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Le bitcoin est fait pour les meurtriers, les trafiquants et la Corée du Nord, selon un ponte de Wall Street

Jamie Dimon, le milliardaire à la tête de JPMorgan Chase, a aussi promis de virer les employés qui font des opérations en Bourse avec la crypto-monnaie.

par David Gilbert
14 Septembre 2017, 9:28am

Le bitcoin est une arnaque et sert uniquement aux trafiquants de drogue, aux assassins et à la Corée du Nord. Voilà l'opinion de Jamie Dimon, le milliardaire à la tête de l'une des plus grandes banques américaines, JPMorgan Chase, qui a promis de virer les employés qui font des opérations en Bourse avec cette crypto-monnaie.

La déclaration de Dimon a fait plonger la valeur du bitcoin ce mercredi. Mais malgré cette attaque, Dimon et JPMorgan continuent d'être à la pointe des nouvelles technologies financières fondées sur le blockchain – la technologie sur laquelle repose le bitcoin.

Étant l'une des figures les plus importantes de Wall Street, Dimon savait que ses déclarations auraient un effet. Quelques heures après sa sortie, le prix du bitcoin est passé de 4 250 à 3 790 dollars, plongeant sous la barre des 4 000 dollars – une première depuis un mois. Depuis le début de l'année 2017, le prix du bitcoin a rapidement progressé – fin 2016, la crypto-monnaie était sous les 1 000 dollars.

« Ce n'est même pas réel, cette crypto-monnaie va finir par être interdite, » a déclaré Dimon lors de la conférence Delivering Alpha tenue à New York, ce mardi. « C'est pire que les bulbes de tulipe. Ça va mal finir. Quelqu'un va finir par se faire tuer. Les monnaies reposent sur des règles. Ça va finir par exploser. »

Dimon faisait ici référence à une période du XVIIème siècle pendant laquelle la demande pour les bulbes de tulipe a fait exploser leurs prix, avant de plonger aussi rapidement, ruinant de nombreuses personnes. D'autres experts avaient déjà fait cette comparaison.

Dimon a assuré qu'il virerait tous les traders de JPMorgan qui échangent des bitcoins. Cette pratique est contraire aux règles de l'entreprise et prouverait que vous êtes « stupides », a ajouté Dimon. Mais le patron de la puissante banque a reconnu que dans certains cas, le bitcoin pouvait être une meilleure option qu'une monnaie fiduciaire.

« Si vous êtres au Venezuela, en Équateur, en Corée du Nord, ou dans des pays de ce type, ou si vous êtes un trafiquant de drogue, un assassin, ou des trucs du genre, vous avez tout intérêt à gérer ça avec des bitcoins plutôt qu'avec des dollars américains, » a dit Dimon. « Donc s'il existe un marché pour le bitcoin, il sera limité. »

La position de Dimon va à l'encontre du consensus qui semble émerger à Wall Street, où les crypto-monnaies sont adoptées. Dès 2015, alors que le prix du bitcoin était bien moindre, Dimon avait déclaré qu' « aucun gouvernement ne va supporter ça bien longtemps » puisque les bitcoins échappent aux contrôles des États.

Il faut tout de même rappeler que Dimon et JPMorgan sont les leaders des applications dans le monde réel dans la technologie du blockchain, qui soutient le bitcoin. JPMorgan a notamment développé Quorum, une version dédiée aux entreprises d'ethereum (une crypto-monnaie rivale du bitcoin). Le prix de l'ethereum a aussi plongé suite aux déclarations de Dimon, perdant 10 pour cent de sa valeur.


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