Drogue

Voici les problèmes de la SQDC les plus pressants

La première semaine de la légalisation a été marquée par les ruptures de stock, l’attitude prohibitionniste de la CAQ et les variations dans le poids du pot vendu.
Magasin de la SQDC
Image: VICE

Aujourd’hui, ça fait officiellement une semaine que le cannabis récréatif est légal. Les Canadiens se sont rués vers les magasins pour tester les produits qu’avait à leur offrir leur gouvernement. Dans la plupart des cas, la demande a été plus grande que l’offre, et plusieurs provinces, dont le Québec et l’Ontario, manquent déjà de weed légal.

La CAQ

La Coalition avenir Québec (CAQ) a abondamment parlé de sa réticence par rapport à la légalisation du cannabis, et promet de prendre tous les moyens nécessaires pour restreindre sa consommation. Entre autres, le gouvernement élu prévoit de hausser l’âge légal d’achat et de consommation de cannabis à 21 ans et compte interdire sa consommation dans tous les lieux publics. De plus, la CAQ souhaite limiter la possession à 15 grammes par personne en tout temps, alors que la loi présentement en vigueur autorise 30 g sur soi et jusqu’à 150 g chez soi.

Publicité

La Société québécoise du cannabis (SQDC) se voit directement affecter par l’élection du gouvernement caquiste. Vu sa position sur l’âge de consommer, le parti prévoit d’empêcher l’ouverture de succursales de la société d’État à proximité des établissements d’enseignement. Cela cause donc un problème pour l’ouverture prévue de plusieurs magasins, dont la succursale sur la rue Sainte-Catherine Est, à Montréal, près de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Alain Brunet, PDG de la SQDC, a annoncé que l’ouverture de certains magasins était reportée maintenant que la CAQ est élue. Ce dernier a par ailleurs annoncé qu’il quitterait ses fonctions dans les prochains jours.

Des employés sans emploi

Cette situation pose aussi problème pour certains employés de la société d’État qui se retrouvent maintenant sans emploi en attendant l’ouverture de ces magasins. Les employés affectés ont trois options : ils peuvent soit démissionner, soit attendre l’ouverture de nouveaux magasins, soit s’inscrire sur une liste d’attente pour travailler dans une autre succursale de la SQDC. Différents groupes estiment qu’environ une cinquantaine de personnes seraient dans cette situation.

Rupture de stock

Lundi après-midi, les succursales des rues Peel et Sainte-Catherine Ouest étaient en rupture de stock et n’avaient plus rien à vendre. Même chose sur le site internet de la SQDC, où plusieurs produits étaient épuisés, ce qui a causé beaucoup de désagréments aux clients potentiels qui ne voulaient pas nécessairement attendre plusieurs heures en file. Selon Mathieu Gaudreault, porte-parole de la SQDC, la situation devrait bientôt rentrer dans l’ordre. « Le Québec a été une des premières provinces à sécuriser ses approvisionnements auprès de six producteurs autorisés. Mais ils ont beaucoup de difficulté à livrer présentement. Le cannabis est très populaire et les gens sont curieux. C’est un produit agricole. Même si on met cinq employés autour d’une plante, elle ne poussera pas plus vite », avait-il expliqué à VICE lundi.

Pour plus d'articles comme celui-ci, inscrivez-vous à notre infolettre.

Problèmes de poids

Depuis la commercialisation du cannabis récréatif au pays, plusieurs clients dans différentes provinces se sont plaints de différences de poids entre les produits qu’ils avaient achetés et ce qu’ils ont obtenu. Dans certains des cas, il manquait près de 0,9 g à un format de 3,5 g. Il a semblé y avoir une corrélation entre le temps écoulé depuis la date d’emballage du produit et son poids, ce qui signifie qu’il aurait séché. M. Gaudreault avait expliqué que les clients dans cette situation devraient porter plainte directement au producteur. Il rappelle également qu'une différence de poids de 5 % est autorisée par Santé Canada, qui supervise la qualité des produits, et qu’au moins deux contrôles de poids doivent être faits par les producteurs avant emballage. Un test (pas du tout scientifique) effectué par VICE a montré que les différences de poids n’étaient pas systématiques.

Billy Eff est sur internet ici et .