construction, a pris feu et a été englouti dans flammes, plusieurs kilomètres à l'est des émeutes. Un porte-parole des pompier de Baltimore a déclaré qu'à l'origine, le feu ne s'était pas déclenché à cause des émeutes, mais Associated Press cite des autorités qui relient l'incendie aux émeutes. 

Bill Murphy, un des avocats de la famille Gray, a dit au Washington Post que la famille était « dévastée » par la violence. « Si ça se répand, le vent va tourner à Baltimore, et on va glisser de ce qui s'est mal passé avec la police et Freddie, à comment la police fait un super boulot pour sécuriser ce chaos, » dit Gray. « Ça ne va pas régler le problème de la police. C'est dangereux pour le mouvement. »

Des vidéos montrent une atmosphère presque de carnaval plus tôt dans la journée, avec du Michael Jackson à fond dans les rues, et des gens qui dansaient dans la rue avec une guitare. 

Les soulèvements ont commencé plusieurs heures après l'enterrement de Gray, un homme de 25 ans originaire de Baltimore qui est mort des suites d'une fracture des vertèbres cervicales, après avoir été interpellé sans ménagement par la police.

Plus tôt dans la matinée de lundi, alors que des milliers de personnes se pressaient pour assister à l'enterrement de Gray, la police a annoncé qu'une « menace crédible » d'incitation à la violence avait été lancée par des gangs rivaux contre la police.

Les membres de plusieurs gangs de Baltimore, dont les Crips, les Bloods, et les Black Guerilla Family « se sont rassemblé pour 'faire sauter' les officiers de police, » d'après un communiqué de presse de la police. 

Cet article est régulièrement remis à jour.

La police a fait cette annonce alors que les parents et les proches du défunt se rendaient dans l'église baptiste New Shiloh de Baltimore pour rendre un dernier hommage à Gray, qui reposait dans un cercueil ouvert, entouré de fleurs. Un oreiller blanc était placé près de son corps avec la photo de son visage et les mots « Peace y'all ». Sur deux grands écrans, les slogans « Black Lives Matter & All Lives Matter » étaient projetés.

Dans la journée de samedi, deux journalistes ont été pris dans les violences qui a soulevé la ville. L'éditeur photo du City Paper a posté une vidéo sur son compte Instagram montrant ses mains blessées par la police alors qu'il essayait de couvrir les manifestations.

Giordano dit que « son visage a été plus ou moins écrasé sur le sol », après qu'un manifestant près de lui a jeté une pierre sur la police, poussant les officiers à le plaquer au sol avec d'autres gens.

« Ils ont juste déferlé sur moi, » a dit Giordano au City Paper, qui est affilié au Baltimore Sun. « J'ai été frappé. Ma tête a touché le sol. Ils me frappaient, puis quelqu'un m'a tiré. »

Sait Serkan Gurbuz, un photographe de Reuters a été arrêté dans la mêlée. La police a libéré le journaliste avec un procès-verbal pour « non respect des ordres », avant de déclarer dans un communiqué qu'il serait retiré.

« Un journaliste (Gurbuz) a été relâché avec un procès-verbal, qui sera retiré, » dit le communiqué. « Un journaliste (Giordano) a été libéré sans accusation. »

Les manifestations pacifiques ont commencé après la mort de Gray le 19 avril, une semaine après que l'homme de 25 ans a eu ses vertèbres cervicales fracturées et la moelle épinière sectionnée après une interpellation de la police. Pendant le weekend, les manifestations sont devenus violentes et la ville a été le théâtre de pillages. 

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